Pigeon Voyageur Les Secrets dHavenith De Feyter Bricoux et Duray pour Former des Champions
15 novembre 2025 Par admin

Pigeon Voyageur : Les Secrets d’Havenith, De Feyter, Bricoux et Duray pour Former des Champions

Pigeon Voyageur Les Secrets dHavenith De Feyter Bricoux et Duray pour Former des Champions

Le pigeon voyageur a toujours été au cœur des plus grandes histoires de la colombophilie. Derrière chaque champion se cachent des méthodes, des secrets, des routines et des obsessions parfois méconnues. Parmi les figures les plus marquantes, plusieurs noms reviennent inlassablement : Evrard Havenith, son homme de confiance Gust De Feyter, ainsi que deux monuments de la colombophilie belge, le docteur Bricoux et Ernest Duray.
Ces hommes ont façonné une vision révolutionnaire du pigeon voyageur, une vision où la rigueur, l’hygiène, l’observation et la sélection étaient les véritables moteurs de la performance.

Dans cet article, nous allons plonger dans les coulisses de leurs méthodes. Ce n’est pas un récit de légendes, mais l’analyse précise et détaillée de principes qui, encore aujourd’hui, permettent de transformer un pigeon voyageur ordinaire en athlète redoutable.


L’héritage du pigeon voyageur chez Evrard Havenith

Evrard Havenith possédait l’une des colonies les plus respectées de son époque. Situé dans le château « Meerlenhof » à Hoboken, son pigeonnier était géré de main de maître par Gust De Feyter, véritable artisan de ses résultats.

L’histoire veut qu’Havenith disait souvent « mon Gust », non par condescendance, mais par reconnaissance. Il savait pertinemment que le succès d’un pigeon voyageur n’est jamais dû au hasard, mais au travail minutieux de l’homme qui l’observe, l’éduque, l’entraîne et le soigne.

Ce lien entre l’éleveur et le soigneur rappelle une vérité fondamentale :
Le service après-vente n’existe pas en colombophilie.
Un pigeon voyageur peut provenir d’une grande lignée, mais sans gestion précise, rigoureuse et adaptée, il n’apportera jamais les résultats attendus.


La méthode De Feyter : rigueur, observation et absence de consanguinité

Gust De Feyter n’était pas un théoricien. C’était un homme de terrain, un observateur patient et méthodique. Sa gestion du pigeon voyageur reposait sur trois fondations :

  1. Renouvellement constant des couples

  2. Croisement enrichissant plutôt que consanguinité

  3. Gestion individualisée de chaque couple

Un renouvellement annuel des couples

Pour De Feyter, il était essentiel de recomposer les couples chaque année.
Cela permettait :

  • d’éviter la stagnation génétique,

  • de maintenir la vitalité,

  • de stimuler la diversité des qualités,

  • et de limiter les tares héréditaires.

Un vieux mâle était toujours accouplé avec une femelle de deux ans, favorisant dynamisme et équilibre génétique.

Anti-consanguinité : une vision moderne avant l’heure

À rebours des idées reçues, Gust refusait la consanguinité. Pour lui :

« Une race pure est une race déchue »

Cette affirmation, choquante à l’époque, trouve aujourd’hui un écho scientifique clair : les croisements enrichissants renforcent le système immunitaire, améliorent la résistance, stimulent le mental et réduisent les risques de fragilité interne.

Le pigeon voyageur de Gust n’était pas une « race » mais un mélange de forces complémentaires.

La gestion en « kotjes » : efficacité totale

Le pigeonnier Havenith était composé de « kotjes » séparés, un système ingénieux où chaque couple de pigeons voyageurs disposait d’un espace individuel.
Avantages :

  • hygiène parfaite,

  • observation individuelle,

  • nourrissage ciblé,

  • réduction du stress,

  • meilleure reproduction.

Chaque kotje communiquait avec le grenier par une petite porte, permettant à Gust de nourrir et d’abreuver chaque couple de manière personnalisée.

➡ Un pigeon voyageur en couvaison ne recevait que quelques petites graines, précisément dosées entre trois doigts.
➡ Un veuf n’était jamais engagé sur des jeunes de moins de quatre jours.

Cette rigueur extrême forgeait des pigeons disciplinés, équilibrés et performants.


L’hygiène : le secret absolu du pigeon voyageur

S’il ne fallait retenir qu’un seul principe de Gust De Feyter, ce serait celui-ci :

« Chaque année, j’ai comme un colombier neuf. »

La chaux : désinfecter, purifier, assainir

Chaque hiver, Gust chaulait intégralement le pigeonnier, jusqu’aux recoins les plus cachés.
Résultats :

  • destruction des bactéries,

  • disparition des parasites,

  • assainissement de l’air,

  • réduction drastique des risques de maladies,

  • amélioration globale de la forme.

L’hygiène n’était pas une simple habitude : c’était l’obsession numéro un.

L’exposition des graines au soleil

Autre règle surprenante mais visionnaire :
Les graines étaient exposées au soleil.
Même si les mélanges modernes sont brossés, nettoyés et calibrés, Gust savait que la lumière solaire apporte :

  • purification naturelle,

  • activation enzymatique,

  • élimination des spores,

  • meilleure digestibilité.

Le soleil était un véritable complément alimentaire.


Les soins du pigeon voyageur : les trois secrets de la boisson

Contrairement aux rumeurs de l’époque, le colombier Havenith n’utilisait pas de potions magiques. La boisson des pigeons voyageurs n’était constituée que de trois éléments naturels et simples :

1. L’Aviol

Un mélange contenant iode et arsenic, utilisé autrefois pour :

  • stimuler le métabolisme,

  • renforcer le système immunitaire,

  • lutter indirectement contre la trichomonase.

À une époque où les traitements actuels n’existaient pas, l’aviol représentait un soutien précieux.

2. Le sel de Carlsbad

Un dépuratif utilisé après les concours pour :

  • nettoyer le foie,

  • accélérer l’élimination des toxines,

  • stimuler la récupération,

  • améliorer la vitalité globale.

Un pigeon voyageur avec un foie propre est un pigeon plus rapide et plus régulier.

3. Le thé d’orties blanches

L’un des secrets les plus anciens de la forme, utilisé pour :

  • fortifier le sang,

  • stimuler la circulation,

  • activer la forme,

  • renforcer la résistance naturelle.

C’était un remède utilisé aussi bien par les pigeons… que par les humains.


Le rôle décisif de l’alimentation dans la performance

L’alimentation du pigeon voyageur chez Havenith était simple mais ultra précise :

  • dosage réduit en couvaison,

  • régime plus riche avant la compétition,

  • graines purifiées au soleil,

  • boisson contrôlée.

Rien n’était laissé au hasard.
Chaque détail servait un objectif : amener le pigeon voyageur au sommet de sa forme sans jamais dépasser les limites naturelles.


Leçons des maîtres : Bricoux et Ernest Duray

Le docteur Bricoux et Ernest Duray faisaient partie des colombophiles les plus respectés de Belgique. Leur force commune :
➡ une vision pragmatique,
➡ une recherche constante de la perfection,
➡ une compréhension profonde du pigeon voyageur.

Bricoux insistait sur l’importance de tout faire à la perfection.
Duray, quant à lui, affirmait qu’en colombophilie, rien n’est absolu : l’observation prime sur la théorie.

Ces deux géants rappellent une vérité immuable :
Le pigeon voyageur n’est pas un animal de hasard mais un athlète exigeant.
Sa performance dépend de l’homme qui le prépare, pas seulement de ses origines.


Conclusion : le vrai secret du pigeon voyageur champion

Si l’on devait résumer tout l’héritage de Havenith, De Feyter, Bricoux et Duray en une seule phrase, ce serait celle-ci :

Le seul secret, c’est la santé.

La santé vient de :

  • l’hygiène,

  • la sélection intelligente,

  • les croisements enrichissants,

  • la précision alimentaire,

  • la rigueur quotidienne,

  • la gestion individualisée,

  • et l’observation constante.

Le pigeon voyageur champion n’est jamais le fruit du hasard.
Il est le résultat d’un travail quotidien, discret, exigeant et passionné.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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