Pigeon Voyageur : Muscles, Puissance et Secrets des Champions pour des Performances Exceptionnelles
Introduction : pourquoi la musculature change tout chez le pigeon voyageur
Dans l’histoire de la colombophilie belge, la puissance musculaire du pigeon voyageur a toujours été considérée comme l’un des éléments les plus déterminants pour remporter des prix de tête. Les plus grands maîtres — Dr. Bricoux, Maurice Delbar, les frères Cattrysse, Vander Schelden, Emile Hertoghs et tant d’autres — ont tous souligné que le pigeon voyageur n’est pas seulement un animal d’orientation, mais avant tout un athlète dont la force provient des muscles qui actionnent ses ailes.
Le pigeon voyageur est un rameur de l’air. Contrairement aux rapaces, planeurs à l’aile rigide, le pigeon avance en battant ses ailes de manière continue, exigeant une puissance musculaire exceptionnelle. C’est cette mécanique du vol, combinée à une morphologie spécifique, qui fait toute la différence entre un pigeon ordinaire et un pigeon voyageur capable d’affronter vent de face, longues distances et conditions difficiles.
La morphologie idéale du pigeon voyageur : une forme de poire héritée des anciens maîtres
La vision du Dr. Bricoux
Le Dr. Bricoux, figure légendaire de la colombophilie belge, répétait que le pigeon voyageur devait présenter une forme de poire lorsqu’on l’observe de profil ou lorsqu’on le tient en main. Une poitrine pleine, ronde et musclée, un arrière-corps compact, et surtout une musculature ferme qui recouvre les côtes comme une couche de velours tendu.
Cette “forme de poire” n’est pas une image poétique : c’est la signature d’un pigeon voyageur dont les muscles pectoraux sont développés au maximum, capables de générer une puissance constante pendant plusieurs heures de vol.
Le test de la prise en main
Lorsque l’on saisit un pigeon voyageur de qualité, son poids tend légèrement vers l’avant. Ce basculement est le signe d’une masse musculaire concentrée sur les pectoraux — les moteurs du vol.
Tous les champions l’ont observé :
Plus la musculature est dense, plus le pigeon “tombe vers l’avant” dans la main.
Le pigeon voyageur : un rameur plutôt qu’un planeur
Une différence fondamentale avec les rapaces
Les rapaces utilisent les ascendances, le soleil, les courants thermiques. Leur vol est économique, presque passif. Le pigeon voyageur, au contraire, bat des ailes sans relâche. Son vol est actif, énergivore, basé sur un mouvement musculaire puissant et répété.
Cette différence explique pourquoi la musculature du pigeon voyageur doit être impeccable. Sans muscles puissants, pas de vitesse, pas d’endurance, pas de précision.
L’anecdote des Jeux Olympiques : l’enseignement de l’aviron
Carl Kratz, champion colombophile et athlète de haut niveau, racontait régulièrement une scène marquante.
Après la Première Guerre mondiale, il rencontra l’entraîneur de l’équipe d’aviron allemande, qui venait de remporter presque toutes les médailles olympiques. Lorsqu’il lui demanda son secret, l’entraîneur répondit :
“Nous attachons un gros morceau de bois au bateau. Mes rameurs doivent tirer cette charge supplémentaire. C’est cela qui forge leur puissance.”
Cette philosophie correspond parfaitement au pigeon voyageur : ajouter une résistance raisonnable pour développer la force de manière progressive et naturelle.
Les méthodes naturelles utilisées par les anciens champions
1. La méthode des rémiges raccourcies (expérience sur les tardifs)
Certains colombophiles expérimentés appliquent une technique ancienne sur leurs pigeons tardifs — ceux qui ne voyageront pas l’année suivante mais seront entraînés malgré tout.
Elle consiste à couper environ trois centimètres aux trois dernières plumes de l’aile. Résultat :
-
l’aile devient moins portante
-
l’oiseau doit battre davantage pour suivre le vol
-
les muscles du pigeon voyageur se développent plus rapidement
Cette méthode, utilisée prudemment, renforce de manière naturelle la puissance musculaire sans risque pour la santé des pigeons.
2. Le power-training d’Emile Hertoghs
Emile Hertoghs de Schoten, avec à peine une dizaine de couples, dominait l’Union d’Anvers.
Son “secret” — qu’il appliquait sans forcément en comprendre la logique physiologique — était une forme de power-training naturel.
Avant la volée, il nourrissait généreusement ses pigeons.
Pendant le vol, ces pigeons avaient dans le jabot 25 à 30 grammes de graines supplémentaires.
Ils volaient donc “lestés”, exactement comme un athlète s’entraîne avec un gilet chargé.
Résultat :
-
muscles renforcés
-
endurance accrue
-
qualité de vol exceptionnelle
Cette méthode a inspiré plusieurs générations de colombophiles.
3. L’effet des tardifs et de la première année difficile
On remarque souvent que certains tardifs deviennent, une fois adultes, de véritables phénomènes.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ont volé leur première année avec :
-
un plumage incomplet
-
des rémiges plus courtes
-
une capacité portante réduite
Ce handicap naturel les oblige à fournir plus d’effort musculaire dès leur jeune âge.
Une fois adultes, ces pigeons disposent d’une musculature plus forte, plus dense, parfaitement préparée aux concours.
Aile longue, muscles puissants : l’observation de Vander Schelden
La visite chez les frères Cattrysse
Un jour, en compagnie de Maurice Delbar et Victor Torrekens, plusieurs champions eurent l’occasion d’examiner le fameux « 45 », issu du légendaire couple “Pette × Mette” des frères Cattrysse.
C’était l’un des meilleurs pigeons voyageurs de Belgique.
Observation frappante :
Le « 45 » possédait l’aile la plus longue… et les muscles les plus développés.
La théorie de Vander Schelden confirmée
Selon Vander Schelden :
-
plus l’aile est longue,
-
plus la musculature nécessaire pour l’actionner doit être volumineuse,
-
plus le pigeon devient naturellement puissant.
Cette logique relie directement structure anatomique et performance sportive.
Le pigeon voyageur comme athlète : biomécanique, puissance et endurance
L’importance de la biomécanique du vol
Le pigeon voyageur utilise deux grands groupes musculaires :
-
Les pectoraux : moteurs principaux du battement d’aile
-
Les muscles du dos : stabilisateurs de la trajectoire
Ces muscles doivent être :
-
fermes
-
chauds
-
souples
-
pleins d’élasticité
Un pigeon voyageur trop gras, trop raide ou trop plat musculairement ne peut ni accélérer ni résister longtemps au vent.
L’importance capitale du muscle cardiaque
Le cœur du pigeon voyageur est proportionnellement l’un des plus puissants du règne animal.
Un bon entraînement doit renforcer non seulement les muscles visibles, mais aussi le muscle cardiaque :
-
meilleure oxygénation
-
vol plus régulier
-
récupération plus rapide
-
endurance décuplée
Les enseignements des grands maîtres : tradition, rigueur et observation
Les grands noms de la colombophilie belge — Bricoux, Delbar, Cattrysse, Vander Schelden, Hertoghs — ont transmis plusieurs principes intemporels :
1. Rien ne remplace la main du colombophile
C’est en manipulant régulièrement le pigeon voyageur que l’on découvre :
-
sa densité
-
sa musculature
-
sa forme réelle
2. La musculature est le meilleur indicateur de forme
Un pigeon voyageur en forme possède toujours :
-
muscles chauds
-
muscles vibrants
-
muscles élastiques
3. L’entraînement doit être progressif, jamais brutal
Les anciens insistaient :
« On fait la forme, mais on ne la force pas. »
Conclusion : la puissance musculaire, fondation du vrai pigeon voyageur
Un pigeon voyageur n’est pas simplement un oiseau rapide.
C’est un athlète complet : rameur des airs, sprinteur, marathonnien, grimpeur dans les vents, et détenteur d’une biomécanique remarquable.
Grâce aux méthodes naturelles utilisées par les grands champions — résistance légère, power-training, sélection de l’aile longue, travail progressif — il est possible de développer une musculature optimale, garantissant :
-
vitesse
-
endurance
-
stabilité
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orientation précise
-
régularité en concours
Un pigeon voyageur aux muscles puissants est un pigeon qui gagne.
[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]
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