Le courrier des lecteurs n°22– pigeon voyageur
27 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°22– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°22– pigeon voyageur

Paul Vanfleteren de Ménin doit faire face à un grave problème d’ornithose.

« Depuis plusieurs années, nos pigeons souffrent d’ornithose. Au début des années 80, nous avons constaté que nos jeunes hâtifs n’étaient pas en condition. Ils effectuaient seulement quelques tours autour du pigeonnier sans jamais s’éloigner.

Nous pensions que cela passerait, puisque nos yearlings et nos vieux pigeons affichaient de bonnes performances. Mais, au mois de mai, lorsque le temps devint plus chaud, nous avons remarqué qu’ils volaient le bec ouvert. La première fois qu’ils furent entraînés avec une autre bande, plusieurs pigeons ne revinrent pas au pigeonnier. Certains furent retrouvés dans les communes voisines, d’autres dans la même commune.

Nous nous sommes alors rendus chez un vétérinaire spécialiste, qui diagnostiqua l’ornithose. Nous avons traité les pigeons pendant dix jours avec des tétracyclines. Après la cure, ils volaient un peu mieux. Mais une quinzaine de jours plus tard, par temps chaud, la maladie était revenue avec la même gravité. Pour passer l’hiver, nous n’avons gardé que deux pigeonneaux sur nos trente-cinq jeunes. Pendant la période hivernale, nous avons séparé les sexes.

Au début de l’année suivante, nous avons constaté que tous nos vieux et nos juniors souffraient également d’ornithose. Ils n’étaient plus capables de remporter le moindre prix. Ils rentraient les uns après les autres, mais toujours un quart d’heure après les premiers pigeons, et cela par temps clair (Clermont 170 km et Dourdan 270 km). À partir de ce moment, nous avons consulté plusieurs vétérinaires et tenté divers traitements, sans résultat. À la longue, nous en avons eu assez et avons supprimé tous les pigeons.

Tous les pigeonniers ont été désinfectés à l’eau de Javel et au chalumeau. Nous avons ensuite acheté des tardifs. Les pigeonniers étaient nettoyés deux fois par jour. Ces pigeonneaux sortaient depuis environ un mois lorsque nous avons constaté de nouveaux symptômes respiratoires identiques : de nouveau, l’ornithose.

Nous avons alors modifié les pigeonniers afin d’optimiser l’aération. Lors du test de la cigarette, la fumée disparaissait immédiatement et il n’était plus possible de déceler la moindre odeur de pigeons. Pourtant, la première année passée dans ces nouveaux pigeonniers ne permit pas de se débarrasser de l’ornithose.

Chez nos juniors logés dans les pigeonniers de jardin, le départ fut prometteur : de temps à autre, un pigeon dans les vingt premiers, et même une deuxième place. Mais ensuite, tout alla de travers. Cette année-là, nous avons traité les pigeons pendant six semaines avec de la doxycycline, en pleine saison. Comme nous pouvions nous y attendre, après une cure aussi longue, la forme avait disparu, mais l’ornithose était toujours présente.

Nous nous sommes alors rendus à l’Université de Gand, où des prélèvements à l’aide de coton-tiges furent effectués pour confirmer le diagnostic. L’ornithose fut bien confirmée. Nous avons ensuite traité les pigeons pendant dix jours au moyen de Baytril, sans le moindre résultat. Comme vous pouvez le constater, nous avons tout essayé.

À partir de la fin du mois de juin, nous avons cessé toute médication. Les pigeons reçoivent uniquement des vitamines, et lorsqu’il fait beau, ils passent la journée dehors. Vous comprenez que nous sommes à bout de solutions. Par une température de 20 °C, nos pigeons se posent et restent trois minutes le bec ouvert, les ailes pendantes, cherchant à reprendre leur souffle. Ce n’est pas normal. Selon moi, le pigeonnier n’est pas en cause, car nous n’avions jamais connu ce problème auparavant. Je suis persuadé que parmi les pigeons que nous avons dû éliminer — réduisant le nombre de 50 à 28 —, il y avait de très bons sujets qui n’ont jamais pu montrer leurs qualités à cause de ces problèmes respiratoires. »


Nous avons cherché à éclaircir la situation auprès du Laboratoire des maladies de la volaille de la Faculté de Médecine vétérinaire de Gand.
Le Dr Daisy Vanrompay, spécialiste de ce genre de problème, a réalisé une thèse de doctorat sur le sujet, qu’elle a défendue avec la plus grande distinction. Elle nous a adressé une réponse écrite à ce propos.

Avant de la reproduire, le Dr L. Mathijs ajoute ces précisions :

  1. Les médicaments du groupe des tétracyclines, comme la doxycycline et la terramycine, doivent être administrés dans une eau très pure, car certains sels dissous (ions) peuvent se lier aux antibiotiques et les neutraliser (formation de chélates). Sous cette forme, les composés ne sont plus absorbés par l’intestin et restent inactifs sous forme insoluble. Il est donc préférable, lors de tels traitements, d’utiliser de l’eau déminéralisée et de retirer les minéraux et le grit du pigeonnier pendant la cure.

  2. Ces antibiotiques doivent être administrés à fortes doses et pendant une période prolongée. Le vétérinaire spécialiste reste le meilleur conseiller pour déterminer la durée et le dosage adéquats.

Dr L. Mathijs


Réponse du Dr D. Vanrompay

Faculté de Médecine vétérinaire de Gand

« Suite à votre lettre concernant le problème d’ornithose chez le pigeon, je vous communique les informations suivantes.

L’ornithose est causée par une bactérie Gram-négative nommée Chlamydia psittaci. Ce n’est pas une bactérie ordinaire : elle se multiplie uniquement à l’intérieur des cellules vivantes.

Lorsqu’on observe des problèmes respiratoires, une conjonctivite et/ou une baisse de condition au pigeonnier, il est vivement conseillé de consulter immédiatement un vétérinaire. Le choix du médicament, son dosage, son mode d’emploi et la durée du traitement sont essentiels pour assurer la réussite de la thérapie.

Un traitement inapproprié peut être néfaste et favoriser l’apparition d’une résistance de cette bactérie « spéciale », contre laquelle nous risquerions ensuite de ne plus disposer d’aucun médicament efficace.

Le vétérinaire connaît les méthodes de diagnostic : il prélèvera les échantillons nécessaires, sur des pigeons vivants ou morts, et réalisera des colorations spécifiques suivies d’un examen microscopique. Beaucoup de vétérinaires préfèrent envoyer les échantillons au Laboratoire de pathologie aviaire de l’Université de Gand, où sont effectués quotidiennement des tests destinés à détecter la présence de cette bactérie.

Si le diagnostic d’ornithose est confirmé, le vétérinaire traitant pourra instaurer le traitement approprié, éventuellement en concertation avec le service de pathologie aviaire.

À ce jour, il n’existe pas encore de vaccin contre l’ornithose. En cas de suspicion, les pigeons doivent donc être contrôlés et, si nécessaire, traités. »

Dr D. Vanrompay


Remarque finale

Lorsqu’apparaissent des problèmes respiratoires, de la conjonctivite et une baisse de forme, l’amateur est souvent tenté d’administrer un antibiotique sans consulter un vétérinaire spécialiste. C’est une grave erreur.
Un traitement mal conduit peut non seulement aggraver la situation, mais aussi rendre la bactérie résistante, rendant tout futur traitement inefficace.


[ Source: Article édité par Dr. L. Mathijs & Dr. D. Vanrompay – Revue PIGEON RIT ]

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