Pigeon voyageur Quelle est la meilleure methode pour la mise au veuvage
10 octobre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : Quelle est la meilleure méthode pour la mise au veuvage ?

Pigeon voyageur Quelle est la meilleure methode pour la mise au veuvage

Débutant :
Chaque année, j’hésite au moment de mettre mes mâles au veuvage. Les avis sont nombreux et parfois contradictoires. Certains colombophiles affirment que la méthode classique reste la meilleure : accoupler fin février, élever une tournée de jeunes, puis passer au veuvage lorsque les pigeons couvent des œufs d’une dizaine de jours, généralement vers la fin avril. On peut bien sûr avancer ou retarder la date selon ses besoins.

Mais d’autres prétendent qu’il existe une méthode plus efficace : accoupler dès décembre, élever une tournée de jeunes hivernaux, puis séparer mâles et femelles quand les jeunes ont une quinzaine de jours, pour éviter une reponte. On peut alors laisser un jeune avec le mâle dans son casier, et placer les autres jeunes avec les femelles dans un autre colombier. Certains vont même jusqu’à retirer tous les jeunes pour donner aux mâles trois mois complets de repos avant de les réaccoupler dix jours avant la mise au veuvage.

Enfin, d’autres colombophiles préfèrent accoupler en février ou mars, puis retirer les femelles lorsque les premiers jeunes ont environ quinze jours. Le mâle reste alors seul au casier avec un seul jeune, et une fois celui-ci sevré, le veuvage est complet. La saison peut ensuite débuter après quelques entraînements sur jeune au plateau.

Voilà toutes les méthodes que j’entends autour de moi. Mais toi, Victor, laquelle recommandes-tu ?


Victor :
Mon ami, la mise au veuvage peut sembler simple, mais toutes les méthodes ne se valent pas. À mon avis, il faut surtout adapter la méthode à son colombier. Beaucoup de colombiers de veufs ne conviennent pas à l’élevage hivernal, non pas à cause du froid, mais parce qu’ils ne sont pas conçus pour accueillir autant de pigeons en même temps.

Prenons un exemple : un colombier prévu pour 12 mâles veufs. En période d’élevage hivernal, il faut ajouter 12 femelles et environ 24 jeunes au plateau. Cela fait 48 pigeons dans un espace conçu pour la moitié. Or, chaque jeune consomme beaucoup d’oxygène, ce qui appauvrit rapidement l’air. Et, comme on veut protéger du froid, on a tendance à fermer les aérations — une grave erreur. Le manque d’oxygène provoque une accumulation de toxines dans le sang des pigeons.

Cette intoxication est aggravée par une alimentation riche en protéines, nécessaire à l’élevage. Les chairs perdent leur couleur, les fientes deviennent collantes, et parfois les extrémités des rémiges sont souillées. Les muqueuses respiratoires s’enflamment : c’est un signe clair que l’air est vicié. Dans ces conditions, l’accouplement hivernal est néfaste. Le colombophile doit réfléchir avant de commettre cette erreur.


Débutant :
Tu recommandes donc d’augmenter au maximum l’aération du colombier des veufs en hiver ?

Victor :
Oui, sauf si tu limites fortement le nombre de couples. Il faut toujours tenir compte de l’oxygène disponible. Réfléchis : un pigeon peut survivre une semaine sans manger, mais pas plus de quelques minutes sans oxygène.

Débutant :
Je comprends mieux. Mais si mon colombier n’est pas conçu pour accueillir plus d’air, que faire avec mes neuf mâles ?

Victor :
Tu as six vieux et trois yearlings. Pour ces derniers, laisse-les élever un jeune : cela les aidera à s’attacher à leur casier. Tu pourras les mettre au veuvage sur leur premier jeune et même les jouer une ou deux fois avant de leur présenter la femelle. Tes six vieux, eux, peuvent être accouplés quinze jours plus tard et mis au veuvage sur des œufs d’une dizaine de jours. Ainsi, ton colombier restera équilibré, sans excès de pigeons, et tu éviteras le manque d’oxygène qui nuit tant à la santé.

Débutant :
Mais alors, je n’aurai pas de jeunes précoces…

Victor :
Sauf si tu accouples les vieux en hiver pour cela, et les yearlings plus tard. Il y a toujours moyen d’éviter la surpopulation. Et j’aimerais te parler d’une méthode que j’expérimenterai l’an prochain : ne pas accoupler du tout les futurs veufs avant la saison.

Je l’ai déjà essayé avec deux mâles, faute de femelles, et ces deux pigeons ont été mes meilleurs toute la saison. Pourquoi ? Parce qu’ils ont volé beaucoup plus avant le début des concours. Pendant la chasse au nid et la couvaison, les pigeons s’entraînent très peu. Sans femelle, ils volent matin et soir, renforçant leur musculature. Or, une musculature non entraînée ne peut pas soutenir de grandes performances sportives.

C’est la raison pour laquelle je pense que cette méthode mérite d’être essayée. Nous verrons bien les résultats.

Noël De Scheemaecker


À retenir

Tous les colombiers ne conviennent pas à l’élevage d’hiver. Un bon équilibre entre aération, espace et entraînement naturel est essentiel.
Un pigeon voyageur doit respirer un air pur et entretenir sa musculature avant la saison.
Car, en colombophilie comme ailleurs, la santé, l’air pur et l’entraînement régulier sont les clés de la performance.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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