Le courrier des lecteurs n°6– pigeon voyageur
28 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°6– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°6– pigeon voyageur

Question :
Un pigeon appartenant à Heli Delbart, de Yves-Gomezée, qui s’était classé 1.172e sur 8.807 pigeons au concours de Limoges des deux ans en 1989, a commencé à gonfler le lendemain de son retour, jusqu’à devenir le double de son volume.
Lorsque Heli prenait son pigeon en main, il ne sentait plus ni le bréchet ni les muscles pectoraux. Des amis lui ont conseillé de le tremper chaque jour dans de l’eau tiède additionnée d’un peu de javel (chlore). Après quinze jours, le pigeon redevint normal. Heli voudrait savoir ce que son pigeon a eu.

Réponse :
Votre pigeon a présenté une rupture d’un sac aérien, l’un des neuf sacs extrêmement fins situés sous la peau, en communication avec les poumons et certains os longs.
Si la paroi de l’un de ces sacs se fend (à la suite d’un choc ou, plus rarement, d’un abcès), un peu d’air s’échappe à chaque inspiration et s’infiltre sous la peau, provoquant un gonflement progressif et un décollement de la peau par rapport aux chairs sous-jacentes.
Ce phénomène disparaît généralement de lui-même, mais la guérison peut être accélérée en incisant la peau sur environ deux centimètres à la pointe du bréchet (à la limite du jabot) pour permettre à l’air de s’échapper, tout en exerçant une légère pression avec les deux mains.
Pour éviter une circulation trop rapide de l’air, on peut appliquer un peu d’huile boriquée en pommade grasse sur les bords de la plaie.
Il faut renouveler l’opération plusieurs jours de suite. Le pigeon retrouvera ensuite son état normal.


Question :
Un lecteur de Gilly a, chaque année en fin de saison, des problèmes de paramyxovirose. Il voudrait savoir quel est le remède le plus efficace, à quel moment il faut vacciner et combien de fois par an.
La vaccination au moyen de gouttes (La Sota) dans les yeux et les narines est-elle aussi efficace ?
Il souhaite également savoir comment traiter le coryza.

Réponse :
Il n’existe aucun remède spécifique agissant directement sur le virus de la paramyxovirose. On ne peut qu’agir de manière indirecte :

  • en luttant contre les germes secondaires (colibacilles, staphylocoques, etc.) par des antibiotiques à large spectre administrés dans l’eau de boisson ;

  • en limitant le stress dû à l’infection virale et microbienne par l’administration d’un complexe polyvitaminé (A, B, C, etc.).

La véritable méthode de prévention reste la vaccination.
Le vaccin La Sota est délicat à employer et ne confère qu’une protection de courte durée, rarement supérieure à trois mois. Administré dans l’eau de boisson, il est totalement inefficace.
Les vaccins inactivés sont les seuls réellement efficaces. Je recommande leur utilisation :

  • en mars, sur le premier couvage, pour l’ensemble des adultes et les pigeonneaux précoces s’il y en a ;

  • ensuite, pour les pigeonneaux, vaccination systématique au moment du sevrage à partir du flacon conservé au réfrigérateur.

Les vaccins inactivés peuvent être utilisés plusieurs mois après ouverture, à condition d’être gardés dans la porte du frigo. La voie intramusculaire est parfaitement tolérée, même chez les jeunes, à condition de respecter ces règles :

  • sortir le vaccin du frigo quelques heures à l’avance pour qu’il soit à température ambiante ;

  • effectuer une injection intramusculaire profonde (au moins 2 cm) ;

  • frictionner énergiquement le point d’injection immédiatement après pour éviter la formation de boules ou de lésions musculaires.

Ainsi, la protection est optimale. La paramyxovirose ne peut apparaître que, par malchance, chez des pigeonneaux tout récemment vaccinés (la protection se mettant en place après 2 à 3 semaines).

Pour le coryza, avant d’utiliser des gouttes ou une pommade fluide, il faut :

  • traiter préalablement la trichomonose ;

  • vérifier l’aération du colombier, éliminer les poussières et les odeurs irritantes.


Question :
Guillaume Dewael, de Liège, a construit une annexe à son pigeonnier.
Dimensions : 2,20 m de long, 2 m de large et 1,80 m de haut.
L’aération frontale se fait par une ouverture de 60 cm sur 50 cm, équipée d’un moustiquaire.
Guillaume souhaite ajouter une aération dans le toit (doublé) pour favoriser le mouvement de l’air. Quelle doit être la dimension de cette ouverture ?

Réponse :
La dimension de la sortie d’air varie selon son emplacement dans le toit ou à proximité du faîte, ainsi que selon l’orientation et l’environnement (murs, déclivité, bâtiments voisins, etc.).

D’un point de vue purement arithmétique, il faut renouveler environ 8 m³ d’air toutes les deux minutes, soit 4 m³ par minute.
Cela implique une vitesse de passage d’environ 65 mètres/minute (4 km/h), ce qui est considérable.
L’ouverture actuelle de 60 x 50 cm est donc insuffisante et devrait être au moins doublée, de même que la sortie d’air.

Le test de la cigarette reste un excellent moyen de contrôle. Il doit être répété plusieurs fois, notamment lorsque la direction du vent change.


Question :
Bernard Estardie, de Luzeck, a contracté une ornithose qui a provoqué des alvéolites dans ses deux poumons.
La maladie a débuté comme une forte grippe, avec 39,5 à 40,5 °C de fièvre pendant quatre jours. Le septième jour, à la fin d’un traitement antibiotique à large spectre, la fièvre est remontée à 39,5 °C.
Une radiographie pulmonaire et une sérologie ont alors confirmé le diagnostic d’ornithose. Un traitement à base de tétracyclines a rapidement fait tomber la fièvre.

Il pose plusieurs questions :

  1. Existe-t-il une prophylaxie spécifique pour cette maladie ?

  2. À défaut, quelles précautions prendre lors des soins au colombier pour éviter la contamination ?

  3. Une personne ayant déjà été contaminée est-elle immunisée ou, au contraire, sensibilisée au point de risquer une récidive ?

  4. Doit-il se séparer de ses pigeons ?

Réponse :
Je pense que ce diagnostic devrait être précisé.

  1. Cette ornithose confirmée sérologiquement ne se complique-t-elle pas d’une alvéolite allergique, également appelée maladie des éleveurs d’oiseaux ? Cette affection, de nature allergique (type III), impose généralement l’éloignement des oiseaux, sous peine de récidive immédiate.

  2. Une recherche de l’ornithose chez les pigeons aurait dû être effectuée dès le diagnostic chez l’amateur (par séroagglutination).
    Si seule l’ornithose est en cause, une cure prolongée de tétracyclines, associée à une désinfection complète du colombier et de l’environnement, permet normalement une guérison définitive, aussi bien chez l’homme que chez les pigeons.
    Le port d’un masque de protection est recommandé, surtout en cas de prédisposition allergique.

En ce qui vous concerne, la question essentielle est celle de votre éventuelle sensibilité allergique.

Dr Vét. J.-P. Stosskopf


Notices :
Le Dr Stosskopf recommande de vacciner non seulement les pigeons adultes, mais aussi les jeunes, contre la paramyxovirose par voie intramusculaire.
Il précise qu’il faut :

  • utiliser le vaccin à température ambiante,

  • enfoncer profondément l’aiguille (2 cm minimum),

  • frictionner énergiquement le point d’injection après la piqûre.

Le vaccin La Sota reste, selon lui, délicat à manier et d’efficacité courte. Administré dans l’eau de boisson, il est totalement inefficace.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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