Le courrier des lecteurs n°8– pigeon voyageur
28 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°8– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°8– pigeon voyageur

Question :

Félicien Absil a lu dans une revue sérieuse l’article suivant :

« Pigeons et cancer du poumon. Trois études réalisées par des équipes scientifiques différentes — néerlandaises, berlinoises et écossaises — aboutissent à la même conclusion : le pigeon multiplierait les risques de cancer du poumon.
Ce risque cancérigène lié aux oiseaux serait expliqué, selon l’équipe berlinoise, par l’inhalation de particules libérées par les plumes et certains agents infectieux portés par les oiseaux. D’autres hypothèses évoquent un toxique présent dans les déjections, responsable d’infections pulmonaires. »

Félicien voudrait savoir ce qu’il faut conclure d’un tel article et s’il existe éventuellement un traitement préventif.

Réponse :

Ce n’est pas la première fois que frappe le terrorisme colombophile. Nous devions déjà tous mourir de l’ornithose, de la maladie des éleveurs d’oiseaux, d’allergies diverses, sans parler des microbismes supposés — staphylococcies, paratyphoses, klebsielloses, mycoplasmoses, etc.
Bien sûr, quelques amateurs sont allergiques aux pigeons, comme d’autres le sont aux plumes de leur oreiller, aux fraises ou encore au poisson. Il existe aussi, très rarement, des cas de maladie des éleveurs d’oiseaux, affection grave qui oblige à cesser tout contact avec les volatiles, et quelques cas isolés d’ornithose, heureusement bénins et facilement guéris après diagnostic.
Quant aux « microbismes », jamais constatés !
Et puis, après tout, toute activité humaine comporte ses risques et ses incompatibilités. Peut-être que respirer des poussières de plumes ou de fientes pourrait favoriser un cancer latent, mais il ne faut pas généraliser. D’ailleurs, beaucoup de colombophiles sont fumeurs, donc déjà exposés à ce risque.
Cela fait 50 ans que je joue aux pigeons. En repensant à mes nombreux amis colombophiles disparus, je n’en ai trouvé aucun mort d’un cancer du poumon…


Question :

Un lecteur de Soignies a acheté en janvier des jeunes pigeons de bonne origine. Il les a directement placés dans une volière, et ils n’ont jamais volé à l’extérieur jusqu’à ce jour. Il souhaite les accoupler début janvier et demande s’il a des chances d’obtenir des jeunes valables pour les concours 1994 malgré le jeune âge des parents.

Réponse :

Tout pigeon pubère, c’est-à-dire âgé de plus de 5 à 6 mois, peut reproduire et transmettre à ses pipants la moitié de son bagage héréditaire. Il est toutefois souhaitable qu’il ait terminé sa croissance pour bien élever.
Jusqu’à sa déchéance génitale (le mâle qui « coche clair » ou la femelle qui ne pond plus), il transmettra fidèlement ses caractères héréditaires. La qualité de l’élevage, elle, dépendra de son expérience.
Vous pouvez donc sans hésiter faire des jeunes précoces avec vos pigeonneaux de 1993. Dix jours avant l’accouplement, donnez-leur des vitamines, et une ration riche en légumineuses et en graines grasses, jusqu’à la ponte.


Question :

Un lecteur de Namur pose deux questions : l’une sur la stérilité, l’autre sur le plumage.
Il possède quelques mâles âgés de dix ans qui ne fécondent que durant les mois d’été. Il a acheté chez un vétérinaire spécialisé des médicaments ayant eu un effet positif sur leur fertilité et voudrait savoir combien de temps poursuivre le traitement.
Il écrit également :

« J’ai des pigeonneaux — parfois les deux du même nid, parfois un sur deux — qui présentent des anomalies du plumage. Toutes les plumes de l’aile, de l’arrière-aile et de la queue sont marquées et effilochées aux extrémités. Elles ne s’ouvrent pas avant 12 à 15 jours. Les parents n’ont reçu aucune cure pendant l’accouplement, la couvaison ou l’élevage. Quelle en est la cause ? »

Réponse :

La stérilité des vieux pigeons, mâles comme femelles, résulte d’une dégénérescence progressive du tissu noble des glandes génitales, remplacé peu à peu par du tissu conjonctif de soutien.
L’administration d’hormones gonadotropes (ou gonadotrophines) peut retarder cette dégénérescence et stimuler l’activité des tissus encore fonctionnels, la vieillesse s’accompagnant d’une baisse de production de ces hormones par l’hypophyse.
Il faut effectuer plusieurs injections successives, sur pigeon découplé, et attendre quelques jours après la dernière avant de le réaccoupler. Ensuite, une injection d’entretien chaque mois permet de maintenir l’activité reproductrice. Le même traitement s’applique aussi bien aux femelles.
Cependant, si la dégénérescence est ancienne (un an ou plus), les chances de succès diminuent fortement. Les doses varient selon le produit, mais on administre en général 100 à 200 unités par injection.

Quant aux anomalies du plumage, elles sont plus mystérieuses. Elles sont souvent causées par l’usage de médicaments anticoccidiens potentialisés (pyriméthamine, triméthoprime, etc.), mais vous dites ne pas en employer.
Ces pigeonneaux sont-ils bien « ronds » ? Toute affection survenue dans la jeunesse peut altérer la croissance normale des plumes. Affaire à préciser.


Question :

Un lecteur français, Léonce Mignien de Fort-Mardyck, écrit début septembre :

« Depuis quelques semaines, une maladie que l’on croyait être la paramyxovirose est apparue dans certaines colonies.
Nous habitons à proximité de Dunkerque, mais nous apprenons que des cas sont signalés dans le Calaisis et la région de Saint-Omer.
L’autre jour, à La Panne (Belgique), j’ai encore entendu dire que bien des pigeons étaient malades. Cette maladie touche surtout les jeunes, en apparence, car les vieux ont de belles fientes.
Chez moi, les fientes sont devenues molles pendant quelques jours, sans diarrhée marquée. Un certain M. Pauwels a fait autopsier un de ses pigeons atteints : le vétérinaire lui a prescrit de la colistine, qui a apporté une nette amélioration.
Mais un autre colombophile, ayant interrompu le traitement après trois à quatre jours, a vu la diarrhée réapparaître. De quelle maladie s’agit-il et comment la traiter ? »

Réponse :

Votre lettre me parvient alors que je suis en vacances. Vous omettez pourtant l’essentiel : ces pigeons étaient-ils vaccinés contre la paramyxovirose ? Depuis quand, et avec quel vaccin ?

Les autopsies et examens bactériologiques ont un intérêt limité, car le virus n’est généralement pas recherché ni toujours détectable sur un cadavre.
Les pigeonneaux sont très exposés à deux maladies virales :

  • La paramyxovirose, lorsqu’ils ne sont pas vaccinés par injection au fur et à mesure des sevrages. Même vaccinés, ils restent vulnérables durant 2 à 3 semaines, le temps que la protection s’installe. Beaucoup d’amateurs attendent trop longtemps et se laissent surprendre.

  • L’adénovirose, qui frappe uniquement les pigeonneaux de 2 à 3 mois : tristesse, vomissements, diarrhée, et environ 25 % de mortalité. Aucun remède spécifique n’existe. On peut seulement traiter les complications de colibacillose, presque toujours associées, comme dans la paramyxo.

Le seul traitement possible consiste à donner un anticolibacillaire (comme la colistine) associé à des vitamines (A, B, C) pour renforcer la résistance naturelle.

Enfin, j’ajouterai ceci :
Certains colombophiles songent à abandonner après de tels ennuis, mais ils devraient d’abord réfléchir à l’usage massif et inconsidéré de la cortisone chez les jeunes.
Cette pratique affaiblit gravement leurs défenses naturelles et augmente la virulence des germes, rendant les maladies bien plus dangereuses pour tous les pigeons, traités ou non.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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