Le bec et le jabot chez le pigeon
29 octobre 2025 Par admin

Le bec et le jabot chez le pigeon

Le bec et le jabot chez le pigeon

Le bec

C’est, comme chacun sait, l’extrémité cornée de la tête du pigeon.
Il se compose de deux valves : une supérieure et une inférieure. La valve supérieure enveloppe, du côté du corps, l’orifice des deux narines.

La croissance du bec est assurée par une série de petites glandes situées à sa base, comparables aux follicules plumifères. Ces glandes produisent, comme les plumes, une substance cornée. La composition chimique de la corne du bec est d’ailleurs très proche de celle de la hampe des plumes.

Chez les pigeons foncés, cette corne est chargée en mélanine, ce qui lui donne une teinte noire. Chez les floris, on observe parfois des marbrures noires et rosées (zones décolorées), similaires à celles des ongles et du plumage. Les vrais blancs (floris complets) possèdent, eux, le bec et les ongles entièrement roses.

À la naissance, le bec se termine, sur sa valve supérieure, par une petite excroissance rigide appelée le diamant ou grain de riz. Cette structure facilite l’éclosion en permettant au jeune pigeon de percer la coquille. Elle disparaît naturellement dans les jours qui suivent.

Contrairement aux follicules plumifères, les glandes productrices de la corne du bec ont une activité lente mais continue, car le bec s’use régulièrement, notamment lors des repas.
La valve inférieure est limitée par la peau, mais elle adhère au maxillaire inférieur grâce à un tissu conjonctif. La valve supérieure, quant à elle, adhère au maxillaire supérieur, limitée par les narines sur les deux côtés et, en arrière, par la masse des caroncules (ou morilles).

Il peut arriver au bec diverses mésaventures. Il peut être victime d’un choc violent — souvent en vol — provoquant parfois un arrachement et une désolidarisation de la corne de son support osseux. Dans la plupart des cas, cela se répare spontanément, mais il n’est pas rare d’observer ensuite une croissance anormale de la valve atteinte, formant un bec de perroquet.
J’ai vu revenir jadis un excellent pigeon dont la valve supérieure s’était recourbée vers le bas et s’était enfoncée entre les deux branches de la valve inférieure. Après un simple redressement manuel, le bec retrouva sa forme normale, sans séquelle.

Une petite plaie située à la commissure du bec peut, même après cicatrisation, avoir des conséquences néfastes. En effet, l’inflammation d’une glande productrice de corne entraîne une production excessive et asymétrique, provoquant une déviation progressive du bec. Cela conduit à des infirmités telles que le bec croisé, qui gêne l’ingestion des graines.
Dans ce cas, l’amateur doit redresser le bec en le taillant progressivement, avec prudence, afin d’éviter toute hémorragie ou plaie vive.


Le jabot

Le jabot est une simple dilatation de l’œsophage, formant une double poche. Il fait partie du conduit qui transporte les graines et l’eau de la bouche vers le ventricule succenturié.
Ce conduit est musculeux, c’est-à-dire qu’il se contracte par mouvements péristaltiques (ondes successives) afin de faire progresser la nourriture vers les organes digestifs profonds.

Alors que la bouche contient de nombreuses glandes salivaires dont la sécrétion, essentiellement lubrifiante, facilite l’ingestion, le jabot sécrète un mucus riche en enzymes digestives.
Ces sécrétions se mélangent à l’eau de boisson, imprégnant ainsi la ration de graines.
Ce liquide provoque le gonflement et le ramollissement des graines, facilitant ensuite leur digestion acide dans le ventricule succenturié, puis leur broyage dans le gésier.

Les principales enzymes du jabot sont des amylases, qui transforment les hydrates de carbone (notamment l’amidon) en sucres simples, sources d’énergie (glucose et graisses).

Au repos, le jabot apparaît comme une membrane de 1 mm d’épaisseur, de couleur blanc rosé.

Il n’est pas rare qu’un pigeon revienne avec une plaie à la poitrine accompagnée d’une déchirure du jabot. L’amateur attribue parfois à tort cet accident à l’attaque d’un rapace.

Que faire dans ce cas ?

  1. Commencer par retirer tous les débris (plumes cassées, graines) de la plaie, ainsi qu’autour, sur environ 15 mm de chaque côté.

  2. Essuyer la plaie sans la laver, car l’eau risque d’y introduire de nouvelles impuretés.

  3. À l’aide d’une petite laine mousse coupante, séparer la peau de la paroi du jabot sur un centimètre de chaque côté, sur toute la longueur de la déchirure.

  4. Si la peau est déchirée de façon irrégulière, égaliser les bords avec des ciseaux bien affûtés.

  5. Recoudre le jabot avec un fil non coupant (cordonnet de soie ou coton à repriser) par des points en surjet.

  6. Saupoudrer d’un peu de poudre antiseptique.

  7. Recoudre ensuite la peau — en surjet, en points séparés ou en points en U.

Il est inutile d’enlever les fils : ils tomberont naturellement en trois à quatre semaines. L’essentiel est que la suture du jabot soit parfaitement étanche.
Le pigeon doit être privé de nourriture et d’eau pendant 48 heures, puis réalimenté progressivement.

Le jabot subit également des modifications physiologiques importantes durant la période de couvage. Chez le mâle comme chez la femelle, la paroi interne du jabot s’épaissit, de nouveaux vaisseaux sanguins apparaissent, et les cellules se chargent de graisse nutritive.
Ce mélange de graisse, de protéines digestibles et d’eau constitue le lait de jabot (ou pape), aliment exclusif du jeune pigeon pendant les 4 à 5 premiers jours de vie.
Par la suite, ce lait est progressivement remplacé par des graines régurgitées.

La production du lait de jabot est stimulée par une hormone hypophysaire : la prolactine. Sa sécrétion s’accompagne d’une chute du taux de folliculine (hormone femelle) dans le sang, entraînant un blocage temporaire de la mue.


Notice

Le bec est l’extrémité cornée de la tête du pigeon.
Il se compose de deux valves, supérieure et inférieure.
La valve inférieure est limitée par la peau et adhère au maxillaire inférieur par du tissu conjonctif.
La valve supérieure, elle, adhère au maxillaire supérieur, limitée par les narines sur les deux côtés et, à l’arrière, par les caroncules (morilles).


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

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