Pigeon voyageur comprendre la maladie des yeux et le coryza au colombier
9 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : comprendre la “maladie des yeux” et le coryza au colombier

Pigeon voyageur comprendre la maladie des yeux et le coryza au colombier

Chaque saison, en particulier lorsque viennent les premières chaleurs, on retrouve soudain au colombier un pigeon — souvent un pigeonneau — avec l’œil gonflé, larmoyant, parfois purulent dès le lendemain.
« Tiens, il a pris un coup de bec », pense l’amateur optimiste. Mais lorsque d’autres cas apparaissent dans les jours suivants, la thèse du simple “coup de bec” ne tient plus.

En réalité, il s’agit du syndrome du coryza, un ensemble de troubles affectant la région “nez-gorge-yeux”, dont les causes sont multiples. Ce coryza, sous ses diverses formes, plus ou moins aiguës ou discrètes, est devenu une véritable plaie moderne de la colombophilie.

Une crise violente dans le colombier peut mettre les pigeons hors de combat pour deux ou trois semaines. Et lorsqu’un coryza chronique s’installe, même peu apparent, il rend tout résultat sportif valable impossible — surtout à bonne distance et par temps chaud. La fameuse “maladie des yeux” n’est en réalité que la forme aiguë du coryza.


Un système anatomique complexe

La région “nez – gorge – oreilles” du pigeon est d’une grande complexité.

  • La bouche communique avec le nez par la fente palatine.

  • Le nez communique avec l’œil via les sinus et le canal lacrymal.

  • L’ensemble est en lien avec les oreilles par les trompes d’Eustache.

Comprendre ces connexions permet de mieux saisir comment l’infection se propage.


Le trichomonas, premier responsable

L’examen microscopique de la salive d’un pigeon atteint de la “maladie des yeux” révèle souvent une grande quantité de trichomonas — parfois plus que de salive elle-même.
Ces parasites, habituellement présents dans la gorge, remontent progressivement, traversent la fente palatine (qu’ils font se refermer par inflammation) et gagnent les fosses nasales et les sinus.
Le canal lacrymal se ferme alors : les larmes ne s’évacuent plus, le pigeon “pleure”.


Quand les germes inoffensifs deviennent dangereux

Tous les êtres vivants hébergent naturellement des germes dits saprophytes, inoffensifs tant que l’équilibre biologique est respecté.
Mais dès que les défenses naturelles du pigeon diminuent — fatigue, chaleur, stress, surpopulation, mauvaise aération — ces germes deviennent pathogènes et contagieux.
Les pigeonneaux, plus fragiles, sont les premières victimes. Dans un même colombier, les conditions (alimentation, ventilation, surpopulation, humidité) étant identiques, la contagion se propage rapidement.


Les agents pathogènes impliqués

Les germes les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Staphylocoques (blancs ou dorés)

  • Entérocoques

  • Colibacilles

  • Klebsielles

  • Mycoplasmes
    À cela s’ajoute souvent un herpesvirus spécifique, mis en évidence par le professeur Vindevogel.

Face à une telle diversité, le traitement doit être large et ciblé.
Contre le virus de l’herpès, la médecine reste aujourd’hui démunie, bien qu’une vaccination soit envisagée dans l’avenir.


Pourquoi un traitement réussit chez l’un et échoue chez l’autre

Certains amateurs affirment :

« Moi, je mets tel produit dans l’eau, ça marche du tonnerre ! »
Mais chez d’autres, le même traitement reste sans effet.

C’est normal : les souches bactériennes ne réagissent pas toutes de la même façon à un antibiotique donné. Ce n’est donc pas la qualité du produit qui est en cause, mais la sensibilité spécifique des germes.

Seule une analyse bactériologique avec antibiogramme peut orienter le choix du traitement, même si elle n’offre jamais une garantie absolue.


Les principes d’un traitement efficace

Un traitement complet doit comprendre :

  1. Un antitrichomonas (indispensable).

  2. Un traitement complémentaire contre les parasitoses intestinales si la colonie en est porteuse.

  3. Une administration ciblée : les antibiotiques dans l’eau de boisson sont souvent insuffisants, même à haute dose.

Les gouttes oculaires désinfectantes, appliquées deux fois par jour dans les yeux et les narines, apportent un soulagement local.
Mais pour éradiquer durablement la maladie, il faut associer un traitement général et deux injections d’antibiotiques actives, à 24 heures d’intervalle, sur tous les pigeons du même colombier.

Un traitement incomplet ne ferait que provoquer des rechutes répétées.
Mené correctement, le traitement complet ne provoquera qu’un arrêt de concours d’une semaine environ.


Adapter le colombier : une étape indispensable

Le traitement médical ne suffit pas si le colombier reste mal adapté.
Certains colombiers, excellents par temps normal, deviennent dangereusement étouffants en période de chaleur.
Un mauvais mouvement d’air, un changement de vent, une forte humidité ou un surpeuplement peuvent suffire à relancer l’infection.
La clé réside dans une ventilation bien pensée, capable d’évacuer la chaleur et l’humidité sans créer de courants d’air directs sur les pigeons.

Le colombier parfait reste rare, mais un aménagement réfléchi permet déjà d’éviter la plupart des problèmes respiratoires et oculaires.


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

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