Virus herpes du pigeon voyageur symptomes transmission et prevention naturelle
14 octobre 2025 Par admin

Virus herpès du pigeon voyageur : symptômes, transmission et prévention naturelle

Virus herpes du pigeon voyageur symptomes transmission et prevention naturelle

Le virus herpès du pigeon est l’un des agents infectieux les plus fréquemment associés aux troubles respiratoires chez les pigeons voyageurs. Il possède la capacité de provoquer la maladie à lui seul, sans qu’une autre infection ne soit nécessaire. Ce virus est aujourd’hui très répandu, particulièrement en Belgique, où des études ont montré la présence d’anticorps spécifiques dans le sérum de près de 84 % des pigeons cliniquement sains. Cela démontre qu’une grande partie de la population colombophile est déjà entrée en contact avec l’agent pathogène, souvent sans présenter de signes visibles de maladie.

La prévalence du virus est tout aussi préoccupante dans les colombiers où des troubles respiratoires persistent de manière chronique. Environ 60 % de ces installations abritent des pigeons porteurs du virus. Lors d’épisodes de coryza aigu, les chercheurs ont détecté des anticorps spécifiques chez 63 % des pigeons malades, et le virus a été isolé dans le pharynx de 82 % d’entre eux. Des résultats similaires ont été observés dans plusieurs pays européens, notamment en France et en Allemagne, confirmant ainsi la dimension internationale du problème.

Ce virus a déjà été identifié dans de nombreuses régions du monde : Angleterre, Tchécoslovaquie, Australie, Belgique, Hongrie, Allemagne, France et Italie, preuve de sa large diffusion au sein de la communauté colombophile mondiale.


Transmission et portage latent

Très rapidement après l’infection, les pigeons commencent à excréter le virus, et cette phase d’excrétion dure généralement 7 à 10 jours. Les lésions apparaissent entre 1 et 3 jours après la contamination, correspondant à la période de pic d’activité virale. Même après la guérison clinique, les pigeons demeurent porteurs latents : le virus reste caché dans leur organisme et peut se réactiver sous l’effet du stress, de la fatigue ou d’un affaiblissement général.

Dans un colombier infecté, après la guérison de la primo-infection, une partie des pigeons deviennent asymptomatiques mais continuent d’excréter le virus de manière sporadique, participant à sa diffusion. Ces porteurs peuvent même transmettre le virus à leur descendance, bien que la transmission par l’œuf semble rare et non démontrée expérimentalement.

Les pigeonneaux se contaminent le plus souvent par voie buccale dès les premiers jours de vie, en ingérant des sécrétions infectées ou en contactant les becs des parents. Toutefois, la maladie clinique est généralement évitée grâce à la protection immunitaire passive transmise par les parents, via le vitellus. Ces jeunes développent ainsi une immunité temporaire, mais peuvent devenir eux-mêmes porteurs silencieux une fois adultes.

La maladie clinique se manifeste surtout dans deux situations :

  1. Lors de la primo-infection de pigeonneaux issus de parents totalement indemnes du virus ;

  2. Chez des pigeons porteurs latents soumis à un stress important (concours, mue, transport, changement de climat ou de nourriture).


Prévention et perspectives vaccinales

Les tentatives de chimiothérapie antivirale se sont jusqu’ici révélées inefficaces. Aucune molécule ne parvient à éliminer totalement le virus ni à empêcher son état latent. Cependant, des essais de vaccination ont montré des résultats prometteurs. Qu’il s’agisse d’un vaccin vivant atténué ou d’un vaccin inactivé en émulsion huileuse, ces approches réduisent la quantité de virus excrété après infection et atténuent les symptômes cliniques.

La vaccination n’élimine pas le virus latent, mais elle limite considérablement la propagation dans le colombier en réduisant la fréquence et l’intensité des réactivations. Chez des pigeons hyper-immunisés avec un vaccin inactivé après une infection naturelle, la réexcrétion virale est beaucoup plus faible.

Il serait donc judicieux de vacciner les reproducteurs avant la saison d’accouplement, afin d’offrir une protection indirecte aux jeunes. Toutefois, pour une application généralisée, plusieurs pistes d’amélioration restent à explorer :

  • Mieux atténuer le pouvoir pathogène du vaccin vivant pour éviter toute virulence résiduelle ;

  • Identifier un adjuvant plus efficace pour renforcer la réponse immunitaire du vaccin inactivé ;

  • Poursuivre les essais expérimentaux afin de garantir la sécurité et l’efficacité des protocoles de vaccination.


[ Source: Article édité par Prof. H. Vindevogel et Ing. J.P. Duchatel– Revue PIGEON RIT ]

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