25 octobre 2025 Par admin

Le transport d’oeufs de pigeons

Question :

J’ai acheté des œufs de pigeons auprès d’un amateur de Flandre occidentale.
Le vendeur souhaite que je vienne les chercher lorsqu’ils seront couvés depuis 5 à 6 jours.

Ma question est la suivante : ces œufs sont-ils suffisamment incubés pour supporter un voyage de 120 km ?
Deux solutions s’offrent à moi :

  1. Prendre le risque d’abîmer l’embryon de certains œufs pendant le transport, et donc de réduire le pourcentage d’éclosion ;

  2. Ne pas les faire couver, c’est-à-dire les retirer immédiatement après la ponte et les conserver au frais jusqu’à ce que tous les couples aient pondu leur deuxième œuf.


Question :

Comment doit-on manipuler les œufs pour préserver leur fertilité ?

Dans le passé, j’ai transporté un grand nombre d’œufs de pigeons. Une petite partie servait à renouveler le sang de mes pigeons, mais la majorité était destinée à un laboratoire où l’on étudiait l’incubation des œufs et le développement embryonnaire.
Voici donc les principales observations et constatations que j’ai pu faire.

Tout d’abord, concernant les soins à apporter aux œufs pendant le transport, j’ai remarqué ce qui suit.
Ces remarques s’adressent surtout aux amateurs colombophiles qui vendent ou offrent des œufs. Parfois, il faut conserver ces œufs un certain temps, car les périodes de ponte ne coïncident pas toujours.

Des essais ont clairement montré que le pourcentage d’éclosion diminue avec la durée de conservation. Il est donc préférable de les faire couver le plus rapidement possible (j’ai toutefois obtenu de bons résultats avec des œufs pondus depuis sept jours).
Les meilleures conditions de conservation se situent aux environs de 12°C.
La température ne doit pas dépasser 23°C, car à ce stade le développement embryonnaire débute.
Concernant la température minimale, des expériences ont montré que des œufs de poule conservés 24 heures juste au-dessus du point de congélation éclosent normalement. En revanche, à 3°C, les résultats se dégradent après six jours de conservation.

En fonction de ces observations, on peut conclure que, pour les œufs de pigeons, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures spéciales.
Cependant, en cas de fortes gelées ou de grosses chaleurs, il ne faut pas laisser les œufs au pigeonnier.

Quant au retournement des œufs pendant la conservation, les avis divergent. Des essais ont toutefois montré que cette opération est inutile tant que la conservation n’excède pas une semaine.
Il n’y a donc pas lieu de craindre que le germe « colle » aux membranes de l’œuf.


Le transport

Les œufs de poule sont généralement transportés dans des conditionnements spéciaux, le bout pointu dirigé vers le bas — ce qui est préférable à l’inverse.
Avec les œufs de pigeons, il faut être encore plus prudent, car ils sont plus sensibles aux chocs, lesquels peuvent provoquer des malformations embryonnaires.

Pour le transport, les œufs de pigeons peuvent être calés dans du papier, de la paille ou de l’ouate, en position couchée, dans leur posture naturelle (et non sur la pointe).

Sur les conseils de certains, il est recommandé de laisser reposer les œufs 24 heures après le transport avant de les mettre à couver. Bien que je n’aie jamais suivi cette recommandation, je n’ai constaté aucun désavantage à ma méthode.

Les avis divergent également sur le meilleur moment pour le transport.
Certains affirment que les œufs ne doivent pas être trop frais. Je ne sais pas d’où vient cette idée, car je n’ai jamais rencontré de problème avec des œufs fraîchement pondus ; c’est d’ailleurs la règle pour les œufs de poule.
D’autres soutiennent qu’il faut éviter le transport autour du 10ᵉ jour de couvaison, sous prétexte que le germe se retournerait.

Les recherches scientifiques ont montré que la mortalité embryonnaire chez les oiseaux est la plus élevée entre le 3ᵉ et le 4ᵉ jour, puis entre le 14ᵉ et le 15ᵉ jour de couvaison.
Faut-il en conclure que ces périodes sont critiques pour le transport ? Je ne le pense pas.
J’ai transporté de nombreux œufs de pigeons à tous les stades de développement sans observer de différence notable.

Cependant, si l’on a le choix, il est préférable de transporter les œufs en fin de couvaison, car ils supportent mieux un léger refroidissement et il est alors plus facile de vérifier leur fécondation.


Il arrive parfois qu’un œuf soit abîmé par un choc.
Tout n’est pas perdu si la membrane coquillère n’est pas déchirée : il suffit parfois de coller un petit morceau de papier sur la fissure.

Si, par malchance, un œuf s’est cassé et en a sali d’autres, il faut nettoyer les œufs souillés dès le retour à la maison avec un peu d’eau tiède, et cela très délicatement, car la coquille devient de plus en plus fragile au fur et à mesure de la couvaison.

Lorsqu’un colombophile prévoit d’aller chercher des œufs chez un autre amateur, il est préférable que les femelles soient synchronisées, c’est-à-dire que les pontes se produisent à peu près en même temps dans les deux colombiers.

Si les œufs achetés ont été couvés moins longtemps, les pigeons nourriciers devront surcouver. Cela est possible quelques jours, mais au-delà, des problèmes apparaissent : le lait de jabot se modifie, les jeunes reçoivent trop vite des graines et leur croissance ralentit.
On peut tenter de corriger cela en augmentant le pourcentage de chanvre dans la ration des reproducteurs, ou en donnant directement aux jeunes, dès l’âge d’une semaine, du chanvre, puis quelques jours plus tard des féveroles.

Dans le cas contraire — lorsque les jeunes éclosent avant la fin de la période d’incubation —, il faut savoir qu’un pigeon doit couver au moins 14 jours pour commencer à produire du lait de jabot.
Même après 14 jours, ce lait est encore très aqueux, mais un jeune peut survivre grâce à ses réserves, notamment le reste du vitellus.
Sa croissance peut être ralentie un jour, mais il rattrape vite le retard.

Pour réduire la différence entre les temps de couvaison, un colombophile peut recourir à une astuce :
vers la fin de l’incubation, il retire temporairement les œufs du nid et les laisse refroidir à l’abri.
En les gardant ainsi 12 heures à température ambiante, l’éclosion est retardée d’un jour.
Avec des œufs de grande valeur, il est toutefois déconseillé de prolonger davantage, car cela pourrait affaiblir le germe.
Cette méthode donne de meilleurs résultats en saison douce ; en automne, les refroidissements sont souvent trop importants et les jeunes manquent alors de vitalité pour sortir de l’œuf.


Prof. G. Van Grembergen


Notices :

  • Lors de l’échange d’œufs, il faut s’assurer que la différence de ponte ne dépasse pas deux jours entre les couples, afin d’éviter les problèmes de surcouvaison ou de production de lait de jabot.

  • Les œufs de pigeons peuvent être transportés à tout moment, à condition d’être placés en position couchée et stable (par exemple dans des graines).

  • Veiller à ce qu’ils puissent respirer pendant le transport : la boîte ne doit pas être fermée hermétiquement.


[ Source: Article édité par Prof. Dr. G. Van Grembergen – Revue PIGEON RIT ] 

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