Le courrier des lecteurs n°9– pigeon voyageur
Question :
Olivier Carlier d’Escanaffles, débutant en colombophilie, pose quatre questions qui intéresseront sans doute tous les novices.
Première question :
Quels vaccins conseillez-vous ? Quand faut-il vacciner et doit-on revacciner chaque année ?
Deuxième question :
Quel type de mélange faut-il donner aux femelles des veufs durant la saison des concours ?
Troisième question :
Mes pigeons se posent souvent sur la pelouse et y picorent. Puis-je les laisser faire ?
Quatrième question :
Mon pigeonnier de jardin est placé à 10 à 15 cm du sol. Mes amis affirment qu’il devrait être surélevé d’au moins 50 cm. Ont-ils raison ?
Réponse :
— Vaccination :
Une vaccination est absolument indispensable contre la paramyxovirose, à effectuer au printemps à l’aide d’un vaccin inactivé par injection, seul véritablement efficace.
Je conseille de vacciner sur le premier nid en mars, ainsi que les jeunes précoces si vous en avez. Les pigeonneaux doivent être vaccinés dès le sevrage, afin d’assurer une protection complète.
Le vaccin La Sota n’offre qu’une protection très courte et très variable. J’ai observé de nombreux cas de paramyxovirose 5 à 8 semaines après cette vaccination, surtout lorsqu’elle est administrée par voie oculaire, nasale ou dans l’eau de boisson — cette dernière méthode étant totalement inefficace.
Il est prouvé que la vaccination par injection intramusculaire profonde n’altère en rien la forme des pigeons. Un ami a réalisé 32 prix sur 35 engagés, dont deux premiers prix sur 2 000 pigeons, cinq jours seulement après avoir vacciné avec un vaccin inactivé du type New Cavac, Imopet, Itanew ou Colombovac.
Beaucoup d’amateurs rencontrent chaque automne des cas de paramyxo sans oser l’avouer.
Les autres vaccinations sont facultatives :
-
la variole chez les pigeonneaux, à faire début mai (la maladie reste bénigne si les pigeons reçoivent régulièrement des vitamines) ;
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la paratyphose, selon les risques du colombier.
Évitez les vaccins trop polyvalents, prétendant protéger contre tout : ils sont souvent inefficaces contre la majorité des maladies indiquées.
— Alimentation des femelles de veufs :
Durant la saison des concours, donnez un mélange léger, contenant environ 10 % de légumineuses et un peu d’orge, sans petites graines. Distribuez 25 g par jour, plus un petit repas supplémentaire avant leur présentation aux veufs.
— Pigeons sur la pelouse :
Laissez vos pigeons picorer sur la pelouse à condition qu’aucun engrais ni désherbant sélectif n’y soit utilisé.
Pour éviter les carences et limiter les comportements de recherche au sol, veillez à fournir grit, pierre à picorer, levure de bière et poisson séché (morue, par exemple) au colombier.
— Hauteur du pigeonnier :
Il est effectivement préférable que votre pigeonnier soit surélevé d’au moins 50 cm. L’essentiel est de garantir une bonne circulation d’air sous la structure, ce qui améliore la ventilation et réduit l’humidité.
Question :
Un amateur souhaitant garder l’anonymat demande si la présence d’animaux de basse-cour (canards, lapins, poules, etc.) est nuisible aux pigeons.
Réponse :
Les animaux de basse-cour ne posent pas de problème à proximité des pigeons s’ils sont bien entretenus.
Les risques proviennent surtout des gaz de fermentation des litières, des fientes, de l’urine des lapins, et des parasites (poux rouges, tiques, etc.).
Veillez à maintenir une hygiène stricte et à vacciner contre la variole vers 6 à 8 semaines d’âge, soit au moins 15 jours avant les premières mises au panier.
Question :
Un amateur de Saint-Mard écrit qu’il rencontre parfois des problèmes de santé chez ses pigeons.
Pour éviter les cures aveugles, il envisage d’acheter un microscope afin de détecter lui-même d’éventuelles maladies. Il souhaite savoir si cette solution est pertinente et comment procéder.
Réponse :
Observer les parasites au microscope consiste à :
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examiner la salive, immédiatement après le prélèvement, sur une lame tiède sans lamelle, pour rechercher d’éventuels trichomonas ;
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examiner les fientes fraîches, diluées dans une eau légèrement épaissie (pour augmenter la densité), afin de faire remonter à la surface les oocystes de coccidies et les œufs de vers.
Il ne s’agit pas ici de bactériologie, car l’analyse des microbes demande un apprentissage long et une interprétation complexe.
Pour réussir ces examens :
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procurez-vous un microscope d’occasion de qualité, offrant une bonne profondeur de champ (grossissements de x100 à x400 sur deux ou trois objectifs suffisent) ;
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évitez les petits microscopes pour enfants vendus chez les opticiens ou dans les magasins de jouets ;
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faites-vous accompagner par un technicien expérimenté, capable de vous fournir les produits nécessaires et de vous apprendre à identifier les trichomonas, les oocystes de coccidies et les œufs de vers.
C’est un travail délicat, mais avec de la rigueur et de la pratique, il peut s’avérer très utile pour un colombophile attentif à la santé de ses pigeons.
[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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