Les pigeonneaux

Je dois dire que mes pigeonneaux n’ont pas été placés dans l’obscurité au moment du sevrage. Suite à la mauvaise expérience et aux pertes de l’an dernier, j’ai attendu jusqu’au 1ᵉʳ mars avant de pratiquer l’obscurité. Auparavant, je les mettais dans le noir dès les premiers jours de sevrage. Pourtant, le Dr Stam affirme qu’une période d’obscurité de 12 heures, par exemple de 20 h le soir à 8 h le lendemain matin, est suffisante pour ralentir la mue. Jusqu’à fin février, les nuits sont d’ailleurs suffisamment longues.
Ad Schaerlaeckens, qui à mes yeux est l’un des plus grands spécialistes des jeunes pigeons, m’a également confié « pratiquer l’obscurité » à partir du 1ᵉʳ mars. Je ne sais pas encore si cette méthode permettra réellement de limiter la mue, mais cela vaut la peine d’essayer.
Les rideaux sont fermés de 17 h–18 h jusqu’à 8 h–9 h le matin, selon mon heure d’arrivée. Je n’en suis pas à une demi-heure près.
Autre point
Suite à l’expérience de l’an dernier, j’ai été cette année plus vigilant que jamais avec mes jeunes.
Au début de février, j’ai remarqué plus ou moins le même phénomène que l’an passé : les jeunes n’étaient pas malades, mais ils ne semblaient pas à 100 % de leur forme. Les fientes auraient pu être un peu plus sèches et, après un examen attentif, j’ai découvert quelques jeunes pigeons présentant soit un œil humide ou légèrement gonflé, soit des caroncules grisâtres.
Je présume que la cause, comme l’année dernière, provient d’un léger courant d’air venant des grillages du sol, à l’endroit où les jeunes se tiennent le plus souvent lorsqu’ils ne sont pas dans les casiers.
L’an dernier, j’avais laissé les choses suivre leur cours, espérant une amélioration qui ne fut que partielle. Les pigeonneaux n’étaient pas vraiment malades, mais ils manquaient de condition et, par conséquent, ne volaient pas. Lorsqu’ils furent de nouveau en ordre et recommencèrent à voler sérieusement, j’avais déjà perdu presque la moitié de l’effectif.
Cette année, je n’ai pas laissé la situation dégénérer : j’ai pris immédiatement des mesures plus drastiques.
J’ai d’abord vérifié l’éventuelle présence de trichomonose ; les jeunes n’en avaient pas.
Il me restait un peu d’Altabactine, un produit qui donnait d’excellents résultats dans la plupart des infections intestinales et les cas de mauvaise condition, mais qui n’est malheureusement plus disponible sur le marché.
Du 8 au 12 février, j’ai administré l’Altabactine à raison de 2 g par litre d’eau. Immédiatement après, du 13 au 18 février, les pigeons ont reçu une cure de Doxycycline dans l’eau de boisson, suivie de deux jours de vitamines.
Bien que les pigeons ne soient pas vraiment malades avant le traitement, la différence après fut très nette : les fientes étaient plus sèches, les têtes plus fines, les plumes autour des oreilles paraissaient plus brillantes, et je ne remarquais plus aucun œil humide ou gonflé. Les jeunes ont commencé à voler davantage dès le début de la cure.
Le 25 mars, ils furent vaccinés contre les poquettes et la diphtérie, en même temps que contre la paratyphose.
Début avril, ils ont reçu une injection contre la paramyxovirose.
Au moment où j’écris ces lignes, à la mi-avril, et sans incident à signaler, je vois l’avenir de mes pigeonneaux sous un jour beaucoup plus favorable que l’an dernier.
J’ai eu quelques pertes, certes, mais ils volent bien et s’éloignent déjà du pigeonnier : c’est un vrai plaisir à voir.
Si le temps le permet, je commencerai les entraînements d’ici quelques jours.
Après le 18 février, ils n’ont reçu que de l’eau pure, et sont restés jusqu’à ce jour en parfaite santé.
Mi-mai débuteront les concours pour pigeonneaux ; mais avant cela, ils recevront encore une cure de cinq jours au Ronidazole.
Ensuite, durant la saison des concours, je leur donnerai toutes les deux à trois semaines, pendant un jour et demi à deux jours, un rappel contre la trichomonose en début de semaine.
Conclusions
J’ai entendu dire à plusieurs reprises que certains colombophiles traitent leurs pigeonneaux directement après le sevrage, pendant cinq à huit jours, avec de l’Altabactine ou un produit similaire.
Ils considèrent cela comme un grand nettoyage éliminant les bactéries et microbes pathogènes.
Personnellement, je ne l’ai jamais fait, mais je peux admettre que c’est un bon système.
William Geerts m’a récemment confié qu’il administre depuis plusieurs années un produit à ses jeunes, grâce auquel il n’a jamais rencontré de problèmes. Je ne me souviens plus du nom exact, mais il s’agit probablement d’un produit comparable à l’Altabactine.
Au vu des résultats actuels et de la nette différence observée par rapport à l’année dernière, j’ai décidé, l’an prochain, de ne plus attendre : je donnerai immédiatement après le sevrage, et après la cure contre la trichomonose, une cure avec un produit actif contre les maladies intestinales.
D’ici là, j’aurai certainement trouvé une alternative efficace à l’Altabactine.
A. Roodhooft
Notices
Tous les jeunes pigeons de Monsieur A. Roodhooft reçoivent au sevrage un comprimé de Spartrix.
Fin janvier, tous les jeunes étaient sevrés et ont reçu pendant cinq jours une cure de Ronidazole à 10 %.
Fin février, une cure de cinq jours d’Altabactine, suivie d’une cure finale de cinq jours de Doxycycline, leur a été administrée.
Comme les nuits restent suffisamment longues jusqu’à fin février, André Roodhooft a pratiqué l’obscurité, cette année, à partir du 1ᵉʳ mars, de 17 h–18 h le soir à 8 h–9 h le matin.
[ Source: Article édité par M. André Roodhooft – Revue PIGEON RIT ]
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L’obscurité au colombier – pigeon voyageur
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