Un colombier modèle n’est pas une question d’argent
François Van Riel et le colombier modèle : tradition et modernité
Cette fois-ci, je me passerai, autant que possible, de raconter des souvenirs personnels pour me concentrer davantage sur le présent. En effet, les amis de Pigeon Rit – Le Sport Colombophile viennent de rendre visite à mon fils François.
Motif de ce déplacement : l’aménagement du colombier modèle qu’il vient d’ériger à l’arrière de sa villa, dans un quartier résidentiel. L’installation répond parfaitement aux exigences des commissions d’urbanisme, sans porter la moindre atteinte à la tranquillité du voisinage. À moins que l’homme moderne ne se sente désormais moins à l’aise en contemplant l’envol régulier d’une volée de pigeons qu’au passage assourdissant des avions à réaction…
Il est intéressant de parler de l’installation d’un colombier en hiver, car c’est la période idéale pour envisager toutes sortes d’améliorations. J’aimerais à cette occasion faire une comparaison avec les colombiers de Huyskens-Van Riel, construits une vingtaine d’années plus tôt et qui, dès les années 1950, servirent de modèle à de nombreuses installations, en Belgique comme à l’étranger.
Pour François, le même phénomène semble se reproduire, car de nombreux amateurs, venus de tout le pays, sont déjà passés admirer son colombier.
L’essentiel est resté
Bien que mon fils et moi ayons pris des points de départ très différents, tout le monde constatera que les principes de base — c’est-à-dire l’essentiel — sont restés identiques.
Mes propres installations avaient été construites selon les besoins spécifiques du tandem Huyskens-Van Riel. Grâce à une façade large et une profondeur de quatre mètres, un espace suffisant restait libre sous le colombier pour y aménager un hall d’entrée et quelques chambres. C’est ainsi que l’idée me vint d’y habiter moi-même.
Depuis longtemps, François cherchait un terrain pour construire une villa réunissant tout le confort nécessaire à la vie familiale au rez-de-chaussée, avec un grenier parfaitement adapté à l’hébergement de ses pigeons.
Une concession dut toutefois être faite à son épouse : pas question d’un escalier menant au colombier depuis la partie habitée. Finalement, cette séparation s’avéra un avantage pour tout le monde : pour les humains comme pour les pigeons.
Nous avons passé de nombreuses heures à concevoir les plans. J’ai pu jouer le rôle de conseiller averti, fort de mon expérience. Nos priorités étaient claires : des installations sèches et simples, sans aucun système de chauffage, mais bénéficiant d’une aération parfaite au niveau du toit, sans ouvertures supplémentaires dans la façade.
Ces conditions sont essentielles, car les pigeons ne sont pas des oiseaux tropicaux. Dès que l’humidité est éliminée, ils supportent très bien les températures basses.
Autre similitude avec mes anciens pigeonniers : l’orientation sud-est, idéale pour la lumière et la ventilation. François a également choisi le bois comme matériau principal pour son grenier colombophile. Le plancher a été soigneusement enduit et poncé afin d’éviter toute fente susceptible de retenir l’humidité. Il est recouvert de panneaux de triplex waterproof, empêchant toute infiltration d’eau.
Des matériaux modernes pour un colombier moderne
En vingt ans, de nombreux matériaux nouveaux ont envahi le marché, et François en a fait bon usage.
Mes anciens colombiers étaient couverts de tuiles de Pottelberg, laissant passer un léger flux d’air entre les interstices. François a opté pour des tuiles flamandes polies, empêchant durablement la formation de mousse sur le toit.
La façade du colombier est constituée de planches en plastique blanc, un matériau qui conserve sa couleur sans nécessiter de repeinte, à condition d’un entretien régulier.
Derrière ces planches, une couche isolante de 4 à 5 cm composée de frigolite assure un excellent confort thermique. À l’intérieur, le colombier est entièrement revêtu de unalit, ce qui renforce encore la propreté et la durabilité de l’ensemble.
Les murs extérieurs en pierre sont doublés de parois intérieures séparées, formant un mur double qui élimine tout risque d’humidité, même en cas de froid intense.
Ce dont je suis peut-être un peu jaloux, c’est de la charmante terrasse de deux mètres de large, dallée et bordée d’un muret de cinquante centimètres.
« Fini les attentes interminables à l’intérieur du colombier ! », dit François. « Un fauteuil confortable sur la terrasse me suffit. Dès que mon premier pigeon arrive, je suis immédiatement prêt à le rentrer. Pas une seconde de perdue ! » Et il a bien raison.
De l’air à volonté
L’amélioration la plus remarquable réside dans le volume d’air disponible.
Pour une surface totale d’environ 140 m², seuls 35 m² sont consacrés aux pigeons.
Avec une hauteur sous faîte de près de quatre mètres, la circulation d’air est optimale grâce à un système de grilles et de treillis qui permet une aération constante et naturelle.
Chaque colombier mesure en moyenne 2,4 m x 2,5 m x 2 m et abrite neuf casiers au maximum.
Un mètre cube d’air pur par pigeon — voire davantage — est ainsi garanti en permanence.
Même les compartiments des jeunes et des reproducteurs bénéficient de cette ventilation généreuse, puisque seulement un tiers du grenier est aménagé, les deux autres tiers restant disponibles pour la réserve d’air sain.
Deux fenêtres supplémentaires, ouvertes par temps chaud, favorisent encore la circulation.
C’est là, à mes yeux, le grand progrès des nouvelles installations : la pureté de l’air et l’espace vital. Et pour un père, quel bonheur de constater que le fils a su aller encore plus loin que lui-même !
En cas d’échec, il ne s’en prendra qu’à lui-même
Cet hiver, François a encore amélioré ses casiers.
Il utilise deux types : les profonds (0,50 m de large sur 0,65 m de profondeur) et les plus larges (0,80 m sur 0,45 m).
Les planches superflues ont été supprimées, remplacées par un système de rails fins sur lesquels coulisse un treillis amovible. Le nettoyage est rapide et hygiénique, les parois étant lisses et imperméables.
François consacre tout son temps à ses pigeons.
Il est fermement décidé à retrouver sa place parmi l’élite anversoise du demi-fond et du fond.
« En cas de faillite, je ne m’en prendrai qu’à moi-même », m’a-t-il confié. Et je le crois volontiers : il possède désormais tous les atouts du succès.
Un colombier sain, sec et bien conçu ; une souche solide issue de la lignée du « Steek » et apparentée aux Huyskens-Van Riel ; et surtout la passion, héritée de ses aînés.
Les résultats ne se sont pas fait attendre : en 1964, puis dans les années suivantes, ses performances parlèrent d’elles-mêmes.
Comme je le dis souvent : « De vrais pigeons de race se distinguent sur toutes les distances. »
Cette maxime, François la confirme chaque année. Ses succès sur Quiévrain, Saint-Quentin ou Noyon en témoignent, avec plusieurs premières places parmi des centaines de concurrents.
Jef De Scheemaecker l’a dit à juste titre :
« François Van Riel, avec ses nouvelles installations et ses pigeons de race, est le coming man incontestable de la région anversoise. »
Et j’espère de tout cœur qu’il aura raison.
Un colombier modèle n’est pas une question d’argent
Certains diront peut-être : « Tout cela est facile quand on a les moyens ! »
Eh bien, non. Les colombiers dont je viens de parler sont relativement économiques, comparés à la maison entière.
Ils peuvent même être reproduits à moindre coût, dans des habitations plus modestes, à condition que l’amateur n’ait pas peur de se retrousser les manches.
Car un colombier modèle, ce n’est pas une affaire de fortune :
c’est le fruit de réflexions, d’observations, d’expérience, et surtout de foi en la valeur d’un logis bien aéré et sec.
Et cela, à mes yeux, compte autant que la qualité des pigeons eux-mêmes ou le talent de l’amateur qui les élève.
[ Source: Article édité par M. Jef Van Riel – Revue PIGEON RIT ]
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Caillebotis dans le colombier des pigeons
Le colombier de pigeons voyageurs


