Que pouvons nous connaitre des pigeons 1
29 octobre 2025 Par admin

Que pouvons-nous connaitre des pigeons? (1)

Que pouvons nous connaitre des pigeons 1

Le secret des bons pigeons

Bientôt dix ans se seront écoulés. À cette époque, nous n’avions en réalité que des « canards »… et nous-mêmes, nous n’étions encore que de simples débutants.
Un dimanche, un trieur se présenta au local de Wilrijk. Son arrivée avait été annoncée plusieurs semaines à l’avance et, désireux d’apprendre, nous étions là dès l’aube pour l’observer et tenter de lui arracher son fameux « secret ». Son nom m’échappe aujourd’hui, mais je me souviens parfaitement de l’homme : une stature imposante, une allure assurée, et un regard pénétrant. Il donnait l’impression de juger avec une profonde connaissance.

Mon frère me souffla :
— « Son secret, c’est la gorge : regarde, il ouvre le bec de chaque pigeon ! »
Je lui répondis :
— « Moi, je crois plutôt que son secret se cache dans les plumes, car il les examine longuement… »

Quoi qu’il en soit, après l’avoir observé des heures durant, nous décidâmes d’aller chercher nos propres pigeons. Il apposa un cachet sur chacun d’eux – paraît-il, pour éviter qu’on ne lui représente deux fois le même sujet.
Lorsqu’il eut terminé, il nous remit une liste indiquant que six de nos vingt pigeons étaient classés comme « extras ». Les autres étaient jugés « très bons » ou « bons ».

Autant dire que nous étions fiers !
Hélas, il ne fut pas question de prix… mais nous avions gardé le moral, et l’année suivante débuta sous les meilleurs auspices — pour se conclure par un unique prix !
On comprend mieux pourquoi je parlais de « canards »…

Les temps ont bien changé depuis ces années héroïques. À ce moment-là, nous étions loin d’imaginer qu’un jour, nous écririons à notre tour sur les pigeons. Mais malgré tout, nous n’avons jamais découvert le « secret ».

Oui, chers lecteurs, nous désirons tous apprendre ; tous, nous cherchons à mieux connaître nos pigeons, car c’est là que réside la véritable clé du succès durable.
Et, en effet, il faut posséder un minimum de connaissances pour devenir un bon colombophile — et surtout pour le rester. Sans cela, comment savoir si l’on progresse ou si l’on régresse ? Il faut une certaine dose de savoir pour ne pas être le jouet de la capricieuse Dame Fortune.

Malheureux est celui qui croit que le succès repose sur un secret détenu par d’autres. Car en pensant ainsi, il perd confiance en lui-même — et sans confiance, on est déjà battu.
Non, le secret du bon pigeon n’existe pas.

Certains trieurs ont prétendu le contraire. L’un d’eux affirmait récemment avoir découvert le secret dans… la queue du pigeon ! Il vendait cette découverte pour 500 francs. En vérité, ce qu’il avait trouvé, c’était le secret de « faire de l’argent » !

Encore une fois : non, il n’existe pas de secret. Mais il existe de nombreux indices qui révèlent la qualité d’un pigeon. Certains sont essentiels pour qu’un oiseau ait une réelle valeur sportive ; d’autres sont sans importance — pourtant, ce sont souvent ceux-là qui font le plus cogiter les amateurs !
Voyons cela ensemble.

Le mois dernier, nous avons parlé des muscles, de l’ossature et du poids du pigeon, en relation avec la force de l’aile. Ces quatre éléments forment un tout dont l’équilibre est fondamental.
On peut facilement vérifier la qualité musculaire d’un pigeon après l’avoir laissé un jour ou deux sans nourriture : un oiseau bien musclé reste ferme ; un faible fond littéralement.
La solidité de l’ossature se contrôle aussi aisément : en appuyant sur le rein, sous le bréchet. Si la cage thoracique s’enfonce sous la pression, le pigeon est fragile de constitution.

Comme le disait un grand maître — Sion, Bricoux ou Dupont, je ne sais plus — :

« L’arrière du pigeon, c’est presque tout ! »

Autrement dit, un bon pigeon doit être solide de l’arrière et bien « fermé ».
Les os de la fourche arrière ne doivent pas être complètement soudés. Tout est question de proportion :

  • Un pigeon lourd doit avoir une fourche robuste, presque soudée, proche du bréchet ;

  • Un sujet plus léger peut l’avoir un peu plus écartée, à condition qu’elle soit ferme et ne cède pas à la pression ;

  • En revanche, une fourche tombant sous la ligne du bréchet est le signe d’un oiseau mal bâti et peu apte aux concours.

Si, en appuyant derrière le bréchet, on peut facilement comprimer le pigeon, c’est qu’il est faible.

Le poids et la force de l’aile constituent ensuite un vaste sujet – on pourrait écrire des volumes à ce propos ! Le parallèle avec l’aviation est évident : tout est question de rapport entre poids, moteur et portance.

Pour la vitesse, un pigeon doit avoir un poids adapté à sa taille.

  • Un grand pigeon lourd n’est pas un coureur de fond : c’est un sprinteur.

  • Un grand pigeon léger peut être un bon voyageur de fond.

  • Un petit pigeon musclé et dense excelle sur les courtes et moyennes distances.

  • Un petit pigeon léger est idéal pour le grand fond.

Mais tout cela n’a de valeur que si l’aile et le moteur sont à la hauteur.

Une aile dure est un défaut rédhibitoire chez un pigeon lourd ; elle gêne moins chez un sujet léger.
Plus une aile est souple, plus le vol est aisé et endurant.
Une aile parfaite est puissante, musclée, souple, pas trop éloignée du corps, avec un avant-bras court, des rémiges primaires et secondaires qui se recouvrent parfaitement, sans interstice.
Et surtout, elle doit être proportionnée au poids de l’oiseau.

Un bon pigeon de vitesse peut être médiocre au fond, et inversement — bien que cela soit plus rare.
Un pigeon peut être bâti à la perfection, avec de superbes muscles et une aile idéale… mais sans un bon moteur, il ne va nulle part.
Ce moteur — le cœur et la respiration — est de loin la partie la plus sensible de notre « machine à voler ».

Nous en parlerons dans notre prochain article.
Et nous verrons aussi, pour conclure cette série, que même le « pilote », c’est-à-dire le colombophile, a un rôle bien plus grand qu’il ne l’imagine.


🕊️ Noël De Scheemaecker

Note :
Le sport colombophile a toujours véhiculé ses « secrets ». Dans les années trente, on y croyait dur comme fer — au profit des juges et des fabricants de pilules. À l’époque, les moyens d’information étaient rares : seuls quelques privilégiés pouvaient s’instruire. Les frères De Scheemaecker, eux, comprirent vite qu’en informant honnêtement les petits amateurs et en les protégeant contre les abus, leur revue connaîtrait un succès durable. Ils gagnèrent en effet la confiance de dizaines de milliers de lecteurs fidèles.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

Pour vous abonner au Magazine PIGEON RIT – Cliquez sur le bouton ci-dessous !

pigeon rit banner


ping gauche - pigeonUn standard sportif – pigeon voyageur (1)

ping gauche - pigeonLes yeux des pigeons voyageurs et leurs secrets