Le courrier des lecteurs n°26– pigeon voyageur

Question :
Notre lecteur italien, Aride Molari, de Cesena, nous envoie des photos montrant des pigeonneaux dont les plumes ne s’épanouissent pas et demande à en connaître la cause. Il signale que la paratyphose sévit dans sa région depuis quelques années, mais que les vétérinaires locaux sont opposés à la vaccination, estimant que le pigeon vacciné perdrait de sa valeur sportive.
Réponse :
Vos jeunes ressemblent assez à ceux dont les parents reçoivent, par l’eau de boisson, des anticoccidiens potentialisés par des antifoliques tels que la pyriméthamine ou la diavéridine.
Un autre symptôme de cette carence en acide folique — provoquée par ces produits — est le pica : les parents ont tendance à tirer les jeunes plumes de leurs pipants.
Par ailleurs, ces pigeonneaux présentent un excellent état d’embonpoint. Il n’est pas exclu que d’autres médicaments puissent provoquer des effets similaires. Une enquête s’impose.
Je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à une vaccination anti-paratyphose bien conduite en milieu infecté ou menacé. Certes, peu de personnes savent s’en servir correctement, et il existe de nombreux vaccins insuffisants. Ils ont l’inconvénient d’être peu efficaces, mais en aucun cas dangereux, et ne diminuent pas la valeur des pigeons.
Je vous conseille de relire l’article que j’ai publié à ce sujet dans Pigeon Rit.
Question :
De M. Michel Catherine, de Quévy-le-Petit.
J’ai construit un nouveau pigeonnier (croquis joint) et placé 16 jeunes dans chaque compartiment. À chaque volée de 10 à 15 minutes, les pigeons rentrent le bec ouvert. J’ai effectué les cures suivantes : Tricho Plus, puis Baytril (5 jours), et Omicoryl en injection intramusculaire, sans amélioration. Ai-je bien ou mal agi ?
Réponse :
Je ne puis que vous déconseiller de répéter ce traitement à l’aveugle. Après son échec, il est indispensable de suivre rigoureusement le protocole suivant :
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Vérifier, quelle que soit votre opinion, l’aération de vos colombiers à l’aide du test de la cigarette. Modifiez les installations si nécessaire, jusqu’à obtenir une ventilation correcte. Renoncez à tout produit poussiéreux (blanc, etc.) ou fortement odorant.
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Faire effectuer des analyses à partir d’un ou deux pigeons n’ayant reçu aucun traitement depuis au moins un mois :
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Recherches bactériologiques dans :
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la muqueuse des sinus
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le foie
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les reins
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le cerveau
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l’œsophage
Chaque germe isolé devra faire l’objet d’un antibiogramme détaillé (avec plusieurs antibiotiques utilisables en médecine aviaire).
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Tests sérologiques pour :
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la mycoplasmose
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l’ornithose
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l’herpès virus
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Une fois ce travail accompli, le diagnostic et le traitement approprié seront simples à établir.
Question :
De M. Rich. Morève, de Nazelles-Négron (France).
Depuis mon déménagement, je rencontre divers problèmes avec mes pigeons. En fin de mue, la 9e ou la 10e rémige (parfois les deux) est remplacée par une plume de sang. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Une autopsie a été réalisée, sans résultat concluant. Que puis-je faire ? Avez-vous une explication ?
Réponse :
Le stress du déménagement a probablement révélé un microbisme jusque-là latent. Dans ces cas de plumes de sang multiples, on retrouve presque toujours une origine bactérienne. Je pense que des recherches bactériologiques n’ont pas été effectuées au niveau des follicules plumifères atteints. On y découvre habituellement un staphylocoque doré, qu’il faut bien entendu traiter.
Je vous déconseille d’arracher ces plumes de sang : elles repousseraient de la même manière, voire pas du tout. Une fois vos pigeons rétablis, ils pourront disputer une saison normale, du moins en vitesse. À la mue suivante, tout rentrera dans l’ordre.
Question :
De M. Guy Duvivier, de Vivegnis.
J’ai lu que vous recommandiez le Panacur comme vermifuge. S’agit-il du produit à 4 % en poudre ? Quelle firme fabrique le Renatex pour la récupération ?
Peut-on aller jusqu’à 4 g/litre avec le Métronidazole à 10 %, comme avec l’ancien Emtryl ou le Ronidazole ? Et sur combien de jours l’administrer ?
Réponse :
Le fenbendazole est un excellent vermifuge contre les vers capillaires, mais beaucoup moins efficace contre les ascarides, pour lesquels le lévamisole demeure la référence absolue.
Le fenbendazole s’utilise à raison de 5 à 7,5 mg de principe actif par kilo de poids vif.
S’il est distribué sur les graines (préalablement huilées) :
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il faut savoir que le produit n’est pas soluble dans l’eau ;
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il convient donc de tenir compte de la concentration en substance active.
Pour une poudre à 4 %, on obtient environ 1,25 g pour 10 kg de poids vif, soit pour environ 1 kg de graines huilées.
Le Renatex (également commercialisé sous les noms Divritec, Hexamine, Nephryl, etc.) contient de la méthénamine, un antiseptique des voies urinaires et biliaires, à la fois désinfectant et légèrement diurétique.
Il s’emploie à raison d’1 g par litre d’eau pendant 4 à 5 jours consécutifs. En cas de menace d’infection (colibacillose, adénovirose ou suspicion équivalente), c’est un excellent préventif des formes aiguës.
Quant au métronidazole (Flagyl), bien qu’il soit un antitrichomonas humain, il s’est montré peu efficace contre le trichomonas du pigeon. De plus, il est beaucoup plus coûteux que l’Emtryl et les produits à base de ronidazole.
Question :
De M. J.-L. Loez, de Bérefontaine (France).
J’aimerais connaître les dosages recommandés pour le sulfate de soude, l’alun, le bicarbonate de soude et le sulfate de sodium à administrer aux pigeons. Ces produits sont-ils utiles ? Peut-on les utiliser pendant la période de concours ?
Réponse :
Le sulfate de soude, tout comme le sulfate de magnésie, est un purgatif. Il provoque une réaction plus ou moins vive de l’intestin, augmentant ses mouvements (péristaltisme) et sa teneur en eau, ce qui ramollit les fientes et accroît leur volume.
Tout dépend bien sûr de la dose utilisée : généralement 2 à 3 g par litre d’eau.
À dose plus forte, le goût désagréable de ces produits réduit la consommation d’eau, entraînant une déshydratation, contraire au but recherché.
Le sulfate de magnésie et le bicarbonate de soude ont, à petites doses, des propriétés cholagogues (stimulant la sécrétion biliaire).
On utilise souvent un mélange dit des « quatre sels », composé de :
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¼ sulfate de soude
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¼ sulfate de magnésie
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¼ phosphate disodique
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¼ bicarbonate de soude
On l’administre à raison de 3 à 4 g par litre d’eau de boisson (soit une cuillerée à café rase).
La cure dure 3 à 4 jours consécutifs avant et après la saison sportive.
En cours de saison, une journée suffit.
L’alun (sulfate double de potassium et d’aluminium) s’utilise uniquement en usage externe, dans l’eau du bain, et en très petites quantités.
Question :
De M. Macaux, de Lozinghem (France).
Ma vieille femelle de 11 ans produit des fientes recouvertes d’une teinte jaunâtre. Un traitement à la Furoxine est resté sans effet. Pouvez-vous m’aider ?
Réponse :
Onze ans est déjà un âge respectable pour une femelle. C’est souvent le moment où apparaissent des troubles ovariens : kystes, inertie de l’oviducte, etc.
Je vous conseille de débuter par un traitement antimicrobien polyvalent (type Baytril) pendant 8 à 10 jours, complété si nécessaire par une cure trichomonose-coccidiose de 3 à 4 jours.
Si aucune amélioration ne se manifeste, il serait possible d’essayer un traitement hormonal, mais avec prudence.
Je vous invite à relire mon article intitulé « La fin des femelles », publié il y a quelques mois.
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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