Pigeon voyageur : secrets de veuvage, d’entraînement et d’alimentation pour la performance
Débutant :
Cela prouverait donc qu’il n’y a pas d’inconvénient à ne pas lâcher les pigeons le jour de l’enlogement ?
Victor :
Personnellement, je n’ai pas encore fait l’essai.
Mais il faut savoir que notre champion montre ses femelles aux veufs juste avant l’enlogement, très brièvement, puis il les lâche à quelques centaines de mètres du colombier.
À leur retour, les veufs retrouvent la femelle pendant une ou deux minutes, puis ils sont mis au panier pour être conduits au local d’enlogement.
Parfois, il utilise certains petits « trucs » auxquels il attribue ses premiers prix, comme il dit. Mais je t’en parlerai une prochaine fois, car il est temps d’évoquer la façon dont il soigne la demi-douzaine de veufs avec lesquels il participe aux concours de grand demi-fond du Fond-Club — c’est-à-dire Bourges, Châteauroux, Poitiers, Limoges et Tulle — sur des distances de 500 à 700 km.
Débutant :
Tout d’abord une question : les veufs qui participent à ces concours sont-ils dans le même colombier que les autres ?
Victor :
Non ! Ils sont installés dans un autre colombier, séparé du premier par un espace d’environ un mètre.
C’est dans cet espace qu’il place la baignoire afin de ne pas mouiller le sol des colombiers.
Selon lui, il est essentiel que les pigeons enlogés à des jours différents — et revenant souvent à des jours différents — soient hébergés dans des colombiers distincts.
Déranger un même colombier quatre jours par semaine nuit à la durée de la forme.
Par exemple : enlogement le mercredi pour Châteauroux, le vendredi pour Corbeil, retour le samedi pour Châteauroux et le dimanche pour Corbeil…
Non, cela ne peut qu’être néfaste à la forme des pigeons.
Pour notre champion, c’est un point capital pour réussir une bonne saison, et je partage entièrement son avis.
Débutant :
Je me souviens d’ailleurs de ce que tu m’as raconté à propos de Monsieur Coudou, d’Hérinnes, le fameux spécialiste de Barcelone.
Il possédait un petit colombier réservé exclusivement à ses champions de Barcelone, sans aucun autre pigeon.
Cela prouve bien que le calme est un atout majeur dans un colombier de veufs.
Victor :
Exactement.
L’obscurité qu’on instaure dans un colombier de veufs n’a d’autre but que de les apaiser afin qu’ils ne s’épuisent pas en s’énervant toute la journée.
Chez Pol Bostijn, le recordman des premiers prix aux grands concours nationaux, le colombier est réellement plongé dans la pénombre pendant la journée.
Pour en revenir à notre champion, tu sais maintenant qu’il possède deux colombiers de veufs.
Pour la volée, il libère d’abord les pigeons du grand demi-fond un quart d’heure avant les autres.
Voyons maintenant la différence de soins entre les deux groupes.
C’est assez simple : les veufs qui concourent tous les quinze jours reçoivent un mélange dépuratif pendant quatre jours — en principe le dimanche, le lundi, le mardi et le mercredi s’ils sont rentrés le samedi.
Les deux premiers jours, dit-il, il donne le mélange humecté avec du jus de citron et saupoudré de levure de bière, matin et soir.
Les deux jours suivants, il distribue le mélange dépuratif pur : une petite cuillerée à soupe le matin, une grosse le soir.
S’il reste quelque chose dans la mangeoire, il l’enlève.
Écoutons encore notre champion :
« Après cette cure de désintoxication, je recommence à nourrir avec un mélange sport, selon un système très simple. Quelques petites graines à la rentrée de la volée, j’attends un certain temps, puis je nourris à volonté avec le mélange sport, et ainsi jusqu’au jour de l’enlogement. »
« Les trois jours précédant l’enlogement, je donne après le repas du soir une cuillerée à café du mélange suivant : un tiers de millet plat, un tiers de chanvre et un tiers de riz non décortiqué. »
« Le jour de l’enlogement, je nourris comme pour les concours de petit demi-fond : un mélange sport trempé 24 heures dans l’eau, afin d’éviter toute déshydratation dans le panier. »
Il poursuit :
« Je ne montre pas la femelle le jour de l’enlogement, mais la veille, après la volée du matin. Je la laisse quelques instants, puis je fais lâcher mes veufs à quelques centaines de mètres du colombier. Ensuite, je leur donne un bain individuel dans un seau d’eau tiède : cela les calme. Enfin, je les nourris au casier. Ce travail supplémentaire me prend une demi-heure, mais les résultats me donnent raison. »
« Le lendemain du concours, je donne également des carottes en petits cubes, comme aux autres veufs. Pour la boisson, un peu de solution de Lugol (une cuillerée à café pour 4 litres d’eau). Le jour de l’arrivée, une cuillerée à café de glucose vitaminé, remplacée par de l’eau fraîche après le retrait des femelles. Les trois jours précédant l’enlogement, j’ajoute aussi une cuillerée à café de glucose vitaminé par litre d’eau. Voilà tout mon système. Quant aux petits trucs que j’utilise parfois, je vais t’en parler maintenant… »
Débutant :
Je suis curieux et… impatient de les découvrir !
Victor :
Alors patience ! Ce sera pour la prochaine fois.
[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]
Pour vous abonner au Magazine PIGEON RIT – Cliquez sur le bouton ci-dessous !
Comment nourrir les pigeons de demi-fond?
Les différences entre pigeons de demi-fond et de fond


