Juin, mois capital pour les pigeons voyageurs

Juin devrait être le mois décisif de la saison des pigeons adultes. C’est la période-clé pour l’amateur de grand demi-fond et de fond. Mais il est impossible de réussir au-delà de 400 km — et surtout au-delà de 600 km — sans des pigeons parfaitement reposés.
Reposés ne veut pas dire inactifs. On peut, à la rigueur, les laisser en volière, au grenier, bien éclairée et correctement aérée, pendant trois semaines sans les sortir. C’est même un excellent moyen pour remettre un pigeon en forme, surtout un mâle, en le gardant seul dans une volière absolument sèche, ou accompagné de quelques autres mâles isolés.
Mais il est alors important que sa femelle (ou leurs femelles) soit accouplée entre-temps avec un autre mâle, dans son propre casier. Il faut également que les sujets mis à l’écart à des fins sportives soient nourris avec la plus grande parcimonie, au moyen de graines à faible valeur nutritive. Ce sont là deux points essentiels sur lesquels trébuchent souvent les débutants et les maladroits, encore trop nombreux parmi nous.
Commençons par dire que c’est souvent en voulant trop, avec des moyens limités, que le petit amateur voit passer dimanche après dimanche sans récolter autre chose que des prix de queue ou des “buses”.
La juste mesure du vrai joueur
L’idéal pour un colombophile — grand, moyen ou petit — serait de pouvoir jouer tous les dimanches, ainsi que les jours de fête en semaine, sans oublier les lundis de kermesse. Cet idéal n’est pas impossible à atteindre, mais il reste très difficile à réaliser sans nuire à la colonie pour celui qui ne sait pas mesurer ses chances froidement et, disons-le, impitoyablement.
Le nombre de pigeons engagés durant la saison importe peu. C’est un facteur négligeable lorsqu’on veut établir un palmarès dont on peut être fier. Ce qui compte, c’est de n’enloger que les sujets auxquels on peut faire une confiance totale. En d’autres termes, ne jouer que ceux qui ont prouvé qu’ils le méritent. Les autres peuvent tranquillement rester au colombier en attendant des jours meilleurs, ou disparaître définitivement.
Les pigeons d’essai — ceux que le colombophile ne connaît pas encore suffisamment — doivent bien sûr être testés. Enlogez-les comme supplémentaires, ou, si vous êtes en avance au classement, dans des séries où ils peuvent aider les bons à remporter un prix.
Les semaines où vous ne sentez aucun sujet sûr, abstenez-vous tout simplement. Profitez-en pour offrir à votre épouse et à vos enfants une excursion dans une atmosphère détendue. Cela vaudra bien mieux que de passer la journée à ruminer votre déception si les lâchers sont retardés, ou si, après de longues heures d’attente, la course se termine en échec.
Le travail intelligent des pigeons de concours
Certains pigeons de concours doivent aller au panier chaque semaine, voire plus souvent. Les étapes de dressage sont là pour les maintenir en haleine.
J’ai rarement obtenu de meilleurs résultats qu’en envoyant mes pigeons de jeu deux fois par semaine, parfois trois. Peu importe la distance : 30 à 40 km suffisent. De temps en temps, une étape de 50 à 70 km, ou un peu plus, ne fait pas de tort, à condition que l’enlogement ait lieu le matin même. En enlogeant la veille, on risque de se retrouver avec un temps désastreux, alors qu’on aurait pu s’abstenir le lendemain.
Le traitement des mâles isolés en volière
Venons-en maintenant aux mâles gardés au moins une semaine en volière, sans aucune sortie, tandis que leurs compagnes sont accouplées à d’autres sujets.
Avant tout, laissez-les un jour sans aucune nourriture. Prenez-les en main le lendemain : s’ils vous semblent encore un peu trop lourds, forcez le jeûne un jour de plus. L’ossature et les plumes doivent se resserrer, le corps devenir ferme, compact, et le poids sembler diminuer de moitié.
À ce moment-là, vous pouvez recommencer à nourrir discrètement, une seule fois par jour, de préférence l’après-midi. Ne compliquez pas inutilement les choses : un mélange dépuratif est tout indiqué pour les pigeons “hors gonds” ou lents à revenir en forme.
Ne croyez pas qu’un pigeon qui commence à se sentir bien passe sa journée à somnoler sur le perchoir. S’il en ressent le besoin, il battra des ailes de lui-même, notamment chaque fois que vous monterez au pigeonnier pour le repas quotidien.
Avant de lui donner quoi que ce soit, attendez qu’il ait battu des ailes pour ventiler son appareil respiratoire, comme il le ferait en plein vol.
Une fois par semaine, vous pouvez remplacer le tiers ou la moitié de la ration par des pois bruns — absolument secs et sains — pour assurer à l’oiseau un apport en protéines, dont il a certes moins besoin lorsqu’il ne vole pas, mais qui restent indispensables.
Deux semaines d’un tel régime, accompagnées de prises en main fréquentes pour contrôler le poids et la forme, transformeront entièrement vos mâles. Vous aurez peine à les reconnaître, si vous êtes bon observateur et si vous passez les voir au grenier une fois par semaine, avant même que le jour ne soit levé.
Henry Landercy
[ Source: Article édité par M. Henry Landercy – Revue PIGEON RIT ]
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