Les pigeons en voliere avantages risques et precautions
1 novembre 2025 Par admin

Les pigeons en volière : avantages, risques et précautions

Les pigeons en voliere avantages risques et precautions

La liberté des pigeons comporte certains risques. C’est pourquoi de plus en plus d’amateurs, lorsqu’ils ont trouvé le « couple de rêve » donnant de bons jeunes, s’empressent de le placer en volière. Ce couple y rejoint quelques pigeons achetés, qu’ils soient jeunes ou adultes, issus de colonies de grande valeur et pour lesquels on ne veut pas courir les risques liés à l’adduction. La claustration devient alors complète.

Dans cette volière, que l’on souhaite la plus confortable possible, ces pigeons reçoivent régulièrement tout ce que l’amateur considère comme indispensable à un bon rendement reproducteur. Il est essentiel que cette volière réponde à des conditions de vie convenables pour ses hôtes : bon éclairement, aération adéquate (les normes habituelles s’y appliquent comme au colombier : quelles que soient la température, la pluviosité, ou la direction du vent, une fumée doit pouvoir être immédiatement évacuée par le toit). Autrement dit, même ouverte sur le devant, la volière sera souvent insuffisamment ventilée si l’on n’a pas prévu d’ouvertures à l’opposé : ondulations de tôles, vasistas, cheminées d’aération, etc.

Ne jamais oublier que la santé respiratoire dépend directement de cette bonne aération (surtout par fortes chaleurs), sans compter les risques de coccidioses persistantes et coriaces, se traduisant par des jeunes maigres, mal emplumés et sujets à la diarrhée. À l’étage, le sol sera idéalement en bois ; au rez-de-chaussée, en béton de cendrée, c’est-à-dire un béton de surface reposant sur 15 cm de mâchefer, qui isole du sol naturel et amortit les variations de température, principales sources d’humidité passagère.

Bien sûr, l’alimentation fait l’objet de toutes les attentions. Le mélange est riche, complété de verdures, grit, pierre à picorer, sel de cuisine, etc. Et tout semble aller parfaitement… du moins pendant un certain temps.
Tous ceux qui ont maintenu des pigeons dans de telles conditions savent que les premiers déboires apparaissent après environ quatre années de volière, surtout chez les femelles : ce sont elles qui sont le plus sollicitées, puisqu’elles pondent.

Chaque année, certains amateurs signalent que leurs pigeons, notamment en période d’élevage, se précipitent au champ dès la trappe ouverte — et cela malgré la présence de grit, de pierre à picorer, de verdure, de vitamines, voire de pain trempé dans du lait ou de légumes déshydratés. Cela démontre qu’une carence peut s’installer très rapidement dans l’organisme, même chez des pigeons recevant toutes sortes de compléments au colombier et ayant la possibilité, en liberté, d’aller chercher au champ ce qui leur manque.

En volière, c’est bien pire.
Les pigeons qui se précipitent au champ sont souvent soulagés par l’apport de sel de cuisine (une cuillère à café par litre d’eau pendant 3 à 4 heures, puis incorporation dans le grit à raison de 10 à 15 g par kilo), de levure de bière (apportant acides aminés et vitamines B), de farine de poisson (source de protéines animales) et surtout d’oligoéléments (électrolytes).

Les femelles qui présentent des troubles après 4 ou 5 ans de vie en volière souffrent, dans leur immense majorité, d’accidents de ponte : parésie de l’oviducte entraînant un arrêt de l’œuf dans le canal, ou ponte abdominale, le tout souvent suivi d’une péritonite mortelle. Et lorsque la femelle s’en sort grâce à un traitement précoce, elle demeure dans la plupart des cas définitivement stérile.
Mais pourquoi de tels accidents ?

Le grit et les minéraux classiques apportent en général le phosphore (auquel s’ajoute celui contenu dans les graines sous forme de phytine) et le calcium nécessaires. N’oublions pas, en parallèle, le rôle primordial du soleil et de la vitamine D3 (synthétisée par l’organisme grâce au soleil), éventuellement complétée par des cures polyvitaminiques régulières (un jour par semaine), ainsi que celui de la vitamine A dans l’assimilation de ces deux minéraux.

Mais ces éléments ne suffisent pas. Le magnésium et le manganèse jouent un rôle essentiel dans la formation de l’œuf et de l’embryon. Leur apport par la seule ration reste mal connu et très variable. À ces deux minéraux s’ajoutent les oligoéléments : zinc, cobalt, cuivre, et bien d’autres. Même à des doses infimes (de l’ordre du dixième de milligramme), ils conditionnent le tonus de l’appareil digestif, la vitalité de l’embryon, la solidité de la coquille, etc.

On comprend donc que l’apport équilibré de ces substances est un facteur capital du bon rendement et de la longévité des reproducteurs maintenus en volière.
Certains de ces compléments doivent être disponibles en permanence (levures, grit salé, pierre à picorer), d’autres distribués périodiquement (oligoéléments une fois par mois, verdure salée chaque semaine, etc.).

Dr J.-P. Stosskopf


Notice

S’il existe un endroit au monde où l’on possède une réelle expérience des pigeons vivant en volière, c’est bien la Station d’Élevage Natural.
Depuis plus de quarante ans, elle abrite dans cinquante volières de vingt-cinq mètres plus de douze mille pigeons. Les femelles reproductrices, après cinq ans d’élevage, sont vendues et très rarement un problème de santé ou de ponte est signalé.

Ce succès s’explique par des conditions de vie optimales : volières bien exposées au sud-est, parfaitement aérées, non surpeuplées, entretenues avec une hygiène rigoureuse. Les pigeons y reçoivent une alimentation complète et équilibrée, et très peu de médicaments.

Une vaccination contre la paramyxovirose et quelques traitements annuels contre la trichomonose suffisent à les maintenir en excellente santé. Et si, malgré tout, une femelle tombe malade, elle est tout simplement écartée de l’élevage.


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

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