Pigeon voyageur comprendre le jugement la subjectivite des juges et les veritables criteres devaluation en colombophilie
4 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : comprendre le jugement, la subjectivité des juges et les véritables critères d’évaluation en colombophilie

Pigeon voyageur comprendre le jugement la subjectivite des juges et les veritables criteres devaluation en colombophilie

Dans l’univers du pigeon voyageur, une question revient sans cesse : comment juger correctement un pigeon ? Et surtout, comment éviter l’immense part de subjectivité qui influence tant de classements, même lors des Olympiades ? Cette interrogation est née d’une expérience récente où, au mois de septembre, tu as été invité à juger cinq pigeons voyageurs. Tous avaient remporté un premier prix national ou avaient été classés As-pigeon national. Pourtant, après ton jugement basé strictement sur le “Standard”, tu as affirmé qu’aucun de ces champions n’aurait été classé honorablement dans une Olympiade. Pourquoi ? Parce que, selon toi, la notion de “Standard” a été déformée : beaucoup de juges confondent critères techniques et esthétique, considérant qu’un pigeon voyageur doit être “beau” pour être “standard”.

Cette réflexion amène naturellement une question essentielle pour tout amateur :
quelles leçons tirer de cette expérience, et comment juger un pigeon voyageur de manière juste, fiable et cohérente ?


1. Qu’est-ce qu’un jugement, et pourquoi manque-t-il de fiabilité ?

Victor explique qu’un jugement en Olympiade repose entièrement sur un système de points attribués selon un exposé explicatif. Chaque qualité du pigeon voyageur — musculature, équilibre, plumage, ossature, expressions — reçoit un quota de points allant de “insuffisant” à “très bon”. Sur papier, le mécanisme semble logique. Dans la réalité, il repose sur un constat difficile à éviter : aucun juge n’est exempt de subjectivité.

Cette subjectivité vient de plusieurs facteurs :

1.1. Le manque de “feeling”

Un juge peut connaître le Standard, mais ne pas ressentir physiquement le pigeon voyageur. Or le “feeling” de la main — l’équilibre, la tenue, le coffre, la vibration du muscle — ne s’apprend pas dans un livre.

1.2. L’influence du conditionnement

Les juges sont influencés par ce qu’ils voient depuis des années :
– leurs propres pigeons,
– les tendances esthétiques du moment,
– la mode des pigeons costauds ou des pigeons légers,
– les couleurs de plumage considérées “plus nobles”.

1.3. La tyrannie de l’esthétique

C’est le piège majeur.
Victor insiste : l’esthétique n’est pas la performance.
Les juges attribuent parfois un point de plus pour une tête expressive, un œil lumineux, ou un bleu remarquable… Et ce point peut séparer un champion national d’un pigeon voyageur ordinaire.

Ainsi, le système de points devient presqu’un jeu où quelques fractions de points suffisent à bouleverser un classement international.


2. Sports vs Standard : deux réalités différentes

Le débutant pose la question cruciale :
faut-il juger le pigeon voyageur pour sa valeur sportive ou selon le Standard, où l’esthétique interfère ?

Victor confirme que le mélange des deux mondes est une erreur.
Un pigeon voyageur exceptionnel sur les concours n’est pas toujours un champion de beauté, et inversement. Les meilleurs pigeons de voyage sont parfois “moyens” dans l’apparence, mais extraordinaires dans leur endurance et leur orientation.

Le Standard actuel pénalise souvent :
– les pigeons de petit gabarit,
– les pigeons très nerveux,
– les pigeons aux couleurs moins “valorisées”.

Ainsi, un pigeon voyageur performant peut être systématiquement sous-coté, simplement parce qu’il ne correspond pas au “type esthétique” favorisé par certains juges.


3. Les dangers du système par points

Le débutant comprend alors que juger au point près, voire au quart de point, est presque absurde.
Victor va plus loin : le système est présomptueux.

Pourquoi ?
Parce qu’il prétend mesurer objectivement des sensations subjectives :
– la souplesse du plumage,
– la densité du muscle,
– la tension de l’aile,
– l’équilibre en main,
– l’expression de l’œil…

Une cotation précise à 0,25 point près n’a aucun sens quand elle dépend du ressenti personnel du juge.


4. Comment améliorer l’évaluation du pigeon voyageur ?

Victor propose plusieurs solutions :

4.1. Simplifier la notation

Plutôt que 8,25 ou 9,5 points, établir des catégories simples :
– insuffisant
– suffisant
– bon
– très bon
– excellent

Cela limiterait la présomption de précision et réduirait mécaniquement les injustices.

4.2. Accepter les ex aequo

Pourquoi vouloir absolument désigner un seul champion absolu ?
Victor propose :
– 3 premiers,
– 2 seconds,
– 5 troisièmes…
comme dans certains concours d’élevage.

4.3. Juger à l’aveugle

Une idée brillante : juger un pigeon voyageur en main, sans le voir, les yeux bandés.
Le juge ressent alors l’équilibre, la musculature, le poids, la densité… sans être influencé par la tête, la couleur ou l’expression.

4.4. Juger dans les deux sens

D’abord du pigeon A au pigeon X, puis de X vers A.
La moyenne des deux jugements élimine l’effet “coup de cœur” ou “coup de fatigue”.

4.5. Séparer demi-fond et fond

Comme en athlétisme :
– un sprinteur n’a ni le même physique,
– ni la même énergie,
– ni les mêmes muscles qu’un marathonien.

Pourquoi demander au pigeon voyageur du fond d’avoir la même morphologie qu’un pigeon voyageur de vitesse ?

Victor affirme : ce sont deux types distincts.
Le Standard devrait les distinguer nettement.


5. La vraie beauté du pigeon voyageur

Victor conclut avec une réflexion précieuse.
Il rapporte les paroles du célèbre Jef Van Riel :

« Quand un beau pigeon est aussi un bon pigeon, alors c’est un très grand pigeon. »

Autrement dit :
La beauté n’est pas un critère d’élimination.
Mais elle ne doit jamais masquer l’essentiel :
les performances sportives, l’intelligence du vol, l’endurance et la récupération.

Le regard, la lumière dans l’œil, la morphologie… tout cela peut aider à deviner un bon pigeon, mais ne remplace pas l’analyse de ses résultats.


Conclusion : comment juger un pigeon voyageur de manière sincère ?

Le jugement parfait n’existe pas, car le facteur humain est omniprésent.
Mais en rendant les critères plus simples, plus honnêtes, plus techniques et moins esthétiques, on peut réduire les injustices.

L’objectif n’est pas de supprimer les Olympiades, mais de leur redonner leur sens :
récompenser les meilleurs pigeons voyageurs, non les plus beaux.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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