Coryza herpetique chez les pigeons voyageurs
31 octobre 2025 Par admin

Coryza herpétique chez les pigeons voyageurs

Coryza herpetique chez les pigeons voyageurs

Débutant :

Le dialogue est un procédé qui tend à approcher la vérité et à résoudre les problèmes qui se posent.
En colombophilie, les questions ne manquent pas : pourquoi un pigeon est-il bon ou mauvais ? Pourquoi est-il en forme ou non ?
Je sais que tu aimes ces interrogations… mais y répondre te paraît-il possible ?


Victor :

« Rerum cognoscere causas », connaître la cause des choses, a toujours été le but des recherches pour atteindre la vérité.
Et tu poses une première question essentielle : pourquoi un pigeon est-il bon ou mauvais ?
Quelles sont les bases qui conditionnent la qualité d’un pigeon ?
Quant à ses performances sportives, la question est encore plus complexe, car il est très difficile de tirer des conclusions claires lorsqu’il y a une multitude de causes possibles.


Débutant :

Cette année, tu as dû te poser pas mal de questions… Car depuis que je te connais, tu n’as jamais connu une saison aussi mauvaise. Pourquoi ?


Victor :

Ma saison sportive, comme tu le dis, n’a effectivement jamais été aussi décevante.
La conscience de mon ignorance, à 85 ans, me pousse à rechercher la vérité.
Et cette vérité, je dois la trouver dans l’examen des causes qui ont pu mettre mes pigeons hors d’état de bien se classer.
Je n’ai pas, cette année, connu cette joie que ressent tout colombophile dans l’attente de ses pigeons, cet espoir de les voir arriver en tête.
Or, l’espoir est ce qu’il y a de plus beau au monde : c’est un rêve que l’on vit éveillé.


Débutant :

Et tu n’as rien fait, ou rien pu faire, pour redresser la situation ?


Victor :

Début juillet, j’ai remis à un laboratoire de la province d’Anvers un de mes pigeons de l’équipe de jeu pour un examen complet, autopsie comprise.
Les analyses n’ont révélé aucune maladie ni infection apparente.
Le résultat m’a surpris, car j’étais convaincu que mes pigeons n’avaient pas cette santé parfaite qui engendre la forme.
Le fait que leurs prestations restaient en dessous de la moyenne en juillet et début août me faisait douter des conclusions du laboratoire.

Personnellement, j’étais persuadé que mes pigeons souffraient d’un herpèsvirus.
J’ai alors relu, pour la énième fois, les travaux du professeur H. Vindevogel sur ce virus, et j’ai décidé de faire appel à son laboratoire de l’École vétérinaire de Liège.
Douze pigeons de mon équipe de jeu furent envoyés à Liège.
L’examen — très complexe — révéla que mes pigeons souffraient d’une inflammation des voies respiratoires supérieures, causée par l’action du virus P.H.V. (Pigeon Herpes Virus).
Le virus du coryza herpétique avait préparé le terrain à une surinfection bactérienne (staphylocoques).


Débutant :

Et quel traitement t’a-t-on conseillé ?


Victor :

Pour le virus de l’herpès, on m’a expliqué qu’il n’existe encore aucun traitement curatif.
Aucun vaccin vraiment efficace n’a été trouvé, et nous nous heurtons là à un mur.
En revanche, pour les bactéries responsables de la surinfection, on m’a recommandé une cure d’antibiotiques d’au moins dix jours.


Débutant :

À quoi remarque-t-on qu’un pigeon souffre du coryza herpétique ? Le sais-tu ?


Victor :

Oui, j’ai appris plusieurs choses à ce sujet.
Quand les pigeons n’ont plus de plaisir à voler, il faut les examiner.
Chez la plupart des miens, j’ai remarqué que l’intérieur du bec était plus rouge que rose, que la fente palatine restait fermée, que le bec n’était pas blanc à l’avant et que la tête paraissait légèrement gonflée sur les côtés.
Ma conclusion est simple : mes pigeons ne pouvaient pas suivre les autres, ceux dont les voies respiratoires étaient intactes.
Ces derniers peuvent respirer plusieurs fois par seconde, à chaque battement d’aile, et maintenir un rythme cardiaque pouvant atteindre 400 battements par minute.

J’ai la conviction que tous les pigeons dont les voies respiratoires sont en parfait état se classent bien.
Dans le cas contraire, même les meilleurs sujets doivent s’avouer battus… et il est presque impossible de redresser la situation — à moins que…


Débutant :

À moins que quoi ? Et dis-moi : pourquoi le pigeon succombe-t-il à l’herpèsvirus ?


Victor :

Je me souviens d’une phrase du grand champion Georges Fabry.
Un jour, alors qu’il était venu chez moi et que je me plaignais de la difficulté à mettre mes pigeons en forme, il me dit :

« Il n’y a qu’un moyen pour combattre le coryza : augmenter la résistance naturelle des pigeons en les faisant séjourner tout l’hiver dans une volière bien ouverte. Le virus n’aime pas cela ! »

Et il ajouta :

« Ton colombier, au milieu des bois, baigne dans une ambiance humide. Fais-les vivre dehors quelque temps, et tu verras : le coryza disparaîtra sans doute. »


Débutant :

Tu ne vas donc pas supprimer tes pigeons parce qu’ils ont mal voyagé ?


Victor :

Pas du tout.
J’ai d’ailleurs constaté que mes femelles veuves, qui séjournent dans une volière complètement ouverte sur trois côtés, avec le vent qui y circule librement, ont toutes le bec rose, la fente palatine bien ouverte et une respiration fluide.


Débutant :

Mais le virus ne se transmet-il pas à ces femelles lorsqu’elles rejoignent les mâles atteints ?


Victor :

Non, car elles ont une résistance naturelle renforcée par le séjour prolongé à l’air libre.


Débutant :

Penses-tu qu’il existe beaucoup de colombiers infectés par le coryza herpétique ?


Victor :

D’après les recherches menées par le professeur H. Vindevogel, sur 50 colombiers différents (100 pigeons examinés, soit deux par colombier), 82 sujets étaient porteurs du virus.


Débutant :

C’est effrayant…
Ce qui me fait conclure que tous les pigeons ayant des voies respiratoires en parfait état se classent bien, tandis que les autres ratent ou n’obtiennent que de petits prix, faute de pouvoir suivre le rythme respiratoire nécessaire.
Voilà sans doute le véritable « pourquoi » de nombreux échecs.


Noël De Scheemaecker


Notice :

Lorsqu’on sait qu’un pigeon, en plein vol, bat ses ailes jusqu’à 400 fois par minute, et que chaque battement est synchronisé avec un cycle respiratoire, on comprend l’importance vitale de son système respiratoire.
La moindre défaillance devient un handicap majeur.
Et plus la distance de vol est longue, ou les conditions difficiles (température élevée, vent de bec, humidité), plus la performance du pigeon en sera affectée.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]

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