22 avril 2020

Graines et régime (3) – pigeon voyageur

Par admin

Le maïs est le composant essentiel de la nourriture du pigeon.
Il y en a plusieurs sortes (du popcorn au grand jaune). Leur différence réside plus dans le prix que dans la qualité.

J’éprouve toujours du mal à ne pas sourire lorsque je découvre des compositions alimentaires.
Vous connaissez le tableau.
Quatre pour cent d’une graine, onze pour cent d’une autre, encore treize pour cent d’une troisième et cetera.
Je trouve cela à ce point ridicule que je me prends parfois à additionner pour vérifier si ça fait bien cent au total.
Lorsque vous constatez en plus que le mélange « idéal » d’une firme est complètement différent de celui proposé par une autre, la conviction du ridicule se confirme.
Cela révèle aussi qu’on n’est pas à quelques pour cent près pour l’une ou l’autre graine:
22 pour cent de maïs ou 24 pour cent. Six pour cent de froment ou quatre. Que voulez-vous que nous en fassions?

 

Plus intéressant.
Il est plus intéressant d’en apprendre un peu plus sur les graines, les semences et les légumineuses que nous servons à nos pigeons. Comme la théorie de l’alimentation regorge d’inconnues pour moi, je me suis plongé dans la lecture adéquate.
Quelques heures d’étude, d’information, de notes et de comparaisons m’ont donné matière à conclure cette série d’articles sur l’alimentation et la manière de nourrir.

Orge.
L’orge fait l’objet de controverses entre colombophiles. Parce que les pigeons ne l’aiment pas?
On en parle surtout dans les reportages chez des champions.
Il en est qui donnent beaucoup d’orge et d’autres qui n’en veulent pas. Ce n’est pas une graine sans qualité, que du contraire. L’orge est même très nourrissante. Elle est très digeste en plus.
Il ya quelques années mes pigeonneaux appelés à participer au concours pouvaient prendre autant d’orge qu’ils voulaient le matin du jour de départ. Ils en prenaient, mais pas beaucoup.
Résultat: ils ne partaient pas affamés et sans avoir le jabot plein quand même.
Cela a très bien fonctionné et je ne sais toujours pas pourquoi j’ai rompu avec cette formule, car l’orge n’est pratiquement pas sujette à critique.
La légende selon laquelle les pigeonneaux nourris à l’orge se blessent la gorge, n’est tout bonnement qu’une légende.

 

Maïs.
Le maïs est la graine essentielle de l’alimentation du pigeon.
Il en est de différents calibres (du popcorn au grand jaune) mais leurs qualités diffèrent peu.
Les pigeons aiment le maïs. Il est très digeste et comme déjà dit, il est riche en hydrates de carbone.
Les pigeons y puisent de l’énergie, il est donc spécialement indiqué pour la participation aux concours. En saison je l’achète toujours à part et j’ajoute quelques poignées au mélange habituelles derniers jours avant l’enlogement.
Certaines firmes présentent des maïs différents dans un même mélange. Probablement à la demande des amateurs. Je n’en vois pas l’utilité.
L’attirance du pigeon pour le maïs présente quelques risques.
Si vous servez beaucoup de maïs l’hiver aux pigeons qui sortent peu et consomment peu d’énergie vous risquez d’emmagasiner les graisses dans leur corps. Les pigeons engraissent, deviennent paresseux et ne volent plus.
Il est préférable de ne pas donner trop de maïs l’hiver, surtout à des pigeons enfermés.

Pois.
Les pois et les féveroles sont des légumineuses riches en protéines.
Très nourrissants par les vitamines B et E ainsi que la carotène qu’ils contiennent.
Comme les pipants en croissance ont grandement besoin de ces vitamines et des protéines, les pois sont très bons pour les nourriciers au gavage.
Ils doivent donc être incorporés dans tout mélange d’élevage.
Celui que je présente à mes pigeonneaux contient des pois jusqu’à ce qu’ils ont trois mois.
A l’approche de la saison des concours ils disparaissent quasi complètement du menu.
J’ai l’impression que les pigeons qui éprouvent quelques ennuis de santé digèrent malles pois.
Une trop grande quantité de pois produit des chairs bleues.
En résumé: les pois sont indispensables pour les éleveurs, mais les pigeons qui participent aux concours peuvent se contenter d’une quantité réduite.

Froment.
Le froment contient moins d’hydrates de carbone que le maïs mais plus de protéines.
Je ne suis pas très porté pour le froment.
Il est très bon pour l’homme et tient une part importante dans son alimentation, mais je ne servirai pas à mes pigeons un mélange à grand pourcentage de froment.
Il engraisse rapidement les pigeons et le froment frais est même dangereux parce qu’il peut provoquer de l’empoisonnement.
Des expériences ont démontré qu’une trop grande absorption de froment peut déranger la digestion.
Dix pour cent de froment dans le menu me semble être un maximum.

Paddy.
On trouve beaucoup de paddy (riz non décortiqué) dans les « dépuratifs » .
Il contient beaucoup de vitamines B et serait, comme le riz plein un bon remède contre la soif.
C’est du moins ce que je lis; mais je ne m’en suis jamais aperçu.

Chanvre et autres semences.
Nous ne classons pas le chanvre dans les graines, mais comme semence. Presque toutes les semences sont très oléagineuses.
Comme elles contiennent aussi beaucoup de protéines et d’hydrates de carbone ces petites choses (appelées dessert) sont très complémentaires pour les graines.
Je sers beaucoup de dessert.
Je l’achète en sacs de 25 kilos alors que je n’ai pas beaucoup de pigeons. Les frères Janssen ne donnaient quasiment que cela le matin. Le dessert et en premier le chanvre est excitant. C’est pour cela que beaucoup de pratiquants du « veuvage » en donnent avant la mise en loges.
Je doute pourtant que le chanvre puisse accentuer la chaleur sexuelle du pigeon.

 

Graine de lin.
Contenant beaucoup de graisse la graine de lin a donc une bonne valeur nutritive. On dit qu’elle active la mue et produit un plumage plus soyeux.
Il ne faut en servir trop car elle pourrait provoquer un empoisonnement. Mais elle est très bonne si l’on s’en tient à servir journellement une petite quantité. Le principal défaut de la graine de lin est qu’elle se gâte assez vite. Si les graines collent ensemble il faut les jeter.

Pindas.
Les pindas (cacahuètes) valent d’être présentés séparément. Si personne ne s’y intéressait alors que j’étais gamin, ils sont très en vogue de nos jours. Les pindas sont riches en protéines, en graisse et en vitamines B1, B2 et B6.
Ils font ainsi office de source d’énergie. Une fois que les pigeons les connaissent ils en deviennent très friands et cela permet de bien les apprivoiser. Ici aussi il ya danger d’excès.
On retombe alors dans l’excédent de graisse et de protéines dans le corps.
Je donne des pindas uniquement en saison de concours. Quelques jours avant le départ pour une épreuve, surtout si elle risque d’être rude.

Ligne de conduite.
De ce qui précède il apparaît que l’alimentation doit être adaptée aux circonstances. Il ya une nette différence entre le pigeon en mue, celui qui vole et l’autre qui élève.
Je conseille à tout qui manque d’information et redoute de commettre des erreurs de servir un mélange très varié. Avec beaucoup de graines, semences et légumineuses différentes.
Les pigeons à l’élevage peuvent recevoir quelques pois en supplément. Ceux qui participent aux concours plus de maïs et des pindas. On s’en tiendra au « dépuratif » pour ceux qui ne volent ni élèvent.
Petites graines pour les pigeons en mue. Nourrir correctement n’est pas sorcier.
Il faut savoir observer et flairer ce qu’il faut. Les pigeons vous diront si vous faites bien. Les résultats aussi, bien sûr.

[ Source: Article édité par M. Ad Schaerlaeckens – Revue PIGEON RIT ]

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