Methode Duray lart dalimenter le pigeon voyageur pour des performances exceptionnelles
2 novembre 2025 Par admin

Méthode Duray : l’art d’alimenter le pigeon voyageur pour des performances exceptionnelles

Methode Duray lart dalimenter le pigeon voyageur pour des performances exceptionnelles

Débutant :
À la fin de notre dernière causerie sur ce très grand champion qu’était Ernest Duray, je t’avais demandé de me parler de sa façon de nourrir ses pigeons. Je suppose qu’elle devait être parfaite, ou en tout cas meilleure que celle de ses concurrents, qui devaient se sentir très « petits » par rapport à lui.

Victor :
Ici je t’arrête, car je voudrais te dire ceci : le grand champion n’est vraiment « grand » que s’il ne fait pas sentir aux autres qu’ils sont « petits ».
Et, à ce propos, Ernest Duray était vraiment un tout grand. C’est avec un sourire qu’il donnait un précieux conseil à un « petit ». Il était assez intelligent pour savoir que, malgré une certaine supériorité sur les autres, on demeurait toujours très, très petit… surtout en colombophilie, où les mystères nous entourent de toutes parts.
Mais parlons un peu de sa façon de nourrir ses veufs.

Débutant :
Et je sais, comme tu me l’as dit, qu’à l’époque d’Ernest Duray, les marchands de graines ne vendaient pas encore de « mélanges ».

Victor :
En effet. Mais Ernest Duray ne mélangeait pas les graines : il les donnait séparément. En réalité, ce que le pigeon recevait à chaque repas constituait « globalement » un mélange équilibré.
Ernest Duray était un vrai sportif. Il connaissait parfaitement les deux grands atouts de l’athlète : l’entraînement et la nutrition.
Pour juger de la valeur d’une méthode, il ne suffit pas de consulter les résultats sportifs. Il faut aussi prendre en considération la dureté de la concurrence, et les concours nationaux représentaient à cet égard le sommet.
C’est précisément là qu’Ernest Duray surclassait souvent ses concurrents.
Sa méthode était donc incontestablement l’une des meilleures.

Débutant :
Tu te trompes peut-être ? N’étaient-ce pas plutôt ses pigeons qui étaient supérieurs aux autres ?

Victor :
Il n’y a pas que les pigeons. Nous savons tous — ou devrions le savoir — que l’on trouve souvent les meilleurs sujets chez les petits amateurs, là où la sélection est la plus sévère.
La méthode de jeu est souvent meilleure chez les « grands », surtout dans les concours nationaux. Chez Ernest Duray, il y avait les deux : une sélection rigoureuse et une méthode exceptionnelle.
Il suffisait de le voir tenir un pigeon en main et le balancer légèrement pour deviner, à l’avance, le jugement qu’il allait porter après l’avoir regardé droit dans les yeux.
On sentait bien que, dans son colombier, la sélection devait être impitoyable.
Mais, à mes yeux, sa véritable supériorité résidait dans sa méthode.

Débutant :
Tu m’as déjà dit qu’il ne commençait à jouer ses pigeons à fond qu’à l’âge de trois ans. Aucun colombophile aujourd’hui n’aurait cette patience.

Victor :
La patience est avant tout une question d’habitude. Si on en perd l’habitude, si la patience n’est plus « à la mode », elle disparaît. Et c’est bien le cas aujourd’hui !
On oublie trop souvent que l’impatience est la cause de bien des échecs, en colombophilie comme dans la vie quotidienne.
Mais parlons de sa méthode.
Ernest Duray était partisan de la volée obligatoire au drapeau pour ses veufs : le matin — le plus tôt possible — une heure, et le soir — le plus tard possible — également une heure, sauf le lendemain d’un retour de concours.
Au coup de sifflet, après avoir enlevé le drapeau, les pigeons rentraient et trouvaient dans leur casier un peu de petites graines comme friandise.
Par exemple, si le matin les veufs volaient de 5 à 6 heures, il ne commençait à les nourrir que vers 10 heures.

Débutant :
Pourquoi attendre si longtemps avant de les nourrir ?

Victor :
N’oublie pas qu’il les nourrissait fort tard le soir, et que le matin tout n’était pas encore digéré, loin de là.

Débutant :
Mais quel avantage voyait-il à nourrir si tard le soir, et à faire des volées si matinales et si tardives ?

Victor :
Les pigeons aiment voler très tôt, quand le soleil se lève, que l’air devient plus léger et plus pur.
De plus, lors d’un concours national, un pigeon peut devoir déloger très tôt : il repartira dès que le jour se lève.
Je crois aussi qu’en nourrissant tard le soir, Duray offrait à ses veufs une longue période de repos et de calme.
Et s’il nourrissait seulement quatre heures après la volée matinale, c’était aussi pour laisser le soleil réchauffer le colombier.
Car après le repas du matin, il mettait le colombier dans l’obscurité jusqu’à la volée du soir.
Pendant la journée, les veufs restaient enfermés dans leur casier.

Débutant :
Mais quand vas-tu enfin me parler de sa façon de nourrir ?

Victor :
Tout ce que je viens de te dire en fait partie. Mais consultons ses notes : on y trouve sa méthode complète.
Il commençait par donner quelques féveroles dans la petite mangeoire de chaque casier.
Quand il n’en restait plus, il en ajoutait encore quelques-unes. Puis, il retirait les graines restantes.
Après quelques minutes, il recommençait le même manège avec les pois, ensuite les vesces, puis le froment, le maïs et enfin le dari.
Lorsqu’il avait terminé — cela prenait une bonne demi-heure — il leur servait encore une petite cuillerée à café d’un mélange de navettes rouges et de chanvre.

Débutant :
Et faisait-il de même le soir ?

Victor :
Exactement.

Débutant :
Et dans la boisson ?

Victor :
Tous les jours, un peu de sucre dans l’eau de boisson.

Débutant :
Mais c’est formidable, tout ce que ses pigeons recevaient ! Ne s’engraissaient-ils pas ?

Victor :
Ernest Duray me disait souvent qu’au veuvage, un pigeon ne s’engraisse pas à condition d’avoir de bonnes volées.
Mais pour cela, il faut que les pigeons soient en parfaite santé.

Débutant :
Et au retour des concours ? Il ne pouvait tout de même pas nourrir de la même manière ?

Victor :
Non, bien sûr. Au retour, ils ne recevaient ni légumineuses, ni petites graines, ni chanvre.
Dans l’eau de boisson, il ajoutait un peu de bicarbonate de soude pendant deux jours.

Débutant :
Et les parasites ? Coccidiose, vers, trichomonase ?

Victor :
Tu oublies qu’un pigeon, dès qu’il atteint l’âge de trois ans, souffre rarement de trichomonase.
Pour le reste, une hygiène rigoureuse, comme c’était le cas dans le colombier d’Ernest Duray, suffisait à écarter bien des dangers.

Débutant :
Penses-tu que le système Duray était parfait ?

Victor :
La perfection n’existe pas… Et je te raconterai la prochaine fois que même Ernest Duray a commis des erreurs.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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