Le courrier des lecteurs n°7– pigeon voyageur
28 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°7– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°7– pigeon voyageur

Question :

Marc Croux, de Grâce-Hollogne, a acheté l’année dernière trois yearlings présentant un excellent palmarès. En les examinant attentivement, il remarqua un peu plus tard la présence de petits points blancs au fond de leur gorge. Il consulta son vétérinaire, mais l’examen microscopique ne révéla rien d’anormal. Selon ce dernier, il s’agissait probablement de traces laissées par une ancienne infection à trichomonose ou de dépôts calcaires. Marc souhaite savoir comment faire disparaître ces points blancs et si ceux-ci présentent un danger.

Réponse :

Ces points blancs, calcaires comme toutes les réactions organiques de défense chronique, sont le souvenir d’une ancienne crise de trichomonose. Ils n’ont strictement aucune importance pour l’avenir. Si vous maintenez vos pigeons indemnes de trichomonose grâce à des traitements préventifs réguliers, ces points finiront par disparaître progressivement, bien que cela puisse prendre plusieurs mois. J’explique ce phénomène en détail dans mon ouvrage La Santé de nos pigeons.


Question :

Fernand Colson nous a envoyé la photo d’une aile présentant une anomalie. Il s’agit d’un jeune issu d’une pigeonne achetée chez un champion. Ce jeune possède quatorze, voire quinze rémiges à chaque aile. Fernand pense que cette anomalie pourrait être due à un traitement à base de cortisone administré à la pigeonne lorsqu’elle était jeune. Est-ce exact ?

Réponse :

Il paraît peu probable que la cortisone — dont l’administration n’est d’ailleurs pas certaine — soit à l’origine de cette anomalie, d’autant plus qu’elle aurait été éliminée de l’organisme depuis longtemps. Il est vrai que la cortisone, en modifiant le métabolisme, peut provoquer un retard génital lorsqu’elle est administrée à la puberté, mais elle ne cause pas ce type d’anomalie morphologique.
L’explication la plus plausible est un désordre génétique au niveau des chromosomes. Cette anomalie pourrait donc être héréditaire. Il serait intéressant de reproduire ce pigeonneau avec sa mère afin d’observer si le caractère se transmet. C’est ainsi que de nombreuses anomalies ont été fixées au fil du temps, donnant naissance à diverses races particulières : pigeons « queue de paon », « cravatés », « huppés », « boulants », ou encore à plumes aux pattes.
Je n’ai, pour ma part, jamais observé d’anomalies héréditaires chez des animaux ayant été longuement traités à la cortisone.


Question :

Un lecteur souhaitant garder l’anonymat écrit :

« Depuis plusieurs années, je suis colombophile, mais chaque année, le même problème se répète : mes pigeons présentent un début de coryza (ils toussent lorsqu’on serre la gorge) ou un véritable coryza (morilles sales). Il n’y a pourtant pas de courant d’air dans le pigeonnier, l’aération est correcte (buses sur le toit, ventilation par le bas, ouverture du châssis du matin au soir). Il n’y a ni excès de poussière — j’aspire chaque semaine — ni surpopulation.
Le pigeonnier est orienté au nord-est. Ce sont surtout les pigeonneaux qui commencent et sont les plus touchés.
Dès les premiers signes, je consulte mon vétérinaire, qui me prescrit un traitement de Baytril 10 % pendant cinq jours. Malheureusement, les pigeons continuent de tousser. Ce médicament est-il efficace ? Ne devrais-je pas essayer autre chose ? Il me semble qu’il faudrait traiter régulièrement leurs voies respiratoires. Qu’en pensez-vous ? »

Réponse :

Une remarque préalable : on ne peut affirmer qu’une aération est « bonne » que si elle a été testée.
Je le répète : quelles que soient les conditions atmosphériques — température, humidité, pression, direction du vent —, une fumée (par exemple de cigarette) doit être immédiatement évacuée par le toit. Cela suppose plusieurs tests effectués par temps froid, doux ou chaud, et selon diverses directions du vent.

Ces affections respiratoires touchent surtout les jeunes pigeons, plus fragiles, et apparaissent généralement en été. Elles résultent d’une association entre trichomonose, infections microbiennes variées (staphylocoques, mycoplasmes, colibacilles, entérocoques…) et parfois un herpès virus. Souvent, deux agents pathogènes ou plus agissent ensemble.

Lorsque la température augmente, la respiration des pigeons s’accélère, rendant l’aération insuffisante et favorisant la prolifération des germes jusque-là contenus.

Le traitement recommandé :

  • Revoir l’aération selon les critères mentionnés.

  • Traiter régulièrement la trichomonose (1 à 2 jours consécutifs toutes les 2 à 3 semaines selon le produit utilisé).

  • En cas de coryza persistant, associer un traitement contre la trichomonose à un traitement antimicrobien polyvalent comme celui prescrit (Baytril). Si celui-ci ne suffit pas, utiliser d’autres antibiotiques adaptés, voire des injections ciblées pour les sujets les plus atteints.


Question :

Un lecteur du Hainaut, ayant constaté après la saison sportive 1992 quelques cas de boiterie, consulta un vétérinaire. Ce dernier diagnostiqua la paratyphose. Les fientes étaient très liquides, et plusieurs jeunes d’environ vingt jours moururent avec le jabot rempli d’eau. Il traita toute sa colonie avec du Baytril 10 % pendant dix jours (une goutte par jour dans le bec). La mortalité cessa et les pigeons reprirent goût aux volées. La mue se poursuivit normalement, mais il constata ensuite que la 8ᵉ ou la 10ᵉ plume des pigeons traités était marquée. Il voudrait savoir si le traitement au Baytril était suffisant et si ces rémiges marquées constituent un handicap en concours.

Réponse :

Je regrette ce diagnostic posé sans examen de laboratoire. Une suspicion de paratyphose mérite toujours une analyse bactériologique avec isolement du germe responsable. La mortalité à vingt jours n’est d’ailleurs pas typique de cette maladie — elle survient plutôt à dix ou douze jours.

Le Baytril est un excellent médicament contre la paratyphose et agit sur de nombreux germes, mais il est préférable de l’administrer dans l’eau de boisson plutôt qu’au bec. Si le diagnostic de paratyphose est confirmé, le traitement doit être complété par :

  • une triple vaccination à trois semaines d’intervalle (avec rappel antibiotique à chaque injection) ;

  • une désinfection minutieuse du colombier pour éviter toute recontamination.

D’après mon expérience, même avec deux rémiges plus courtes, les bons pigeons peuvent encore bien voler jusqu’à environ 200 km. À la mue suivante, les plumes repousseront normalement et le handicap disparaîtra.

À noter :
Pour qu’une vaccination soit réellement efficace,

  • le vaccin doit contenir au moins 2 milliards de germes par dose ;

  • il doit être injecté trois fois à trois semaines d’intervalle, avec rappels tous les 4 à 5 mois pendant un an ou deux ;

  • la vaccination doit être faite pendant un traitement antibiotique de soutien.


Question :

Arthur Bauduin, de Limal, est un colombophile expérimenté. Cette année, il a observé début mars un phénomène de mue inhabituel. Son élevage hivernal s’était très bien déroulé, avec deux jeunes par plateau. Parmi ses vingt jeunes précoces en parfaite santé, trois avaient déjà mué deux plumes au tout début du mois de mars. « Cela me tracasse, est-ce normal ? », demande-t-il.

Réponse :

Deux explications sont possibles :

  1. Une température excessive au colombier.
    La présence d’un conduit de cheminée, ou une pièce chauffée juste en dessous d’un colombier de grenier, peut provoquer une mue précoce. J’ai connu un cas semblable : dans un colombier attenant à une grande cheminée d’hôpital, les pigeons poussaient déjà leur 8ᵉ rémige à la mi-mai, car la température n’y descendait jamais sous les 18 à 20 °C.

  2. Un excès de vitamines.
    Une administration trop fréquente de complexes vitaminés peut accélérer certaines réactions physiologiques. Un de mes amis donnait chaque jour une cuillerée à café de produit vitaminé X par litre d’eau. Je lui ai conseillé d’en donner seulement une fois par semaine : cela suffit largement.

L’excès n’est pas dangereux, mais, comme toujours, trop est l’ennemi du bien.


Notice complémentaire :

Baytril (Bayer) est un antibiotique très efficace, bien connu des vétérinaires spécialisés dans les pigeons.

  • Contre la paratyphose (salmonellose) : 2 ml par litre d’eau pendant 10 jours.

  • Contre les affections respiratoires : 1 ml par litre d’eau pendant 5 jours.

Il est disponible en pharmacie, en flacon de 100 ml ou de 1 litre (usage professionnel).


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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