Pigeon Voyageur le veritable Standard du bon pigeon
11 novembre 2025 Par admin

Pigeon Voyageur : le véritable Standard du bon pigeon

Pigeon Voyageur le veritable Standard du bon pigeon

Débutant :
Ces derniers temps, cher maître, j’ai lu dans plusieurs journaux colombophiles des articles au sujet du « Standard » du bon pigeon. Tous semblaient d’accord pour affirmer qu’il n’existait pas de véritable Standard, qu’un pigeon pouvait en valoir un autre, et qu’il n’était pas nécessaire qu’il soit bien constitué pour devenir champion. Que penses-tu de tout cela ?

Victor :
Je pense que tout défaut pouvant influencer négativement le vol d’un pigeon constitue une déviation du Standard. Or, le Standard a pour but de définir les qualités indispensables au bon pigeon, pour autant que celles-ci soient perceptibles à la vue et au toucher.


Débutant :
Crois-tu donc qu’un pigeon répondant parfaitement aux règles du Standard — quant à l’ossature, la musculature, le plumage, l’aile et même l’expression de la tête — soit forcément un bon pigeon ? C’est pourtant ce que contestent plusieurs chroniqueurs colombophiles. Où se trouve la vérité ?

Victor :
Le grand penseur français René Descartes, l’un des esprits les plus clairs que le monde ait connus, a donné quelques conseils que nous pourrions suivre pour atteindre la vérité.
Son premier principe était de ne recevoir aucune chose pour vraie que lorsqu’elle nous apparaît avec évidence comme telle. Cette évidence, disait-il, ne peut s’offrir qu’à celui qui considère chaque chose distinctement et clairement.
Le second était de diviser chacune des difficultés en autant de parties qu’il serait nécessaire pour mieux les résoudre.
Le troisième consistait à conduire notre pensée en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour remonter peu à peu vers la compréhension des plus complexes.
Enfin, le dernier principe était de faire des dénombrements si complets et des revues si générales qu’on fût assuré de ne rien omettre.


Débutant :
Je crois, en effet, que celui qui procéderait ainsi pourrait se faire une idée juste de ce que devrait être le véritable Standard du bon pigeon.

Victor :
Mais ce n’est pas chose facile. Pour ma part, je reconnais qu’il y a mille raisons de se tromper. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à chercher la vérité parce qu’elle est difficile à atteindre, ou même lorsqu’elle semble inaccessible. Ce serait aller à l’encontre de la nature même de l’esprit humain, qui tend vers la vérité.
Rejeter le Standard sous prétexte qu’on n’y voit pas clair n’est pas un argument valable contre lui. Cela signifie seulement que notre propre conception du Standard est imparfaite, et qu’elle ne peut donc être le vrai Standard — celui qui se rapprocherait le plus possible de la vérité sur les qualités essentielles du bon pigeon.


Débutant :
Mais alors, cher maître, pourquoi se trompe-t-on si souvent lorsqu’on examine un pigeon ?

Victor :
Avant tout parce que, dès qu’il s’agit de juger l’ensemble d’un pigeon, c’est notre raisonnement qui intervient. Or, nous raisonnons souvent mal, car nous ne connaissons pas toujours, comme le disait Descartes, tous les éléments susceptibles d’influencer cet ensemble, ni l’ordre dans lequel ils agissent. L’équilibre est difficile à apprécier.


Débutant :
Quelques exemples rendraient ton raisonnement plus clair.

Victor :
Prenons deux exemples célèbres : le « petit bleu » de Roosens, 1er prix national sur Barcelone, et le « Slappe » — c’est-à-dire le « faible » — de Pol Bostijn, 1er prix national sur Pau. J’ai tenu ces deux pigeons en main.
Impossible de les juger selon le « Standard » classique, celui qu’on applique à tort, sans tenir compte de la qualité globale du pigeon.
J’ai vu le bleu de Roosens après la saison sportive, mais non au moment de sa victoire sur Barcelone. Madame Roosens, presque aussi passionnée que son mari, me disait qu’ils l’avaient engagé parce qu’il montrait une forme exceptionnelle. Il débordait d’énergie, et ses volées avant l’enlogement étaient impressionnantes.
Je suis convaincu qu’à ce moment-là il devait être « gonflé à bloc », avec un plumage d’une finesse et une transparence d’œil remarquables. Mais ce n’est pas à ce moment-là qu’on juge selon le Standard — alors que c’est précisément le moment idéal pour le faire. Un pigeon en grande forme devient un tout autre pigeon ; tout colombophile attentif l’a déjà observé.

Quant au « Slappe » de Pol Bostijn, je le classe parmi les pigeons dotés de qualités spécifiques qui les rendent imbattables par temps chaud et après de longues heures de vol. Si je ne me trompe pas, il triompha avec deux heures d’avance !
Ce pigeon, d’une légèreté étonnante, avait une aisance de vol exceptionnelle et une respiration presque imperceptible. Il devait donc posséder un cœur et des poumons tout aussi remarquables.
On l’appelait « Slappe » parce qu’il semblait frêle — tout le monde pouvait l’acheter avant ses exploits, mais personne n’en voulait. Et pourtant ! L’une des erreurs du « Standard » est de privilégier le pigeon « beau et costaud ».

Mon regretté ami Victor Torrekens me disait un jour : « Je n’ose jamais déclasser un pigeon malingre quand il a une bonne gorge, c’est-à-dire une respiration lente et des organes parfaits. Car la puissance invisible, celle qu’on ne perçoit ni à l’œil ni au toucher, réside souvent là : dans les poumons et le cœur. »
C’est d’ailleurs vrai pour tout athlète dont l’endurance est mise à l’épreuve.


Débutant :
Il ne faut donc jamais condamner un pigeon à la légère lorsqu’il n’est pas en condition parfaite.

Victor :
Exactement. On dit parfois que le Standard ne tient pas compte des qualités directement liées à la valeur sportive du pigeon — la qualité des voies respiratoires, l’équilibre général, la résistance. Et on a raison de le lui reprocher.


Débutant :
Mais alors, le véritable Standard, c’est peut-être le colombophile lui-même qui doit le définir, au sein de son propre colombier, et non les juges d’exposition en hiver ?

Victor :
Il y a là une grande part de vérité. Lorsque le docteur Bricoux et Paul Sion parlaient du Standard, c’était leur propre standard — celui qu’ils exigeaient de leurs pigeons et qu’ils savaient évaluer avec des mains expertes et un esprit clair. Leurs succès parlent pour eux.
Et quand je voyais un Gust De Feyter, le célèbre manager du colombier Havenith, ou encore Jef Van Riel, Hector De Smet, Georges Fabry, Ward Goossens et d’autres super-champions examiner un pigeon, je ne doutais pas qu’ils portaient en eux un véritable standard, à la fois dans la tête et dans les mains.

S’ils ont été les plus forts, il serait présomptueux de rejeter le Standard sous prétexte qu’on n’est pas un docteur Bricoux, un Paul Sion ou un Van Riel.
Certes, l’un attachait plus d’importance à la musculature, un autre au plumage, un autre à l’expression ou à l’aile… mais une conclusion s’impose : tous pouvaient se tromper, oui — mais certains se trompaient un peu moins que les autres.

Comme disait Victor Torrekens : « La différence entre les bons et les très bons, c’est que les très bons se trompent un peu moins souvent. »
S’il n’existait aucun Standard, même approximatif, tout le monde se tromperait à coup sûr, et à chaque fois.

Et pour conclure, comme le disait Einstein : « Dieu ne joue pas aux dés. »
Je ne crois pas, moi non plus, que le sport colombophile soit un jeu de hasard.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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