Le courrier des lecteurs n°21– pigeon voyageur
27 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°21– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°21– pigeon voyageur

Madame Mireille Brevers nous écrit pour signaler la naissance d’un pigeonneau présentant une aile bleue et une autre brune !
Du jamais vu ! Comment expliquer cela ?

Réponse :
Cette curieuse anomalie se rencontre de temps en temps. J’ai moi-même connu, il y a une vingtaine d’années, un excellent pigeon dont la moitié du corps était meunière (pâle) avec un œil “coq”, et l’autre moitié bleue avec un œil blanc — le tout parfaitement séparé selon une ligne médiane allant de la tête à la queue.
Ce cas est particulièrement spectaculaire, car l’un des parents était roux (avec ses variantes meunières, etc.) et l’autre bleu (avec ses variantes écaillées, etc.).
En réalité, ce phénomène peut aussi apparaître lors de l’accouplement de deux bleus ou de deux roux, mais il passe alors souvent inaperçu, sauf si les parents ont des yeux de couleur différente (œil blanc pour l’un, œil “coq” pour l’autre, le jeune présentant alors un œil de chaque couleur).
Cette particularité est due à un “accident” génétique survenu lors des premières divisions cellulaires, appelé crossing-over. Les chromosomes paternels et maternels s’apparient par paires parallèles, mais peuvent parfois se croiser en X. Ce X se sépare ensuite verticalement au fil des multiplications cellulaires, entraînant ainsi un partage anormal des gènes responsables de la couleur du plumage. C’est ce phénomène qui donne naissance à ces pigeons “mixtes”, aussi rares que fascinants.


M. Didier Bougelet, d’Andenne, se dit inquiet car il ne parvient pas à empêcher ses pigeons de partir au champ dès qu’il les libère. Ils rentrent ensuite avec le bec souillé de terre.
Pourtant, précise-t-il, ils disposent en permanence de grit, de Vitamineral et de pierre à picorer. L’eau de l’abreuvoir est renouvelée chaque jour, et le vétérinaire les trouve toujours en parfaite santé.
Que faire ?

Réponse :
Il ne fait aucun doute que vos pigeons souffrent d’une carence… mais laquelle ? C’est toute la question.

Cellulose :
Il en faut environ 5 à 6 %. Elle est apportée par les légumineuses, l’orge, le dari ou le tournesol. La carence en cellulose ne se rencontre que chez les amateurs qui ne distribuent que du maïs et du froment, mais cette pratique est devenue rare.

Minéraux :
Les carences minérales, en revanche, sont beaucoup plus fréquentes et parfois complexes à identifier. La plus courante est celle du sel (chlorure de sodium). Toutefois, vous donnez déjà du Vitamineral, qui en contient.
Pour les autres minéraux, tout est possible et, dans la pratique, il est souvent difficile de déterminer précisément lequel manque.
Je vous conseille donc d’adopter une solution globale : pendant quelques jours, ajoutez dans l’eau de boisson (par litre) une cuillerée à café de sel et un peu d’électrolytes.
Continuez à laisser à disposition le Vitamineral, la pierre à picorer et le grit. Vous pouvez également saupoudrer de levure de bière sur les graines pendant quelque temps.
Tenez-nous informés des résultats, quels qu’ils soient.


Un lecteur, colombophile depuis huit ans, nous fait part du problème suivant :
Après chaque repas (matin et soir), certains pigeonneaux rejettent des fientes liquides, transparentes ou blanchâtres, tandis que d’autres ont simplement des excréments plus fluides. Une heure plus tard, tout redevient normal.
Une cure de Furoxine n’a rien changé, pas plus que la fermeture des aérations au sol et au plafond, ou le changement de mélange.

Réponse :
Le passage de l’eau à travers l’appareil digestif est très rapide. Vos pigeonneaux rejettent donc simplement l’eau bue en excès, juste après le repas.
Cependant, une inflammation des premières voies digestives peut provoquer une soif excessive.
Avez-vous traité régulièrement contre la trichomonose ? C’est absolument indispensable dans toutes les colonies — personne n’y échappe.
Il faut effectuer des rappels réguliers : deux jours de traitement consécutifs toutes les trois semaines, et tous les quinze jours par temps chaud.
Examinez ce point sérieusement. La Furoxine est un petit désinfectant sans effet sur la trichomonose ou la coccidiose.
Comment se comportent les volées de vos pigeonneaux ? Cela peut aussi orienter le diagnostic.


M. Pierre Dubois (Ivoz-Ramet) éprouve une certaine crainte concernant l’administration de spiramycine (Suanovil) pour lutter contre le coryza, et souhaite un avis clair.

Réponse :
La spiramycine est un bon anticoryza, particulièrement efficace contre les coryzas à mycoplasmes et à staphylocoques.
Comme pour tous les coryzas, il faut impérativement :

  • associer un traitement antitrichomonose (type Ridzol) ;

  • vérifier soigneusement l’aération du colombier, faute de quoi les récidives sont rapides.

La dose recommandée est de 1 g pour 1,5 litre d’eau (soit environ une cuillerée à café pour 6 litres).
La notice indique que cette dose peut être doublée en cas d’infection sévère.

Le produit n’est pas dangereux, mais son goût très amer réduit la consommation d’eau si le dosage est excessif. Il est donc préférable de garder les pigeons enfermés pendant le traitement.
Vous pouvez distribuer des graines légèrement salées ou sucrées pour augmenter la soif.
La durée du traitement doit être de 4 à 5 jours.


M. Thierry Motte (Thorembais) pose deux questions :

  • Que pensez-vous du Linco-Spectin (en injection) et du Baytril pour combattre le coryza ?

  • L’utilisation répétée de ces produits n’est-elle pas nocive ?
    Il précise qu’un de ses pigeons, sensible au coryza, se classe correctement, sauf par temps chaud : il ouvre alors le bec régulièrement. Comment y remédier ?

Réponse :
Comme je l’ai écrit d’innombrables fois :
Coryza = trichomonose + microbes + souvent herpès virus + aération insuffisante.
Le traitement découle logiquement de cette formule.
Les produits que vous mentionnez sont efficaces si les germes présents y sont sensibles, mais cela dépend toujours des souches microbiennes.
Certains pigeons, porteurs chroniques du coryza, présentent des déformations des cornets nasaux entraînant des infections récidivantes.
L’utilisation ponctuelle d’anticoryzas n’est pas nocive, mais le véritable rôle du colombophile est d’éviter d’avoir à s’en servir constamment, en assurant une aération parfaite et une hygiène rigoureuse du colombier.

Dr J.-P. Stosskopf


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

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