Paratyphose et vaccination chez le pigeon
29 octobre 2025 Par admin

Paratyphose et vaccination chez le pigeon

Paratyphose et vaccination chez le pigeon

La Paratyphose chez le Pigeon Voyageur

On entend régulièrement parler de paratyphose chez le pigeon — ou salmonellose, ce qui désigne en réalité la même maladie — notamment à propos de mal d’aile, de boiteries ou encore de mortalité au plateau. Cette affection se manifeste sous des formes multiples, avec une virulence très variable : elle peut aller d’un simple épisode ponctuel, souvent attribué à tort à une autre cause, jusqu’à une épidémie grave entraînant la mort brutale de jeunes et d’adultes (en particulier les femelles), accompagnée de blocages articulaires d’une aile ou d’une cuisse.

Les formes aiguës, bien que spectaculaires, ont au moins l’avantage d’être facilement identifiables. En revanche, les atteintes discrètes et répétées sont beaucoup plus insidieuses : elles paraissent presque bénignes, mais leurs conséquences intestinales, rénales ou hépatiques rendent toute performance sportive impossible.

Pendant longtemps, la salmonellose a été considérée comme une maladie prévenable par vaccination, mais de manière assez aléatoire. On préférait alors recourir aux antibiotiques.
Les souches de Salmonella typhimurium isolées chez le pigeon se révèlent — selon les antibiogrammes — sensibles à plusieurs antibiotiques classiques :

  • Bactrim (association sulfamide + triméthoprime),

  • chloramphénicol,

  • furaltadone,

  • Baytril,

  • et, dans une moindre mesure, aux tétracyclines (Terramycine, Doxycycline, Auréomycine).

Cependant, le chloramphénicol est inefficace chez le pigeon, car éliminé en moins d’une demi-heure après ingestion. De plus, son usage prolongé provoque de graves anémies, et il est désormais interdit.
La furaltadone est elle aussi interdite, en raison de son caractère cancérigène.

Le Baytril reste actuellement le traitement de référence, mais il faut l’utiliser avec discernement. Ce produit favorise rapidement l’apparition de résistances bactériennes, ce qui compromettrait son efficacité future. Il convient donc d’agir à bon escient et de ne jamais traiter « à l’aveugle ».

En effet, Salmonella est un microbe résistant et récidivant, capable de se loger dans des organes peu irrigués, d’où il peut réinfecter l’organisme si le traitement antibiotique n’a pas été correctement mené. De plus, il est fréquent que d’autres germes s’associent à la salmonelle, rendant nécessaire une adaptation du protocole thérapeutique.
À cela s’ajoute la désinfection obligatoire du matériel et des installations, afin d’éviter toute rechute.

Certains colombophiles administrent régulièrement de petits rappels antibiotiques par l’eau de boisson, mais cette pratique entraîne inévitablement une résistance microbienne accrue. D’où l’intérêt de la vaccination.


Vaccination contre la Paratyphose

Il faut rappeler que la vaccination n’est efficace qu’à titre préventif, sur un cheptel sain, ou en complément d’un traitement en milieu déjà infecté.
L’utiliser seule, à titre curatif, dans un colombier contaminé, peut provoquer une explosion de la maladie dans les jours qui suivent.

Les débats ont longtemps porté sur la supériorité du vaccin huileux, réputé plus durable, mais les études récentes montrent :

  • une efficacité équivalente entre vaccin huileux et aqueux, le second étant simplement plus facile à manipuler ;

  • la nécessité d’une dose minimale de 2 milliards de germes tués par injection ;

  • la nécessité de rappels : trois injections au total, espacées de trois semaines chacune, offrant la protection la plus solide et la plus durable ;

  • puis un rappel semestriel (tous les 6 mois).

En milieu infecté, cette vaccination doit suivre immédiatement un premier traitement antibiotique, avec un rappel antibiotique de 3 jours avant chaque vaccination de rappel.

Le vaccin est préparé à partir de Salmonella typhimurium var. Copenhagen, tuée et inactivée. L’expérience montre qu’un autovaccin (fabriqué à partir de la souche propre du colombier) n’apporte aucun avantage réel par rapport à un vaccin de stock bien conçu et disponible sur le marché.

Des recherches ont permis d’isoler une souche atténuée, sans virulence et dotée d’un fort pouvoir immunisant, ouvrant la voie à un vaccin vivant. Toutefois, le risque qu’un tel germe retrouve soudainement sa virulence rend cette solution trop dangereuse pour être utilisée. Certaines maladies humaines récentes rappellent d’ailleurs le danger potentiel de telles mutations.

Docteur vétérinaire J.-P. Stosskopf


Notice pratique (rappel d’usage)

En milieu infecté :

  • administrer du Baytril à raison de 2 cc par litre d’eau de boisson pendant 10 jours,

  • puis effectuer la première vaccination,

  • ensuite, deux rappels espacés de 3 semaines, précédés chaque fois de 3 jours de Baytril avant la vaccination.


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

Pour vous abonner au Magazine PIGEON RIT – Cliquez sur le bouton ci-dessous !

pigeon rit banner


ping gauche - pigeonLa vaccination contre la paratyphose – pigeon voyageur

ping gauche - pigeonLa vaccination des pigeons: le colombovac paratyphus