Pourquoi un pigeon voyageur remporte un prix de tête ?

Pigeon voyageur — ce nom évoque à lui seul la précision, la vitesse et l’instinct du retour. Pourtant, même parmi les amateurs passionnés, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi certains pigeons remportent des prix de tête tandis que d’autres passent inaperçus.
Débutant :
Je ne suis pas un champion, mais je ne suis pas non plus un zéro en colombophilie. Je me situe quelque part entre les deux. Je ne connais pas la désillusion de certains champions dont les résultats déclinent d’année en année, mais je n’ai pas non plus la joie de voir mes performances s’améliorer au fil du temps.
Je dois t’avouer qu’en dépit de tous les bons conseils que tu me donnes, je n’arrive pas à remporter régulièrement des prix de tête. Peux-tu me dire pourquoi un pigeon voyageur gagne un prix de tête ?
Je suppose que ce n’est pas uniquement une question d’origine, sinon on verrait toujours les mêmes pigeons se classer en tête. Je suppose aussi que ce n’est pas seulement la science du colombophile, ni son savoir, qui déterminent le succès d’un pigeon.
Mais alors, cher maître, dis-moi ce que tu en penses… et dis-moi aussi si, moi, je pourrai un jour goûter à la joie de me hisser petit à petit au niveau des champions.
Je ne suis qu’un petit amateur, et je veux le rester. Car je connais certains « champions » très renommés, mais lorsque l’on compare leurs résultats avec ceux d’un petit amateur, ce dernier s’en sort parfois proportionnellement bien mieux.
Si j’augmentais le nombre de mes pigeons, j’aurais sans doute plus de chances de remporter de temps à autre un prix de tête, mais je ne veux pas devenir esclave de mes pigeons.
La colombophilie est pour moi un hobby, mais un hobby que je voudrais pratiquer avec un peu de succès.
Victor :
Tu m’as posé, à un certain moment, une question curieuse mais capitale : « Pourquoi un pigeon voyageur se classe-t-il en tête ? »
Un jour, lors d’une réunion du Flying Club de Belgique, j’ai posé cette même question à mon ami Georges De Paduwa. Il me regarda, étonné, et me répondit simplement :
« Celui qui prend la direction la plus directe vers son colombier. »
Débutant :
C’est évident, car ce n’est pas toujours le pigeon qui vole le plus vite qui se classe en tête, s’il ne suit pas le chemin le plus court.
Mais cela m’amène à une autre question : « Pourquoi ne suit-il pas le chemin le plus court ? »
Si nous pouvions résoudre ce problème, nous aurions déjà bien avancé dans la recherche de ce qui permet à un pigeon voyageur de remporter un prix de tête.
Victor :
Puisque, pour suivre la route la plus directe vers son colombier, le sens de l’orientation joue un rôle primordial, nous devons nous demander si ce sens, qui réside dans la tête, est en rapport direct avec l’état physique du pigeon.
Nous savons que lorsqu’un colombier est en forme, tous les pigeons s’orientent correctement et évitent de perdre du temps en détours inutiles. Ils se classent alors en masse dans les prix.
Mais que s’est-il passé ? Pourquoi ? Et où cela se joue-t-il ? Dans la tête ? Dans le corps ?
Débutant :
Probablement dans les deux.
Quand je me sens bien dans mon corps — c’est-à-dire quand je ne le sens plus, quand il ne me pèse pas — j’ai aussi l’esprit plus clair et plus vif. Quelque chose de semblable ne se produirait-il pas chez nos pigeons ?
J’imagine que oui. L’état physique du pigeon voyageur doit être parfait pour que sa tête fonctionne à la perfection.
Crois-tu que je raisonne juste ?
Victor :
Je le pense, oui. Mais entendons-nous bien : nous parlons ici de pigeons non malades. Car un pigeon malade n’a aucune chance de bien se classer, même si la maladie ne se voit pas encore.
Mais, comme le disait notre collaborateur le Dr Stosskopf, la simple santé ne suffit plus aujourd’hui pour se classer. Il faut un peu plus : ce petit rien qui fait basculer le bon état physique vers la grande forme.
Débutant :
Et je suppose que c’est seulement à ce moment-là que le pigeon utilise pleinement son sens de l’orientation et qu’il peut suivre le trajet le plus court vers son colombier, se classant ainsi en tête.
Victor :
Exactement. Mais tu oublies un facteur essentiel : la motivation.
Le pigeon doit être intérieurement poussé à regagner son colombier. Un pigeon en grande forme, mais démotivé parce qu’il a été chassé de son casier, ne se classera pas.
Il faut donc que le pigeon voyageur soit physiquement au point, mentalement clair, et émotionnellement motivé.
Débutant :
Mais alors, pour faire passer un bon état physique à une vraie forme, que peut-on faire ?
Tu as parlé d’un « petit rien » qui peut suffire à faire pencher la balance du bon côté…
Victor :
Il y a, en effet, beaucoup de ces « petites choses ».
Nous en parlerons la prochaine fois.
🕊️ Notice
À quoi bon avoir un pigeon très rapide et en pleine forme s’il s’oriente mal et fait des détours avant de regagner son colombier ?
Chaque kilomètre superflu lui fait perdre du temps… et des places.
Il ne fait aucun doute que la précision de l’orientation dépend non seulement de la santé, mais aussi de la forme générale du pigeon voyageur.
Cependant, cela ne veut pas dire que tout pigeon en grande forme s’oriente bien.
C’est là qu’intervient une qualité invisible et mystérieuse, celle qui distingue le crack des autres.
Et c’est justement ce mystère qui rend notre sport si passionnant.
[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]
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