Revelations et secrets sur les pigeons voyageurs Marc Roosens
29 octobre 2025 Par admin

Révélations et secrets sur les pigeons voyageurs – Marc Roosens

Revelations et secrets sur les pigeons voyageurs Marc Roosens

Marc Roosens – Le Maître d’Ecaussinnes

Monsieur Marc Roosens est décédé en 2004 à l’âge de 73 ans, emporté par une longue et pénible maladie. Ses nombreux succès lui avaient valu une réputation mondiale. Vainqueur de plusieurs concours nationaux, il a inscrit son nom au palmarès de nombreux championnats et reste, aujourd’hui encore, une référence dans le monde de la colombophilie.


1. Depuis quand jouez-vous aux pigeons ?

Je me suis toujours intéressé aux pigeons, mais je dois dire que je n’ai véritablement débuté qu’en 1961. L’année suivante, j’ai construit mes colombiers ici même. J’ai vite constaté que les pigeons que je possédais alors ne valaient pas grand-chose. Je les ai tous éliminés, sauf deux.
Ayant beaucoup d’admiration pour le champion Englebain d’Ecaussinnes, je suis allé lui acheter huit tardifs, et c’est avec ces jeunes que tout a commencé. La différence de qualité entre ces huit pigeons et les deux que j’avais gardés m’a immédiatement frappé, et j’ai fini par supprimer également ces derniers.


2. Comment avez-vous cultivé votre souche et comment la maintenez-vous ?

Tout a commencé avec les huit tardifs d’Englebain.
J’ai élevé avec ces pigeons, et j’ai gardé la première tournée de jeunes, même si leur apparence ne m’inspirait pas confiance. C’est pourquoi j’ai malheureusement supprimé les deuxième et troisième tournées sans attendre les résultats de la première — une erreur impardonnable ! En effet, ces jeunes se sont révélés excellents en concours, et j’ai dû reconnaître que je m’étais trompé dans mon jugement.
J’ai alors élevé une quatrième tournée, que j’ai précieusement conservée. Depuis, mes succès n’ont cessé de croître.
Mon colombier repose essentiellement sur la lignée Englebain, avec des apports de Van Spitael (Kain) et Horemans (Schoten). En 1964, j’ai encore introduit deux pigeons d’Englebain, puis deux autres de Van Spitael en 1967. J’ai testé par la suite d’autres origines, sans résultats vraiment positifs.
Aujourd’hui encore, j’essaie de nouvelles lignées, mais je ne les citerai pas tant que leur valeur n’est pas prouvée. Je ne garde un pigeon que s’il a démontré sa valeur, peu importe son origine.


3. À quoi attachez-vous le plus d’importance au colombier ?

Sans bons colombiers, il n’y a pas de résultats. Une bonne installation représente la moitié du succès.
Bien sûr, il faut aussi de bons pigeons, issus de lignées qui ont fait leurs preuves.
Enfin, d’autres éléments comme l’alimentation, les soins et la régularité jouent également un rôle essentiel. Tous ces facteurs combinés forgent le succès.


4. Que pensez-vous des cures préventives ?

Après la saison sportive, tous les pigeons voyageurs, ainsi que leurs femelles, reçoivent une cure contre la trichomonase et la coccidiose.
Les reproducteurs, eux, ne sont traités que si une infection est détectée. En début d’année, un contrôle vétérinaire complet est effectué.
S’il ne constate rien d’anormal, je n’entreprends aucun traitement. En cas d’infection, j’agis immédiatement selon ses prescriptions.


5. Que pensez-vous de la vaccination ?

Depuis 1972, tous mes vieux pigeons (éleveurs et voyageurs) sont vaccinés une fois par an, en janvier, contre la diphtérie (poquettes).
Les jeunes, eux, sont vaccinés en mai, lorsqu’ils ont jeté deux pennes. Avant 1972, je ne vaccinai jamais.


6. Jouez-vous avec les vieux, les jeunes, ou les deux ? Et à quelles distances ?

Je joue avec les deux, mais leurs programmes diffèrent.
Les pigeons de deux ans et plus commencent par un concours de vitesse (±150 km) avec une nuit de panier, puis participent à des concours plus longs avec deux nuits de panier.
Les pigeons d’un an disputent 3 à 4 concours de vitesse entre 100 et 200 km. Je les divise ensuite en deux groupes pour éviter qu’un désastre ne décime tous mes espoirs. Le programme est alors conçu pour les mener jusqu’à Limoges.


7. Quand accouplez-vous vos reproducteurs et vos pigeons de concours ?

Depuis 1972, j’accouple les reproducteurs vers le 15 décembre et les voyageurs vers le 15 février.
Ces derniers élèvent deux jeunes, puis sont mis au veuvage sur des œufs de huit jours.


8. Quelle est la meilleure méthode selon vous pour jouer les jeunes ?

Les jeunes de la première tournée sont entraînés dès mai, puis participent à deux concours de vitesse réservés aux vieux. Ensuite, je les arrête jusqu’à juillet, où ils reprennent sérieusement la compétition.
Les jeunes logent dans un grenier au-dessus du garage (2,5 x 2,5 m), avec des casiers de 30 x 30 cm.
Je les empêche de s’accoupler avant juillet, puis les laisse libres. Je les joue généralement sur nid, bien que certaines exceptions existent.
En 1972, j’ai remporté le 1er et 2e prix national de Bourges avec des jeunes — dont un non accouplé !
Une autre anecdote : une femelle, après avoir perdu son mâle en concours, a accepté un petit adopté et a ensuite remporté 1er Melun, 1er Corbeil et 1er national Bourges.
Les jeunes mâles sont ménagés, sauf exception, et parfois, cela paie : j’ai ainsi gagné le 1er Bourges avec un jeune mâle.


9. Et les veufs ? Entraînement, soins, alimentation ?

Les veufs élèvent deux jeunes avant la saison, puis couvent huit jours.
Ils volent une heure le matin (6h) et une heure le soir (17h). Les fenêtres restent fermées pendant l’exercice. En cas de pluie ou de brouillard, ils restent à l’intérieur. Si le temps s’éclaircit, ils sortent plus tard, même à 9 ou 10 heures — souvent sous la supervision de mon épouse.
Jusqu’en mai, ils mangent dans une mangeoire commune, puis chacun dans son casier. L’alimentation varie selon la distance du prochain concours (vitesse, demi-fond ou fond).


10. Montrez-vous la femelle avant l’enlogement ?

Oui, mais seulement lors des premiers enlogements, afin d’apprendre aux yearlings. Ensuite, je retourne simplement le nid avant le départ.
Chaque mâle voit sa femelle presque chaque semaine, même ceux qui restent au colombier. Ces derniers sont placés en panier le jour du retour du concours, puis libérés pour retrouver leur femelle à la rentrée des voyageurs.


11. Combien de temps les laissez-vous ensemble au retour ?

De 2 à 3 heures, selon la difficulté du concours.
Ils reçoivent d’abord une nourriture légère, puis, une fois les femelles retirées, les veufs ont un mélange sport à volonté.
Les jours suivants, jusqu’au mardi soir, je donne un mélange léger, puis le mélange sport reprend.
Les pigeons qui ne voyagent qu’un week-end sur deux reçoivent uniquement de l’orge pendant le week-end de repos, afin de stimuler l’appétit.
Au retour d’un concours, je mets du miel et du citron dans l’eau de boisson, remplacée après deux heures pour éviter la fermentation.


12. Donnez-vous des petites graines aux veufs ?

Jamais !


13. Que faites-vous après la saison ?

Après la saison, chaque couple élève une dernière couvée, puis les sexes sont séparés et les plateaux retirés.
Les jeunes mâles destinés au jeu sont accouplés début août dans le colombier des veufs, parfois avec une vieille femelle, pour les habituer à leur futur environnement.


14. Quelle alimentation durant la mue ?

Jamais de petites graines.
Je suis partisan de la verdure fraîche, mais par manque de temps, je n’ai pas pu en planter cette année.
Je donne beaucoup de grit, en petites quantités mais très fréquemment. Les pigeons ont aussi droit à des bains réguliers.


15. En conclusion, quels conseils donneriez-vous ?

Je ferai trois remarques :

  • Après chaque concours, repos complet le lendemain pour les veufs.

  • Je donne un complexe de vitamines deux fois par mois, jamais le jour de l’enlogement, mais plutôt 2 à 3 jours avant.

  • Un pigeon malade est soigné immédiatement. Mais s’il ne guérit pas vite, ou rechute, je l’élimine.


Notes complémentaires

  • Les reproducteurs ne restent pas éternellement accouplés. Marc Roosens teste régulièrement de nouveaux croisements pour améliorer la souche.

  • Il pratique la consanguinité modérée (cousin-cousine), mais jamais au-delà.

  • Tous les pigeons que nous avons examinés présentaient des gorges parfaites : roses, pures et calmes. Son secret ? « Tous les pigeons avec une mauvaise gorge sont écartés. »

  • L’excellent état de santé de ses pigeons s’explique aussi par une aération idéale du colombier.

  • Enfin, Roosens soulignait : « Toutes les tuiles ne sont pas pareilles. Si vous remarquez que les vôtres sont mauvaises, changez-les sans hésiter. »


[ Source: Article édité par M. Gust Ducheyne – Revue PIGEON RIT ] 

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