Le jeu au naturel le veuvage et le celibat chez les pigeons voyageurs
1 novembre 2025 Par admin

Le jeu au naturel, le veuvage et le célibat chez les pigeons voyageurs

Le jeu au naturel le veuvage et le celibat chez les pigeons voyageurs

Comprendre les différentes méthodes de jeu pour mieux adapter ses stratégies

Dans l’univers de la colombophilie, chaque amateur choisit une méthode de jeu qui correspond à sa philosophie, à son temps disponible et à la nature de ses pigeons.
Qu’il s’agisse du jeu au naturel, du veuvage, du célibat ou du veuvage double, chaque système présente des avantages et des exigences bien spécifiques.
Voici une analyse complète de ces méthodes, leurs subtilités et leurs effets sur la motivation et la performance des pigeons voyageurs.


🪶 Le jeu au naturel

Respect du cycle et équilibre instinctif

Dans cette méthode traditionnelle, mâles et femelles vivent ensemble dans le même pigeonnier.
Le cycle naturel de reproduction — ponte, couvage et élevage — est scrupuleusement respecté. Pour éviter une fatigue excessive, il est recommandé de ne laisser qu’un seul pigeonneau par plateau.

Le jeu au naturel est sans doute le système le plus proche du comportement instinctif des pigeons. Il demande peu de préparation, mais double le travail de nettoyage et de suivi.

Périodes de performance optimale

La femelle donne le meilleur d’elle-même entre le sixième jour de couvage et le dixième jour d’élevage. Les performances culminent en fin de couvage et lors de la naissance des jeunes.
Le mâle, de son côté, est le plus motivé lorsqu’il « pousse au nid » et suit la femelle avec insistance, ou encore lorsque le jeune qu’il nourrit a plus de huit jours.

Pour les concours, on peut enloger les deux partenaires et confier les œufs ou le pigeonneau à des producteurs en attendant leur retour. Certains utilisent également une couveuse artificielle réglée à 40 °C.

Mue et précautions

Chez les pigeons joués au naturel, la mue commence plus tôt, mais elle suit un rythme régulier, lié à l’élevage.
Attention cependant : il ne faut jamais jouer la femelle pendant la ponte, ni le mâle au moment où les petits viennent d’éclore, car il pourrait être gêné par la production du « pape » (lait de jabot).
Sur ce dernier point, certains amateurs, plus observateurs que dogmatiques, gardent toutefois quelques réserves.


🌿 Forcer le naturel

Stimuler la motivation sans rompre l’équilibre

« Forcer le naturel » consiste à prolonger les périodes favorables et à stimuler la motivation des pigeons, notamment les plus performants, afin d’obtenir des retours plus rapides.
Voici quelques techniques utilisées par les connaisseurs.

Pour le mâle :

  • Lorsqu’il pousse au nid, isolez-le dès le matin de l’enlogement.

  • Enfermez un autre pigeon dans son casier pour susciter la jalousie.

  • S’il couve, passez-lui un jeune de huit jours.

  • Remplacez son pigeonneau par un plus jeune pour maintenir l’excitation.

Pour la femelle :

  • Lorsqu’elle couve depuis dix jours, donnez-lui des œufs proches de l’éclosion le matin de l’enlogement.

  • En fin de couvaison ou après la naissance, enfermez-la avant le départ.

  • Placez un œuf en plastique contenant un ver de terre ou un scarabée pour stimuler l’instinct.

  • Introduisez une autre femelle dans son casier pour éveiller la rivalité.

Ces subtils ajustements, lorsqu’ils sont utilisés avec mesure, permettent de tirer le meilleur parti du tempérament naturel des pigeons sans les déséquilibrer.


🕊️ Le veuvage

La méthode reine des concours

Le veuvage est la méthode la plus populaire parmi les colombophiles modernes.
Son succès s’explique par ses nombreux avantages : rendement supérieur en concours, hygiène facilitée, moins de risques de maladie et forme plus stable tout au long de la saison.

En revanche, elle exclut les femelles du jeu et ne permet donc pas leur sélection sportive.

Mise en place du veuvage

En hiver, mâles et femelles sont séparés. Ils sont raccouplés en début d’année pour élever une couvée, puis seuls les mâles sont joués.
La séparation s’effectue généralement lorsque les jeunes ont huit jours, soit deux jours avant le premier concours. Les femelles sont alors placées en volière, tandis que les mâles terminent l’élevage seuls.

Pendant le premier concours, on conseille souvent de remettre les femelles dans le pigeonnier durant l’absence des mâles, afin qu’elles nourrissent les jeunes, ou bien de confier ces derniers à des producteurs.

Après deux à trois semaines, les pigeonneaux sont retirés et le veuvage réel commence.

Méthodes de motivation avant l’enlogement

  • Laisser les femelles libres un quart d’heure avant la mise au panier.

  • Les enfermer dans les casiers, visibles mais inaccessibles, une demi-heure avant l’enlogement.

  • Ne pas présenter les femelles avant le départ, mais seulement au retour du concours.

  • Ou encore, pratiquer le veuvage absolu, où les mâles ne revoient pas leurs femelles de toute la saison.

Le principal défi du veuvage réside dans le maintien de la motivation : les veufs s’alimentent parfois moins bien et peuvent finir par se lasser de leur solitude.


⚙️ Le célibat

Simplicité et discipline

Le célibat est une méthode radicale où les pigeons ne sont jamais accouplés.
Mâles et femelles vivent séparément, parfois sans interaction aucune.
Certains amateurs choisissent même de ne garder que des mâles, ce qui simplifie encore l’entretien et la gestion du colombier.

  • On peut jouer les mâles ou les femelles, mais jamais ensemble dans le même concours.

  • Seuls les reproducteurs sont accouplés pour produire des pigeonneaux destinés aux concours de fin de saison.

  • Les femelles célibataires ont tendance à s’accoupler entre elles, ce qui peut être utilisé pour stimuler la motivation.

  • Une femelle placée brièvement dans le pigeonnier avant l’enlogement peut exciter les mâles.

  • Et si deux mâles s’accouplent entre eux, leur confier des œufs (vrais ou en plastique) peut renforcer leur instinct parental — et, étonnamment, leurs performances sportives.


🔁 Le veuvage double

L’art de la jalousie maîtrisée

Le veuvage double pousse la stratégie un cran plus loin.
Le pigeonnier des femelles est situé entre deux pigeonniers de mâles.
Au début de la saison, les femelles sont accouplées avec les mâles du premier pigeonnier, puis plus tard, avec ceux du second.

Ce système permet toutes sortes de combinaisons pour renforcer la jalousie et la motivation :

  • Laisser les deux groupes de mâles entrer chez les femelles.

  • Ou bien laisser un groupe de mâles avec les femelles, tandis que les autres observent la scène à travers une cloison grillagée.

Les résultats peuvent être spectaculaires, mais cette méthode demande une présence constante pour gérer les tours de vol et les changements.
De plus, beaucoup d’amateurs, attachés à leurs habitudes, hésitent à se lancer dans cette organisation exigeante.


🏁 En conclusion

Chaque méthode de jeu — naturelle, forcée, veuvage ou célibat — repose sur un équilibre subtil entre instinct, discipline et observation.
Le colombophile averti sait que le succès ne dépend pas seulement de la technique, mais de la compréhension profonde du comportement de ses pigeons.
L’art de la colombophilie consiste justement à adapter la méthode à la personnalité des oiseaux, à leur rythme biologique et à la philosophie du colombier.


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