Le courrier des lecteurs n°18– pigeon voyageur
Question :
Un colombophile de la région d’Anvers pose une question intéressante à propos de la fente palatine.
Il possède un vieux pigeon de 7 ans, excellent voyageur, avec plusieurs prix à son palmarès. À l’âge de quatre ans, il fut placé au pigeonnier d’élevage. Ce pigeon n’a jamais eu la fente palatine ouverte.
Cette année, il a élevé deux beaux jeunes : un bleu, comme le père, et un écaillé, comme la mère. L’écaillé a toujours eu la fente palatine ouverte et a remporté plusieurs prix de tête, tandis que son frère de nid, le bleu, n’a volé qu’une seule fois dans les prix, mais a toujours eu la fente palatine fermée.
Que faut-il penser de cela ?
Réponse :
L’inflammation des premières voies respiratoires, due aux trichomonas associés à de nombreux microbes possibles (staphylocoques, entérocoques, colibacilles, klebsielles, mycoplasmes…), provoque, lorsqu’elle est aiguë (avec éternuements, jetage, larmoiements, etc.) ou chronique, un épaississement des lèvres de la fente palatine, souvent accompagné de lésions similaires sur les cornets et les parois des sinus. Cette région, anatomiquement complexe, devient alors particulièrement fragile.
Dans ces cas, seuls des traitements fréquents et bien adaptés peuvent apporter une amélioration passagère.
Il existe, bien sûr, différents degrés de gravité dans ces lésions. Notre amateur ne précise pas à quelles distances ce vieux pigeon s’est distingué. Il est toutefois bien connu que les pigeons ayant la fente palatine fermée sont inadaptés aux grandes et moyennes distances, surtout lorsque la température est élevée.
L’hérédité joue évidemment un rôle : certains pigeons, qu’il faut conserver pour la reproduction, sont nettement plus résistants aux microbismes. La qualité de l’aération du colombier est aussi essentielle (un simple test avec la fumée d’une cigarette peut être révélateur).
En dehors d’une conception correcte du colombier – seule véritable solution pour éviter les rechutes – un traitement antibiotique isolé ne suffit pas. Il faut s’assurer que les antibiotiques utilisés sont réellement efficaces contre les germes en cause, très variables, et qu’ils soient associés à un antitrichomonas.
Question :
Un amateur de Sprimont est confronté à un problème sérieux depuis plus d’un an. Ses pigeonneaux sont tristes, mangent mal : certains ne prennent que du maïs, d’autres des pois ou du dari. Fait étrange, une fois lâchés, ils volent longtemps.
Voyant ses pigeonneaux maigrir, il a remis quelques sujets à un centre de dépistage des maladies infectieuses.
Résultat de l’examen :
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Présence de poux piqueurs sur le plumage ;
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Inflammation du jabot, entérite de l’intestin grêle avec selles vertes, hypertrophie du foie ;
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Absence de trichomonose, de coccidiose, de vers et de salmonellose.
La tournée d’élevage après la saison 1991 ne révèle rien d’anormal. L’élevage hivernal de l’hiver suivant réussit très bien. Pourtant, après la séparation des jeunes, le même problème qu’en 1991 réapparaît.
Avec les vieux et les jeunes marqués, il n’est plus possible de remporter un prix valable. Ils maigrissent à nouveau, bien que leurs volées restent bonnes.
Il avait acheté en 1991 deux jeunes à un excellent amateur bruxellois : l’un mourut après cinq jours, l’autre un mois plus tard, sans jamais être sorti du colombier.
Que faire pour résoudre ce problème ?
Réponse :
Vous ne précisez pas s’il s’agit d’un colombier où, auparavant, d’autres pigeons avaient bien volé sans modification des installations.
Le mal ayant à la fois un aspect aigu (les deux jeunes achetés) et un aspect chronique, il me paraît indispensable que deux pigeonneaux n’ayant reçu aucun traitement soient confiés à un laboratoire parfaitement équipé pour un diagnostic complet : analyses sérologiques virales, antibiogrammes, etc.
Jusqu’à présent, tout ce qui a été entrepris semble partiel. De nouvelles maladies, comme l’adénovirose, peuvent présenter des formes de complications encore mal connues et très variables selon les germes associés.
Plutôt que de risquer un diagnostic approximatif, il est préférable de suivre une démarche médicale logique : traiter les poux piqueurs par des bains insecticides et pulvériser le colombier avec une solution adaptée.
Question :
Un amateur de la province de Namur a installé de nouveaux colombiers en 1989. Ses pigeons ont bien volé en 1990 et 1991 dans les concours de grand demi-fond.
Mais à partir de 1992, les performances se sont dégradées et les pigeons ne parviennent plus à se classer honorablement. Fin juin, un vétérinaire a diagnostiqué un simple coryza sec.
Pourtant, les installations, les pigeons, la méthode d’alimentation et le système de jeu sont restés identiques. Des cures contre la trichomonose et la coccidiose sont effectuées régulièrement (toutes les 4 à 6 semaines), et les pigeons sont vaccinés avec La Sota avant et après la saison.
Notre ami pose les questions suivantes :
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Pourquoi, dans les mêmes conditions, les pigeons ont-ils du coryza cette année alors qu’en 1990 et 1991 ils étaient indemnes ?
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Le séjour prolongé dans les paniers peut-il être à l’origine du coryza, par contact avec des pigeons infectés ?
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Les femelles, logées dans un endroit mal aéré, peuvent-elles transmettre le coryza aux mâles ?
Réponse :
Il s’établit progressivement dans les colombiers ce qu’on appelle un microbisme de colombier, responsable de nombreuses déconvenues, dont la plus fréquente est le coryza.
Les contacts avec d’autres pigeons (étrangers, donnés, achetés, échangés) ou les séjours au panier, notamment en cas de lâcher retardé, favorisent la contamination.
Les microbes en cause sont souvent des staphylocoques, mycoplasmes et colibacilles, plus rarement des chlamydies (ornithose). Un herpesvirus peut aussi intervenir, mais il n’agit jamais seul.
Le traitement doit viser à éliminer ces germes et la trichomonose par une cure d’attaque suivie de rappels réguliers toutes les 3 à 4 semaines durant la saison sportive.
Question :
Un lecteur, souhaitant garder l’anonymat, explique son problème :
« Début avril, j’ai remarqué que tous mes pigeons émettaient un bruit sans que je les prenne en main. En les manipulant, j’ai perçu un gargouillement rappelant le bruit d’un papier froissé.
Un vétérinaire spécialisé m’a diagnostiqué la présence d’eau dans les sacs aériens et m’a prescrit un antibiotique vitaminé en trois injections espacées de 24 heures. Le bruit persista malgré le traitement.
J’ai commencé à dresser 14 pigeons et 2 femelles. Sept sont revenus tardivement, mais sans faiblesse apparente. Ces dernières années, j’ai perdu beaucoup de jeunes et de veufs. Une autopsie a révélé une affection virale comparable à une grippe. Dois-je supprimer une partie de ma colonie ou vacciner les jeunes avant le dressage ? »
Réponse :
Votre problème a deux causes :
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Un microbisme respiratoire à base de mycoplasmes et de germes associés (staphylocoques, colibacilles…), nécessitant un traitement énergique par l’eau de boisson et par injections intramusculaires.
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Un problème de ventilation. Ce n’est pas le volume du local qui compte, mais la qualité et la quantité d’air circulant. Une simple fumée de cigarette doit être évacuée immédiatement, quel que soit le vent ou la météo.
Les vapeurs de carburant ou les fermentations du fourrage peuvent aussi altérer la qualité de l’air.
Sans modification des installations, toute amélioration restera temporaire, et les nouveaux pigeons tomberont malades à leur tour. Cette affection, qui touche les sacs aériens, la trachée et parfois le péricarde, laisse des lésions irréversibles empêchant tout retour à la compétition.
Question :
Un colombophile de Loubès-Bernac (France) est confronté depuis deux ans à une diarrhée persistante chez ses éleveurs et leurs jeunes dès qu’ils prennent le grain. Un laboratoire sérieux a évoqué un excès de minéraux. Après les avoir fortement diminués, le problème persiste.
Certains jours, les 20 pigeons élevant des jeunes buvaient jusqu’à 3 litres d’eau. Pourtant, les jeunes sevrés grandissent normalement et restent en parfaite santé.
Comment résoudre ce problème ?
Réponse :
Petite précision : il ne s’agit pas d’un excès de minéraux en général, mais d’un excès de minéraux salés.
La consommation accrue de ces minéraux entraîne un excès de sel, donc une soif excessive, puis une diarrhée. Les minéraux non salés n’ont pas cet effet.
Trois litres d’eau par jour pour 20 pigeons représentent environ trois fois la quantité normale.
Si les jeunes, bien que gras et en forme, présentent une diarrhée, c’est parce que les parents boivent trop et gavent leurs petits d’eau. Ce comportement traduit un déséquilibre organique ou une irritation (peinture à la chaux, engrais, terre traitée au chlorate de soude, etc.).
Une autre hypothèse, à vérifier par coproculture spécifique, est la candidose (Candida albicans), une levure provoquant une diarrhée modérée sans altération générale.
Je vous conseille donc :
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de rechercher toute cause d’intoxication bénigne mais chronique ;
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et, si rien n’est trouvé, de demander un examen de laboratoire complet.
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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