Pigeon Voyageur : Secrets d’Ernest Duray, Sélection, Mental, Élevage et Colombier pour Devenir un Champion

Le pigeon voyageur a toujours été au cœur des réflexions des grands maîtres de la colombophilie. Parmi eux, Ernest Duray occupe une place unique. Chaque enseignement qu’il a transmis reste aujourd’hui une référence pour tout colombophile souhaitant comprendre, sélectionner et améliorer son pigeon voyageur.
Dans cette conversation entre un débutant passionné et Victor, disciple d’Ernest Duray, se dévoilent des principes fondamentaux : la valeur du panier, l’importance de l’élevage, la qualité du colombier, la sélection du pigeon voyageur de fond, et surtout, l’idée que tout se joue autant dans les ailes que dans la tête du pigeon.
Le panier : le meilleur professeur du pigeon voyageur
Victor rapporte la plus grande leçon laissée par Ernest Duray :
« Le meilleur trieur et le meilleur professeur en colombophilie, c’est le panier. »
Autrement dit, rien ne permet de révéler un pigeon voyageur comme la compétition elle-même.
Mais Duray insiste : pour découvrir un vrai pigeon de fond, il faut oser confronter ses pigeons aux longues distances. Le panier n’est pas seulement un juge, c’est un outil de vérité. Un pigeon voyageur qui se révèle au fond ou au grand fond devient un vrai champion.
Trop de colombophiles se contentent de suppositions, d’apparences, ou du « standard parfait ». Mais sans le panier, aucune certitude. Le pigeon voyageur doit prouver sa valeur dans les conditions réelles du voyage.
L’élevage : le pilier oublié du pigeon voyageur
Duray rappelle aussi que :
« Pour essayer un pigeon, il faut avoir un pigeon. »
Une phrase simple, mais d’une profondeur remarquable.
Beaucoup de colombophiles jouent le pigeon voyageur au veuvage et n’élèvent jamais de leurs meilleurs pigeons lorsqu’ils sont à leur apogée. Ainsi, une génération exceptionnelle ne transmet pas ses qualités.
Pour Duray, l’élevage est la base de tout. Un colombier qui néglige l’élevage finit condamné :
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plus de renouvellement,
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perte de vitalité,
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disparition de la qualité mentale et physique du pigeon voyageur,
-
fin progressive des performances.
Le pigeon voyageur n’est pas qu’un athlète du ciel : c’est aussi le fruit d’un travail de reproduction réfléchi et constant.
Quand un grand champion se trompe : la transformation ratée du colombier
Dans un effort pour jouer à la fois au veuvage et au naturel, Ernest Duray avait modifié entièrement son colombier. Les casiers, tournés vers un couloir étroit, rendaient les pigeons invisibles de l’extérieur.
Résultat :
Le pigeon voyageur perdait toute sa forme.
Duray comprit trop tard son erreur :
La forme d’un pigeon voyageur dépend du colombier lui-même.
Un mauvais colombier annule même les qualités du meilleur pigeon du monde.
Victor résume parfaitement :
« Mettez les cent meilleurs pigeons du monde dans un mauvais colombier… vous aboutirez à zéro. »
C’est une loi immuable de la colombophilie moderne.
La véritable sélection : le pigeon voyageur se juge dans sa tête
Duray n’était pas seulement un homme d’expérience : c’était un observateur exceptionnel.
Il expliquait que tout colombophile peut se constituer un colombier composé de pigeons physiquement parfaits. Mais le véritable pigeon voyageur, celui qui gagne, celui qui persiste, celui qui “comprend” le jeu… se reconnaît dans sa tête.
Le mental du pigeon voyageur est l’arme secrète des grands champions.
Son exemple célèbre du Petit Rouge Marchai, un pigeon physiquement peu standard mais incroyablement intelligent, illustre ce principe.
Ce pigeon, voyant le panier arriver, sautait dessus spontanément.
Non pas parce qu’il aimait la route, mais parce qu’il avait compris ce qu’impliquait son enlogement :
voir sa femelle, s’investir, performer.
Ce mental supérieur est ce que la plupart ignorent, mais que les maîtres reconnaissent immédiatement.
L’observation : l’arme du colombophile moderne
Pour bien sélectionner, il faut savoir observer.
Pour observer, il faut savoir quoi regarder.
Et pour savoir quoi regarder, il faut comprendre les mécanismes physiques, mentaux et comportementaux du pigeon voyageur.
Le débutant conclut que Victor est son maître, comme Duray fut le sien.
Mais Victor lui répond avec sagesse :
« La source du savoir n’est pas dans les paroles, mais dans la réalité et dans la pensée. »
Une vérité profonde :
le pigeon voyageur nous apprend davantage que les mots, si l’on sait le regarder.
Conclusion : le pigeon voyageur, un maître silencieux
Cette leçon d’Ernest Duray, transmise de génération en génération, résume toute la philosophie de la colombophilie authentique :
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Le panier est le seul juge fiable.
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L’élevage est le cœur d’un colombier performant.
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Le colombier influence directement la forme du pigeon voyageur.
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Le mental distingue les champions des simples standards.
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L’observation et la réflexion sont les clés d’un colombophile accompli.
Chaque pigeon voyageur porte en lui une part de vérité.
Encore faut-il savoir l’écouter.
[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]
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La colombophilie mondiale:Ernest Duray (1) – pigeon voyageur
La colombophilie mondiale:Ernest Duray (2) – pigeon voyageur

