3 janvier 2022 Par admin

Les rapports colombophile – pigeon

Débutant:
Quand j’entends dire d’un colombophile: « C’est un véritable artiste pour les pigeons », alors je me pose la question, y-a-t’il des colombophiles qui ne sont que « colombophile », et d’autres qui sont également « artistes » en colombophilie?
Y-a-t’il du vrai là-dedans, ou faut-il croire Charles Van der Schelden qui qualifiait « d’autres chosiens » ceux qui prétendaient qu’en dehors des qualités de l’aile il y avait encore autre chose pour conditionner la valeur d’un pigeon. Il se moquait éperdument de ceux qui prétendaient qu’aussi le colombophile influait sur les prestations du pigeon.

Victor:
Je comprends très bien la réaction de Charles Van der Schelden à l’égard de ceux qui ne croyaient pas à l’exclusivité de la qualité de l’aile, telle qu’il l’avait d’ailleurs admirablement spécifiée. C’est la réaction du savant qui est convaincu d’avoir vu « juste » dans « sa » spécialité. Ce qui était bien le cas pour Charles Van der Schelden.
Quant à moi je suis persuadé que le rapport colombophile pigeon est très important. Et il y a des artistes en la matière.



Débutant:
Mais, cher maître, en quoi consiste leur « art »?

Victor:
Il consiste tout simplement à faire à la perfection ce qu’ils font. Et alors on est artiste en la matière. Aussi le colombophile qui sait tirer profit au maximum des ressources dont dispose le pigeon, ressources tant physiques que psychiques…

Débutant:
Héla, cher maître?…. et moi qui croyais que le pigeon n’avait pas d’âme ni d’intelligence et donc pas de psychisme!

Victor:
Tu te trompes… et les instincts alors qui interviennent dans la vie psychologique du pigeon, n’y crois-tu pas?
Nous avons remporté tant de premiers prix avec des pigeons dont nous avions « taquiné » un certain instinct, qu’il faut bien admettre qu’il y a « autre chose » que seulement le physique du pigeon.

Débutant:
De quels instincts chez le pigeon veux-tu parler, et dont le colombophile puisse tirer quelque profit pour améliorer les prestations.

Victor:
Tu sais par exemple qu’il y a un instinct de la peur chez le pigeon. Le pigeon fuit devant un geste brusque du colombophile. L’instinct de survie doit être à la base de ce comportement. Au colombophile d’en tirer les conclusions. Il doit donc être « doux » avec ses pigeons, et ce dès leur plus tendre jeunesse. On peut dire qu’on constate alors que le pigeon « s’attache » à son maître. On peut également constater que le pigeon aime à se cacher, de se réfugier sous un abri protecteur, et ce d’autant plus que sa méfiance augmente. Le colombophile peut y remédier par son comportement avec ses pigeons.
Réné Michielsen, un des plus fins colombophiles que j’ai connu, me montra un jour ses casiers des veufs: vois-tu, ils sont à moitié totalement fermés à l’avant, le pigeon s’y sent en sécurité. En outre cela me dispense de faire l’obscurité dans le colombier, car, pour mon colombier ce serait préjudiciable à la forme de mes pigeons.
René n’avait que quelques pigeons mais c’était un « tout grand »

Débutant:
Je suppose que le monde mystérieux des instincts est infini, mais que le colombophile peut, comme tu dis, tirer profit de l’un ou l’autre instinct. Mais lesquels en particulier?

Victor:
Il y a p.ex. l’instinct paternel et maternel que le colombophile peut exploiter à profusion.
On sait qu’un veuf auquel on passe un jeune d’une bonne semaine, un jour avant l’enlogement, jeune qu’il accepte généralement, peut faire des merveilles.
Les femelles au veuvage l’acceptent d’ailleurs toujours. C’est surtout important pour celles qu’on enloge pour le grand fond.
Il y a encore l’instinct sexuel, et la jalousie qu’il peut engendrer. Certains colombophiles profitent de cet instinct lorsqu’ils utilisent une femelle pour deux mâles. Et ce dans des casiers à trois compartiments, avec une femelle dans le compartiment du centre, entre deux mâles.

Débutant:
Je comprends maintenant ce que tu voulais dire en parlant d’un colombophile « artiste ».



Victor:
Mais, mon cher ami, sais-tu que la plus grande satisfaction dans la vie, c’est de vouloir et de pouvoir faire quelque chose à la perfection.

Débutant:
Peux-tu m’en raconter un peu plus encore? Victor: Pas trop à la fois, sinon la forêt cacherait l’arbre. Une prochaine fois, veux-tu, on se promènera encore dans l’immense monde complexe des instincts.

Noël De Scheemaecker.


Notice:

  1. Il ne fait aucun doute que la relation « colombophile-pigeon » est un des facteurs de réussite en colombophilie comme tant d’autres. Les spécialistes de la vitesse et du demi-fond le savent que trop bien. Les artistes parmi eux sont ceux qui savent exactement pour chacun de leurs pigeons de jeu quel instinct (parfois plusieurs) ils doivent taquiner pour les motiver au maximum. C’est le propre du vrai champion.
  2. La réussite de l’élevage tardif dépend en très grande partie de la santé de vos pigeons. Si vous avez des doutes de ce côté-là, n’hésitez pas à consulter un vétérinaire.

[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]

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