Pigeon voyageur bien preparer la mue grace au repos et a une approche naturelle en fin de saison
25 octobre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : bien préparer la mue grâce au repos et à une approche naturelle en fin de saison

Pigeon voyageur bien preparer la mue grace au repos et a une approche naturelle en fin de saison

Débutant :

Tu sais, cher maître, que mes moyens sont limités. Tout d’abord, je me range parmi les « petits » colombophiles, car je possède peu de pigeons. Ensuite, mes ressources financières sont également modestes.
Or, cette année, j’ai découvert trois bons pigeonneaux qui se classent régulièrement dans les prix. De plus, j’ai deux yearlings excellents. Hélas, je ne dispose que de deux vieux pigeons sur lesquels je puisse véritablement compter, et que je joue chaque semaine.
J’avoue craindre d’aborder la prochaine saison avec des effectifs aussi réduits. Aurais-tu encore une fois quelques bons conseils à me donner ?


Victor :

Tu me poses là une question à laquelle il est assez facile de répondre… mais beaucoup plus difficile à mettre en pratique ! Ce qui compte, c’est la volonté de suivre les conseils que je vais te donner.
Je voudrais d’abord te dire ceci : le colombophile assure la longévité de la carrière sportive de ses pigeons dans la mesure où il a le courage — car il en faut — de ne pas faire souffrir ses bons sujets en fin de saison, c’est-à-dire avant la grande mue.
Pourquoi insister sur cette période ? Parce que l’expérience nous a appris qu’un pigeon, après une saison trop chargée — surtout vers la fin —, effectue une mauvaise mue. Son organisme, épuisé et sans réserves suffisantes, ne dispose plus de l’énergie nécessaire pour le renouvellement complet du plumage.


Débutant :

Tu crois donc que le colombophile commet une faute si la mue s’effectue mal ? Mais à quoi reconnaît-on qu’une mue n’a pas été parfaite ?


Victor :

À de très rares exceptions près, les douze plumes de la queue doivent toutes se renouveler durant la mue. Tu le remarqueras facilement.
Les deux dernières plumes — la onzième et la douzième — sont les dernières à tomber et à repousser. Ce sont donc souvent celles que le pigeon ne renouvelle pas lorsqu’il subit une mue pénible. On s’en rend compte aisément, car ces anciennes plumes sont plus mates et moins pigmentées que les nouvelles.


Débutant :

Je suppose donc que, lorsque toutes les plumes de la queue ont été renouvelées, on peut considérer que la mue a été bonne. Le contrôle semble finalement assez simple.


Victor :

Tu as raison, en partie seulement. Il ne faut pas oublier la multitude de duvet à renouveler, ni les plumes usées de l’arrière-aile. Il faut donc aussi observer ce côté-là avec attention.


Débutant :

Très bien, mais ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir quelles fautes il faut éviter pour ne pas perturber la mue.


Victor :

Je pourrais dire que si la mue est mauvaise, le mal est déjà fait et il y a peu de remède ! Le plus important, c’est d’amener les pigeons à la période de la mue avec de bonnes réserves.
Pour cela, il faut être prudent et avoir le courage d’arrêter les pigeons à temps. Car c’est souvent le dernier concours qui peut tout gâcher.
Lorsqu’un pigeon rate en fin de saison, c’est souvent le signe qu’on a trop exigé de lui.
De ce point de vue, la fin de la saison est plus importante que le début, car au printemps les pigeons partent encore avec les réserves de l’hiver.


Victor (suite) :

Je vais te donner un exemple. Et je veux d’abord insister sur ce fait : c’est surtout en fin de saison qu’on abrège la carrière sportive d’un bon pigeon.
Toi qui n’as qu’un petit nombre de sujets, tu devrais y penser plus que quiconque.

Je me souviens d’une mésaventure arrivée à la célèbre colonie Huyskens-Van Riel. Après leur résultat extraordinaire à Barcelone — trois de leurs quatre pigeons classés dans les vingt premiers au national —, je me rendis, avec mon ami Georges Fabry, chez ces fameux vainqueurs.
Jef Van Riel nous mit en main son premier pigeon de Barcelone, le célèbre « Zotteke », revenu à peine trois jours plus tôt.

« Nous allons le remettre à Bordeaux la semaine prochaine, car déjà maintenant, on ne lui trouve plus aucun signe de fatigue ! »
— « Extérieurement, répondit Fabry, il semble en effet en pleine forme. Mais on ne voit pas ce qui se passe à l’intérieur… Pour ma part, je n’oserais pas le soumettre à une épreuve si difficile, si peu de temps après un tel effort. »

Et le Zotteke ne revint jamais de Bordeaux. C’était pourtant un concours normal, mais dur, avec un vent léger de face.
La consolation fut bien amère quand le tandem déclara :

« Nos pigeons sont trop volontaires ; parfois, ils se font mal eux-mêmes sans que nous le voyions… »


Débutant :

Et que dire de ton infatigable « Peureuse », perdue sur Perpignan après trois concours de fond victorieux cette même année ? N’est-ce pas un autre exemple parlant ?


Victor :

Hélas oui… Nous avons, cette fois-là, trop exigé d’une championne exceptionnelle. On reçoit des leçons toute sa vie ! L’essentiel est qu’elles puissent servir à d’autres.


Débutant :

Peux-tu me donner un conseil au cas où j’aurais commis une faute semblable, mais sans perdre mon pigeon ?


Victor :

N’oublie jamais, cher ami, qu’un pigeon qui termine sa saison difficilement est souvent affaibli par les trichomonas, contractées lors des nombreux séjours en paniers. Dans ce cas, il est diminué de moitié et rate ses prix.

Si je puis te donner un bon conseil, suis-le sans hésiter :
mets tes pigeons dans une bonne volière — bien aérée, bien exposée, et surtout peu peuplée — pendant la mue.
Dans une volière, les pigeons font une mue parfaite.
S’ils volent en liberté, ils risquent de trop se dépenser, surtout en compagnie des jeunes qui ont terminé leur mue plus tôt et volent davantage. Ces excès d’efforts entraînent une mue défectueuse chez les vieux.


Débutant :

Je ne commettrai pas cette imprudence, car je me rends bien compte maintenant que la saison prochaine se prépare déjà maintenant !

Noël De Scheemaecker


Notices :

  • Un pigeon qui a trop volé en fin de saison effectue souvent une mauvaise mue, faute de réserves suffisantes pour régénérer son plumage.

  • Noël De Scheemaecker recommande de placer les pigeons dans une volière bien exposée et bien ventilée durant la grande mue.

  • C’est surtout en fin de saison que l’on compromet la carrière sportive d’un bon pigeon.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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