Pigeon voyageur tout savoir sur la coccidiose maladie silencieuse du colombier
9 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : tout savoir sur la coccidiose, maladie silencieuse du colombier

Pigeon voyageur tout savoir sur la coccidiose maladie silencieuse du colombier

La coccidiose chez le pigeon voyageur est une maladie typique des périodes humides. Si la trichomonose peut être qualifiée de maladie de la « civilisation » colombophile, la coccidiose, elle, est bien celle de l’humidité. Le temps chaud et humide crée des conditions idéales à la prolifération du parasite responsable.
Cette affection se montre très irrégulière, tant par ses symptômes que par la quantité de parasites observés. En hiver, on ne trouve souvent que quelques oocystes dans les fientes examinées au microscope. Mais au printemps, lors de la période d’élevage, on peut en observer dix à vingt fois plus dans le même colombier.
Le froid freine la virulence et limite la contagion, permettant aux pigeons d’éliminer naturellement une partie des parasites. Cependant, avec les premières chaleurs et la fatigue de l’élevage, la maladie peut réapparaître de façon massive — un point essentiel pour comprendre cette pathologie.


🔬 Le parasite responsable et son cycle de vie

La coccidiose est provoquée par la multiplication, dans la paroi intestinale, d’un parasite microscopique appelé Eimeria Pfeifferi, mesurant de 6 à 200 millièmes de millimètre selon les stades de sa vie.
Le cycle de ce parasite est complexe mais peut être résumé simplement : un pigeon infecté expulse dans ses fientes un grand nombre d’oocystes (visibles au microscope). Ces oocystes doivent mûrir à l’air libre pendant 1 à 4 jours selon la température et l’humidité avant de devenir infectieux.
Une fois avalés par un pigeon sain, ils libèrent des sporozoïtes dans l’intestin, qui pénètrent les cellules intestinales, s’y multiplient et détruisent les tissus, provoquant une inflammation. Après plusieurs cycles internes, le parasite reprend une forme reproductrice et les nouveaux oocystes sont de nouveau rejetés dans les fientes, bouclant ainsi le cycle complet en une dizaine de jours.


⚠️ Les symptômes et leurs conséquences

Les signes de la coccidiose sont typiques d’une entérite aiguë :

  • diarrhée aqueuse ou verdâtre, parfois huileuse,

  • perte d’appétit,

  • amaigrissement rapide,

  • fientes liquides en flaques,

  • baisse de vitalité générale.

Les lésions intestinales créées par le parasite permettent souvent la prolifération de colibacilles et d’autres germes opportunistes, aggravant l’infection et pouvant atteindre les reins.
La coccidiose facilite également la propagation de la trichomonose, transformant une simple atteinte digestive en maladie généralisée du tube intestinal.

Il est fréquent de constater une association trichomonose–coccidiose ou coccidiose–vers, d’où la nécessité d’un traitement global, et non isolé, pour être efficace.


🐣 Les pigeonneaux, premières victimes

Contrairement à une idée répandue, la coccidiose n’épargne pas les jeunes au nid. Dès l’âge de 10 jours, les pigeonneaux peuvent être sérieusement atteints : diarrhée, amaigrissement brutal, perte de tonus…
Lors du sevrage, la maladie provoque souvent des troubles d’assimilation et un rachitisme marqué, reconnaissable à la déviation du bréchet. En cas de surinfection bactérienne, la mortalité peut devenir importante dans les jeunes colonies.
Chez les adultes, la mort est rare, mais la maladie influence fortement le rendement sportif.


🏁 Conséquences sur la forme et les performances sportives

Même chez des pigeons en bonne santé apparente, la présence de quelques coccidies agit comme une épée de Damoclès. Le moindre affaiblissement — humidité excessive, mauvaise aération, alimentation déséquilibrée ou fatigue sportive — peut déclencher une explosion parasitaire.
Résultat : diarrhée, perte de poids, et chute de la forme, synonymes de performances médiocres en concours.
Le colombophile attentif doit donc surveiller régulièrement les fientes, maintenir une hygiène irréprochable et adapter l’alimentation selon la saison.


💧 Prévention et hygiène du colombier

L’humidité est l’alliée principale du parasite. Il est donc crucial de :

  • garder le colombier sec et bien ventilé,

  • éviter la stagnation d’eau,

  • nettoyer fréquemment les abreuvoirs et mangeoires,

  • séparer les jeunes des adultes malades,

  • et renforcer l’immunité naturelle des pigeons par une alimentation équilibrée et des cures dépuratives douces.

Enfin, un contrôle microscopique régulier des fientes permet d’intervenir avant que la maladie ne se déclare massivement.


🔑 Conclusion

La coccidiose chez le pigeon voyageur n’est pas une fatalité. Comprendre le cycle du parasite, maîtriser l’hygiène du colombier et soutenir la résistance naturelle des pigeons permettent d’éviter les flambées de la maladie.
Un élevage propre, sec et bien aéré reste la meilleure arme contre cette affection insidieuse qui menace la santé et la performance des pigeons voyageurs.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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