Pigeons Voyageurs et Concours de Grand Fond Pourquoi le Lacher Matinal Assure lEquite Sportive
6 novembre 2025 Par admin

Pigeons Voyageurs et Concours de Grand Fond : Pourquoi le Lâcher Matinal Assure l’Équité Sportive

Pigeons Voyageurs et Concours de Grand Fond Pourquoi le Lacher Matinal Assure lEquite Sportive

Dans les concours de grand fond, lorsqu’un lâcher matinal est effectué, il arrive que seuls quelques pigeons des courts points parviennent à regagner leurs pénates le jour même. Cette situation a souvent été perçue par de nombreux amateurs comme un désavantage évident pour les pigeons des longs points. Ce sentiment, particulièrement répandu aux Pays-Bas, a conduit depuis de nombreuses années à l’organisation de concours nationaux de fond et de grand fond avec un lâcher systématiquement retardé, obligeant ainsi les pigeons à passer la nuit dehors.
L’objectif était de corriger une prétendue inégalité entre l’avant-main et l’arrière-main, en retardant le lâcher jusqu’aux heures de midi.

Je n’ai jamais partagé ce point de vue et, à plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de démontrer, chiffres à l’appui, qu’il est illusoire de vouloir offrir des chances réellement égales à tous lorsque les distances de vol varient considérablement — comme c’est le cas dans les concours nationaux et internationaux où le front d’arrivée s’étend sur une très grande largeur et profondeur. En effet, avec des écarts de distance pouvant dépasser 300 km (par exemple entre le sud du rayon allemand et les longs points néerlandais), aucune formule ne peut garantir une parfaite équité. Les conditions météorologiques, et plus particulièrement la direction du vent, jouent un rôle déterminant dans l’attribution des premières places.

En Belgique, les organisateurs n’ont pas suivi cette tendance, bien que certaines tentatives aient été faites dans le même sens. Je me souviens notamment qu’en 1985, deux concours internationaux — Pau et Perpignan — furent organisés avec un lâcher retardé à midi. Ces deux étapes de grand fond se soldèrent par un échec.

Les organisateurs du Perpignan international tirèrent ensuite les conclusions logiques de leur expérience : à partir de 1986, ils optèrent définitivement pour un lâcher matinal. En revanche, rien ne changea pour Pau, et le concours suscita à nouveau de vives réactions en Belgique, notamment en 1991.
Les grands principes défendus par les organisateurs volèrent en éclats : lors de ces deux éditions, les pigeons furent « chassés par le vent » à grande vitesse, si bien que quelques-uns regagnèrent leur colombier le jour même, tandis qu’une série d’autres, ignorant la neutralisation, arrivèrent en pleine nuit ou très tôt le lendemain matin.

Lorsque le vol nocturne se produit, le rapport de force s’inverse inévitablement au détriment des courts points. Cela fut démontré de manière spectaculaire lors des concours internationaux de Pau en 1985 et en 1991.

En 1985, malgré sa constatation à 21 h 35, Roger Vereecke, vainqueur national belge, dut subir la concurrence d’une série de pigeons hollandais qui continuèrent à voler bien après la tombée de la nuit, donc durant la période de neutralisation.
La victoire internationale revint finalement à un amateur d’Amsterdam, dont le pigeon — ayant survolé 230 km supplémentaires — fut constaté le lendemain matin à 5 h 50, soit 50 minutes après la fin de la neutralisation.

En 1991, le scénario se répéta presque à l’identique. Trois pigeons du nord de la France arrivèrent le jour même, dont le premier à 21 h 57. Pourtant, ce pigeon ne se classa qu’à la 41ᵉ place internationale, battu par une série de pigeons, en majorité hollandais, constatés le lendemain matin.
J’ai calculé que, dans de tels cas, pour espérer remporter le premier prix international, le pigeon de Roger Vereecke aurait dû posséder une avance supplémentaire d’une heure en 1985, et celui du colombophile français d’une heure et demie en 1991 — ce qui est pratiquement impossible.

Chacun peut comprendre que les pigeons de l’avant-main sont totalement désavantagés face à ceux qui volent durant la période de neutralisation : chaque kilomètre parcouru de nuit représente un gain pur pour ces derniers.

L’apparition de telles anomalies a poussé certains chroniqueurs belges à remettre en question le système de neutralisation, voire à réclamer son abolition. Peut-être ont-ils cru trouver dans mes analyses un appui à leurs thèses. Il n’en est rien.
Je ne partage absolument pas leurs conclusions, comme je l’ai clairement indiqué dans mon article « Encore quelques remarques sur la biologie du vol (2ᵉ point) : neutralisation et barre des 800 m/m », publié dans Pigeon Rit, n°1 de novembre 1991.

Dans cet article, fondé sur l’analyse de résultats colombophiles de 1975 confrontés à des données scientifiques récentes, j’ai conclu que le début et la fin de la neutralisation, tels que définis par la R.F.C.B., correspondent parfaitement à la réalité biologique du vol. Il n’y a donc aucune raison d’y apporter la moindre modification.
Cependant, je tiens à souligner un point essentiel : cette conclusion n’est valable que pour les concours avec lâcher matinal. Car il existe une différence fondamentale entre un lâcher matinal et un lâcher retardé — et c’est précisément là que réside le problème.

Lorsqu’un lâcher retardé se déroule dans des conditions favorables (fort vent arrière, excellente visibilité, clair de lune, etc.), les meilleurs pigeons terminent leur journée de vol sans fatigue excessive. Certains poursuivent alors leur route et atteignent même leur colombier durant la nuit. Ce vol nocturne entraîne des vitesses irréalistes, car le temps de vol de nuit est neutralisé, faussant ainsi tout le classement.

Le déroulement sportif est alors profondément altéré : les pigeons de l’avant-main sont battus d’avance.
De nombreux concours à lâcher retardé en ont fourni la preuve : aux Pays-Bas (Bergerac, St-Vincent, Dax en 1985) comme en Belgique (Pau et Perpignan en 1985, Pau à nouveau en 1991).

La situation est toute différente lors des concours à lâcher matinal. Dans ces cas, les pigeons disposent de toute la journée pour accomplir leur effort. Lors des étapes très dures, beaucoup s’arrêtent en fin de journée, tandis que les plus résistants continuent à voler jusqu’à la tombée de la nuit. Mais, même pour eux, la fatigue finit par imposer l’arrêt : aucun pigeon ne poursuit sa route dans l’obscurité.
Ainsi, personne n’est battu d’avance, même pas les pigeons des longs points. Les concours restent équitables, et les victoires se répartissent entre toutes les régions du pays.

Il est d’ailleurs surprenant de constater à quel point les positions divergent entre Belges et Hollandais concernant la neutralisation.
Il est incompréhensible que les Hollandais s’en préoccupent si peu, alors qu’ils sont régulièrement confrontés au vol nocturne. Rien n’a changé après les échecs retentissants de 1985 ou de 1991. Pire encore, ils ont parfois délibérément choisi de provoquer un vol de nuit, comme lors du concours de Ruffec, ramené à Orléans en raison du mauvais temps, puis lâché à 17 heures le 7 juillet. Résultat : des vitesses incroyables, mais un déroulement sportif biaisé.

En conclusion, seuls les concours de fond avec lâcher matinal garantissent un déroulement régulier et équitable. Le système actuel de neutralisation du temps de vol n’est pas en cause.
La véritable solution réside dans l’abandon définitif des lâchers retardés.

Prof. Dr. G. Van Grembergen


Notice :
Lorsque les conditions météorologiques sont favorables lors d’un lâcher retardé, les meilleurs pigeons ressentent peu de fatigue à la fin de la journée et continuent leur vol jusque dans la nuit.
Selon le Professeur Van Grembergen, le problème des vitesses artificiellement élevées et de la neutralisation inéquitable ne se résout pas par une révision du règlement, mais par la suppression pure et simple des lâchers retardés.


[ Source: Article édité par Prof. Dr. G. Van Grembergen– Revue PIGEON RIT ]

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