Paramyxovirose du pigeon voyageur : causes, symptômes et prévention efficace

La paramyxovirose est l’une des maladies virales les plus redoutées chez les pigeons voyageurs. Apparue dans les grands élevages de volailles, elle a rapidement touché les pigeons, provoquant de lourdes pertes dans les colombiers. Cette maladie, causée par un paramyxovirus, a obligé les autorités sanitaires à imposer la vaccination annuelle de tous les pigeons voyageurs, devenue aujourd’hui une pratique essentielle pour toute colonie sérieuse.
Ce paramyxovirus appartient à la même famille que ceux responsables des oreillons et de la rougeole chez l’être humain. Il s’agit d’un virus sphérique dont les virions mesurent environ 150 nanomètres de diamètre. Extrêmement résistant dans le milieu extérieur, il peut survivre plusieurs jours dans l’eau, sur les mangeoires, les perchoirs ou la litière contaminée, surtout par temps froid et humide. Cela explique la rapidité avec laquelle la maladie peut se propager dans un colombier mal entretenu.
Les différentes souches du virus
On distingue trois formes principales de paramyxovirus, selon leur vitesse de multiplication dans l’organisme :
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Souche lentogène : multiplication lente, provoque des formes bénignes avec peu de symptômes apparents.
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Souche mésogène : multiplication moyenne, engendre une maladie modérée mais contagieuse.
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Souche vélogène : multiplication rapide, forme la plus virulente et la plus destructrice.
La souche vélogène est celle qui touche le plus souvent les pigeons voyageurs. Le virus possède la capacité d’agglutiner les globules rouges et de provoquer la fusion cellulaire : les cellules infectées fusionnent entre elles et forment des cellules géantes à plusieurs noyaux, appelées polykaryons. Plus la vitesse de multiplication est élevée, plus la destruction des tissus est importante.
Dans un pigeonnier contaminé, 30 à 70 % des pigeons peuvent être atteints, et la mortalité varie généralement de 5 à 10 %, mais peut grimper beaucoup plus haut si des complications bactériennes ou parasitaires surviennent.
Les symptômes caractéristiques
Les symptômes de la paramyxovirose apparaissent environ 5 à 10 jours après l’infection. Ils peuvent être isolés ou se manifester simultanément, selon la gravité de l’atteinte.
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Diarrhée aqueuse : souvent abondante, parfois verdâtre, elle s’accompagne d’une soif intense. Les reins sont touchés, et l’urine s’évacue en grande quantité, signe d’une atteinte rénale.
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Abattement général : les pigeons restent isolés, le plumage gonflé, et se montrent indifférents à la nourriture.
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Tremblements et paralysie : les ailes peuvent pendre, les pattes deviennent rigides, et les mouvements sont mal coordonnés.
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Troubles nerveux : torticolis (tête renversée vers l’arrière), perte d’équilibre, incapacité à se poser ou à viser les graines lors de l’alimentation.
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Troubles de la vision : le pigeon regarde de côté ou par en dessous, comme s’il ne voyait plus correctement.
Ces signes neurologiques sont typiques de la maladie, car le virus atteint le système nerveux central. Cependant, avant de conclure à une paramyxovirose, il faut écarter d’autres causes possibles comme les vers intestinaux, la salmonellose, d’autres infections virales, ou encore une intoxication alimentaire.
Les voies de contamination
Le virus se transmet principalement par :
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le contact direct avec des pigeons infectés,
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l’inhalation de poussières contaminées,
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l’eau de boisson ou les graines souillées par les fientes,
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ou encore par le matériel partagé (abreuvoirs, paniers de transport, etc.).
Il peut aussi se propager par les aérosols dans un environnement fermé.
Une hygiène insuffisante du pigeonnier, une mauvaise ventilation ou une forte densité d’oiseaux favorisent grandement la propagation du virus.
Traitement et prévention
À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique contre la paramyxovirose. Une fois que les symptômes nerveux apparaissent, la guérison complète est rare.
Les pigeons survivants peuvent rester atteints de séquelles permanentes, notamment des tremblements ou une perte de coordination.
Les mesures à adopter sont donc préventives :
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Nettoyer et désinfecter régulièrement le pigeonnier, en éliminant les fientes et en asséchant les zones humides.
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Brûler au chalumeau les planches et les casiers pour détruire toute trace du virus.
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Éviter le surpeuplement et assurer une bonne aération.
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Vacciner tous les pigeons une fois par an, idéalement avant la saison des concours.
Le vaccin stimule la production d’anticorps protecteurs pendant plusieurs mois.
Certains colombophiles administrent des antibiotiques à titre préventif pour limiter les infections secondaires (colibacillose, salmonellose, etc.), mais cela n’a aucun effet sur le virus lui-même.
La vaccination reste le seul moyen réellement efficace pour protéger la colonie.
Les pigeons atteints et survivants guérissent lentement :
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la diarrhée disparaît généralement en 2 à 3 semaines,
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les troubles nerveux peuvent persister jusqu’à 3 à 4 mois.
Pendant cette période, il faut les isoler, leur fournir une alimentation digeste, des vitamines (A, D3, E, B complex) et un environnement calme et propre pour favoriser la récupération.
Conclusion
La paramyxovirose est une maladie grave mais entièrement évitable grâce à une prévention rigoureuse. Une hygiène irréprochable, une vaccination annuelle et une surveillance attentive de l’état sanitaire du colombier constituent les meilleurs moyens de défense.
Protéger vos pigeons voyageurs, c’est aussi protéger tout votre travail d’éleveur et préserver la santé de votre colonie sur le long terme.
Les sursauts de la paramyxovirose du pigeon
