Le courrier des lecteurs n°4– pigeon voyageur
28 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°4– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°4– pigeon voyageur

Question :
Jean Toussaint de Javingue pose quatre questions intéressantes :

  1. Préconisez-vous des traitements préventifs contre la trichomonose et la coccidiose ?

  2. Conseillez-vous, pour la désinfection des pigeonniers, le lait de chaux vive, l’eau de Javel ou l’association des deux ? Existe-t-il d’autres produits que vous recommandez ? La peinture au latex est-elle conseillée ?

  3. Est-il exact qu’après deux vaccinations contre la paramyxo avec « Colombovac », il existe une immunisation durable, ou du moins partielle ?

  4. Que pensez-vous du produit Bayer « Baytril 10 % » ?

Réponse :
— Je recommande toujours un traitement antitrichomonose pendant le premier couvage. Concernant la coccidiose, un traitement est envisageable, mais il faut d’abord savoir si les pigeons du colombier sont des porteurs chroniques ou seulement temporaires et bénins. Le colombier lui-même est souvent en cause lorsque la coccidiose devient chronique (problèmes d’aération, d’ensoleillement, de désinfection, etc.).
Une coccidiose chronique et récidivante nécessite des rappels réguliers, par exemple trois jours consécutifs chaque mois. Mais chaque cas est particulier et doit être réévalué et adapté selon la situation.

— Pour la désinfection, il faut d’abord ne la pratiquer qu’avec des pigeons sains dans le colombier. Un traitement préalable peut donc s’avérer nécessaire. Il faut aussi se rappeler que les coccidies et les œufs de vers sont insensibles à la plupart des produits chimiques ; seule la chaleur intense (pistolet à air chaud, lampe à souder) permet de les détruire. Il est préférable d’utiliser des désinfectants peu odorants, tels que les ammoniums quaternaires ou les amines complétées. Ensuite, on peut appliquer une peinture à l’eau plastifiée.

— Concernant la vaccination : les pigeons sont de mauvais vaccinés, il est donc indispensable de renouveler la vaccination chaque année. Seul le contact d’un pigeon immunisé avec le virus peut éventuellement prolonger la durée de l’immunité, mais cela reste aléatoire.

— Le Baytril est un antibiotique très polyvalent et donc intéressant. Cependant, il ne faut pas oublier les parasitoses souvent associées aux infections microbiennes, notamment la trichomonose, ainsi que la nécessité de réensemencer la flore intestinale après un traitement antibiotique.


Question :
Jean-Luc Gouvart de Clabecq a découvert dans son colombier de nombreuses punaises. Celles-ci s’attaquent à ses pigeons et sont gorgées de sang lorsqu’il les écrase. Elles se cachent dans les fentes et derrière les plaques de bois, ce qui les rend difficiles à combattre. Que faire ?

Réponse :
Les punaises sont des insectes piqueurs qui infestent rarement les colombiers, mais leur présence peut devenir gênante. Pour les éliminer, il faut procéder à des pulvérisations répétées de Baygon (spécial insectes rampants) ou de Natural Spray, disponible en Belgique. Il faut insister dans les fentes, les recoins, derrière les planches et les cases.
On peut également brûler du soufre dans le colombier, après avoir retiré tous les pigeons. Le local doit rester fermé (fenêtres et cheminées) pendant 48 heures, puis être largement aéré jusqu’à disparition de l’odeur.


Question :
Un lecteur anonyme habite une région où les rapaces sont très nombreux. Ses pigeons restent enfermés de la mi-septembre à la fin février. Il souhaite savoir si cette séquestration forcée de plus de cinq mois peut avoir une influence défavorable.

Réponse :
Les rapaces avaient pratiquement disparu de nos régions il y a une dizaine d’années, victimes de l’homme et des produits agricoles toxiques. Comme ces substances existent toujours, des rapaces ont été importés, notamment du Canada, pour rétablir l’équilibre naturel.
Les écologistes, souvent citadins et peu conscients des réalités rurales, ont obtenu des lois de protection absolue. Résultat : dans certaines régions (Grenoble, Alsace, Causses), les cultivateurs subissent de lourdes pertes de volailles et de pigeons.

Soyons clairs : les rapaces participent à l’équilibre écologique en éliminant les animaux malades. Mais lorsqu’ils deviennent si nombreux qu’ils s’en prennent aux pigeons et aux poulets, c’est que l’équilibre est rompu.
Quelques essais ont été faits avec des sifflets chinois pour effrayer les rapaces ; cela peut fonctionner pour des vols de groupe, mais reste inefficace pour un pigeon isolé.
Quant à la claustration hivernale, si vos pigeons sont bien nourris et entretenus, elle n’a pas d’effet défavorable. Il faut simplement leur laisser trois semaines de liberté avant les premiers concours pour qu’ils retrouvent leur condition physique et leur aptitude à l’effort.


Question :
Un amateur de Rebecq possède une volière de 10 mètres sur 2 mètres où vivent ses reproducteurs, qui ne volent jamais. Depuis deux ans, il constate que leurs jeunes présentent des plumes (rémiges, plumes de queue, plumes de l’arrière-aile) qui ne se développent pas : elles restent enfermées dans leur gaine. Plusieurs vétérinaires consultés n’ont pas trouvé de solution. Que faire ?

Réponse :
Ce phénomène de plumes qui ne percent pas, donnant au pigeonneau un aspect de porc-épic, peut avoir plusieurs causes :

  1. Une carence vitaminique, notamment en acide folique (vitamine BC) et en vitamine F (acides linoléique et linolénique).

  2. L’usage d’anticoccidiens pour volailles à base de sulfamides associés à la pyriméthamine, qui provoquent de graves troubles de la plumaison : plumes rabougries, blanchies, non éclos, et parfois œufs clairs ou pontes espacées en cas de traitements répétés.

  3. Une infection cutanée à staphylocoques (Staphylococcus epidermidis), qu’il faut confirmer par un examen de laboratoire.


Question :
Paul Rousseau de Bouge a été confronté en juin et juillet à un problème de coryza chez ses jeunes pigeons : yeux humides, narines grisâtres, éternuements et chute du rendement sportif de plus de 80 %. De quoi s’agit-il et que faire ?

Réponse :
Le coryza est une affection complexe qui associe :

  • une trichomonose,

  • des infections microbiennes (staphylocoques, klebsielles, colibacilles, mycoplasmes, etc.),

  • parfois des virus (herpèsvirus).

Le traitement doit combiner :

  • une cure antitrichomonose,

  • une cure antibiotique adaptée aux germes identifiés, parfois après analyse bactériologique.
    Le traitement doit être administré simultanément par voie orale (eau de boisson), par injection, et localement (gouttes ou pommade), pendant la durée nécessaire.

Enfin, il est indispensable de vérifier l’aération du colombier : quelle que soit la météo, la fumée d’une cigarette doit s’évacuer par le toit en moins de deux minutes. Sinon, les rechutes sont inévitables.


Doct. Vét. J.-P. Stosskopf

Notices :

  • Le Cimex columbarius (punaise des colombiers) mesure environ 5 mm. Ces parasites se cachent dans les interstices, les crevasses et la paille des nids. Ils perturbent les pigeons, qui peuvent abandonner le nid ou même le colombier. Leur présence se détecte par de petites taches noirâtres sur les œufs, correspondant à leurs excréments. Les pigeonneaux attaqués meurent souvent d’épuisement.

  • Le faucon pèlerin se nourrit uniquement des muscles du bréchet, laissant les ailes intactes.

  • Le faucon pèlerin et l’autour des palombes sont les deux plus grands ennemis des pigeons voyageurs. L’autour vit surtout dans le centre et le sud de la France, tandis que le faucon pèlerin est bien présent en Belgique. Cependant, c’est souvent l’épervier, plus petit mais redoutable, qui cause le plus de dégâts : il ne peut emporter sa proie et la dévore sur place.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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