Révélations et secrets sur les pigeons voyageurs – Florent Goris
1. Depuis quand jouez-vous aux pigeons ?
J’ai eu mes premiers pigeons à l’âge de 11 ans et je ne m’en suis jamais séparé. Cela fait donc 43 années de pratique ininterrompue.
2. Comment avez-vous cultivé votre souche et comment la maintenez-vous ?
Avant la guerre de 1940, je possédais surtout des pigeons provenant de mes oncles et d’Émile De Winter de Hulshout.
Après la guerre, j’ai dû entièrement reformer mon colombier. J’ai alors acheté quatre pigeons chez un de mes oncles, puis d’autres chez Florent Boekstaens de Koningshooikt, qui détenait d’excellents sujets issus de la lignée Peke Coek de Heist. Avec ces pigeons, j’ai obtenu de très bons résultats.
Par la suite, j’ai introduit des pigeons des frères Peeters de Beersel, de Sas de Berlaar, de Sus van den Brul, ainsi qu’une excellente femelle de Rijke Miel de Begijnendijk.
C’est avec ce matériel de base que j’ai réellement formé la colonie que je possède aujourd’hui.
Il m’arrive encore d’introduire un pigeon étranger dans ma colonie, mais je procède toujours avec méthode. Si c’est une femelle, je l’accouple successivement à trois mâles différents de ma souche. C’est, à mon avis, la meilleure manière d’évaluer sa valeur en tant qu’éleveuse. Les jeunes issus de ces essais sont ensuite accouplés à des pigeons de ma lignée.
Il m’arrive parfois de pratiquer un accouplement entre demi-frère et demi-sœur, mais, en général, je privilégie le croisement cousin-cousine. Avant d’introduire un nouveau pigeon, je veux être entièrement certain de ses qualités. Un apport de sang neuf ne se justifie que s’il apporte un réel progrès.
3. À quoi attachez-vous le plus d’importance : au colombier, aux pigeons, à la race, à l’alimentation ou à d’autres facteurs ?
Des pigeons de qualité logés dans un colombier sec et bien aéré, voilà l’essentiel. Par « qualité », j’entends la valeur intrinsèque de l’oiseau, peu importe son origine. On vend et achète aujourd’hui trop de pigeons sans réelle valeur. Je connais des pigeons présentés comme des champions dans les journaux qui, en réalité, ne le sont pas.
J’accorde également une grande importance à l’alimentation, qui reste pratiquement la même tout au long de l’année. Ce mélange, simple mais équilibré, m’inspire confiance : 20 % d’orge, 20 % de pois, 20 % de froment et 40 % de maïs. Lorsque les pigeons élèvent des jeunes, je retire l’orge et j’augmente la proportion de légumineuses.
4. Que pensez-vous des cures préventives ?
Après la saison sportive, j’administre une cure contre la coccidiose et la trichomonose afin que les pigeons soient en bonne santé lors de l’accouplement de fin novembre pour l’élevage hivernal.
Vers le 15 février, je renouvelle la cure, puis plus rien. Chaque année, je fais analyser les fientes et, s’il n’y a rien d’anormal, je ne donne aucun médicament.
Il est important de souligner qu’après chaque cure contre la trichomonose et la coccidiose, je donne quelques jours de vitamines. En saison, j’en administre parfois pendant deux ou trois jours au milieu de la semaine.
5. Que pensez-vous de la vaccination ?
Je vaccine contre les poquettes depuis près de quinze ans, généralement au mois de mai. J’aimerais rappeler que cette vaccination ne doit être pratiquée que sur des pigeons en parfaite santé, faute de quoi leur condition risque de se dégrader.
6. Jouez-vous avec les vieux ou les jeunes, et à quelles distances ?
Je joue aussi bien les jeunes que les vieux dans les concours de vitesse et de demi-fond. Le demi-fond m’intéresse davantage, mais je tenterai cette année ma chance dans quelques beaux concours de fond.
7. Quand accouplez-vous les reproducteurs et les pigeons destinés aux concours ?
J’accouple tous mes pigeons, reproducteurs et voyageurs, vers le 28 novembre. Les œufs des éleveurs sont couvés par les voyageurs, qui élèvent également cette première tournée de jeunes.
Les éleveurs refont ensuite une seconde ponte qu’ils élèvent normalement. Les premiers œufs des voyageurs ne restent donc pas au colombier, et les jeunes élevés par les voyageurs en décembre-début janvier proviennent des éleveurs.
La deuxième tournée de jeunes est séparée de la première, car je ne mets jamais ensemble des jeunes d’âges différents. La première tournée (élevée en hiver) est placée dans un colombier, la seconde (les précoces) dans un autre.
8. Quelle est, selon vous, la meilleure méthode pour jouer les jeunes ?
J’exploite autant que possible l’instinct naturel. Pour cela, j’accouple de jeunes femelles à de vieux mâles, et, le jour de l’enlogement, je place dans le colombier d’une trentaine de jeunes mâles une dizaine de vieilles femelles.
Je ne fais cela que pendant la période des concours de jeunes. Durant la phase d’entraînement, les mois précédents, je les garde calmes. À partir d’août et jusqu’en octobre, je joue avec des pigeonneaux accouplés, de préférence avec des petits jeunes au nid.
9. Et quant aux veufs : élevage avant la saison, entraînement, soins ?
Comme je l’ai déjà mentionné, les voyageurs sont accouplés vers le 28 novembre. Après avoir élevé une tournée de jeunes (œufs des éleveurs), ils sont séparés puis accouplés à nouveau les 27-28 mars. Ils couvent environ dix jours avant d’être mis au veuvage.
L’entraînement se fait fenêtres ouvertes : au début de la semaine, les sorties sont courtes, mais en fin de semaine, je les laisse voler environ une heure matin et soir. En cas de grand froid ou de mauvais temps, ils restent au colombier.
10. Montrez-vous la femelle avant l’enlogement ?
Oui, toujours. Je procède de la manière suivante : les mâles sont enfermés dans une partie du casier avec le plateau. Dès que tout le monde est à sa place, je prends les femelles et les place dans l’autre partie du casier. Cela demande du temps, mais ainsi chaque mâle voit sa femelle pendant une petite demi-heure.
Je tiens à préciser que les partenaires ne doivent que se voir avant l’enlogement, chacun restant dans son compartiment.
11. Combien de temps laissez-vous les femelles auprès des mâles à la rentrée, et modifiez-vous alors l’alimentation ou la boisson ?
Lorsque le déroulement du concours est normal, les femelles restent deux à trois heures avec les mâles. Les retardataires ou les pigeons rentrés tard gardent leur femelle jusqu’au lendemain matin.
À leur retour, j’ouvre les casiers, je nourris sur le plancher et je leur laisse la liberté avec les femelles. Ce jour-là, ils ne reçoivent que des granulés. Rien n’est ajouté à l’eau de boisson, mais du lundi au mercredi je leur donne du thé.
12. Donnez-vous des petites graines aux veufs ?
À partir du mardi soir, je distribue environ deux grammes par pigeon d’un mélange moitié colza – moitié chanvre. Je nourris toujours sur le plancher, que je nettoie deux fois par jour. L’hygiène est primordiale.
13. Que faites-vous après la saison ?
Après la saison, les pigeons peuvent encore couver une fois, puis ils sont séparés, car j’accouple toujours très tôt, dès le 28 novembre.
14. Que pensez-vous de l’alimentation et de l’emploi des verdures et petites graines pendant la mue ?
Pendant la mue, je garde mon mélange habituel mais sans granulés. Je ne donne jamais de verdures.
15. En guise de conclusion, que pourriez-vous encore conseiller à nos lecteurs ?
Le meilleur conseil, selon moi, est de laisser autant que possible les pilules, poudres et liqueurs de côté. Quand les pigeons ne sont pas en ordre, il faut d’abord en rechercher la cause. Dans ce cas, une visite chez un vétérinaire me paraît toujours préférable à des traitements hasardeux.
[ Source: Article édité par M. Gust Ducheyne – Revue PIGEON RIT ]
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