Le courrier des lecteurs n°17– pigeon voyageur
Question :
Paul Chabot de Moha rencontre des problèmes d’élevage de pigeons. Presque tous ses jeunes meurent dans l’œuf avant l’éclosion. Il souhaite en connaître la ou les causes.
Réponse :
Vos déboires peuvent avoir deux origines :
— Tout d’abord, une déshydratation de l’œuf, entraînant celle de l’embryon et des membranes, qui deviennent alors cornées et difficiles à déchirer par un pipant affaibli au moment de l’éclosion. Cela ne se produit généralement que dans un colombier de grenier, situé près d’une cheminée par exemple, à cette époque de l’année. Vous pouvez tenter de tremper les œufs quelques minutes dans de l’eau douce vers le 12ᵉ-15ᵉ jour de couvage, pendant une demi-heure.
— Ensuite, un microbisme congénital, c’est-à-dire la présence du microbe déjà dans l’œuf au moment de la ponte. Il s’agit généralement de staphylocoques ou de colibacilles, les mêmes germes qu’on retrouve associés dans le coryza. Peu à peu, ces germes gagnent tout l’organisme, notamment l’ovaire.
N’avez-vous pas, depuis plusieurs saisons, des problèmes de coryza ?
Le remède réside alors dans l’amélioration de l’aération (vous avez lu cela cent fois dans mes articles) et dans un traitement adapté du coryza (anti-trichomonose, antibiotiques spécifiques aux germes en cause, etc.), avec des rappels mensuels réguliers.
Question :
Un lecteur anonyme est confronté, pour la troisième année consécutive, à un réel problème.
En mars 1990, ses jeunes pigeonneaux âgés de 15 jours ont été atteints par la paramyxovirose (très forte diarrhée). Trois jeunes ont été autopsiés à Cureghem par le professeur Vindevogel. Depuis, tous ses pigeons sont vaccinés une fois par an au Colombovac.
En 1991, il constate à nouveau que les fientes des jeunes deviennent trop liquides vers l’âge de 12 jours, entraînant une perte de 70 % au concours. Début mars de cette année, il remarque encore quelques jeunes présentant des fientes liquides (environ 20 %). Certains ont les plumes cassées. Il en conclut que ses jeunes ont encore la paramyxovirose au plateau, malgré des parents vaccinés. Malgré cette déficience, les jeunes paraissent en bonne forme. Il souhaite savoir s’il doit éliminer ces jeunes et, surtout, comment éviter ce problème.
Réponse :
Je ne crois pas du tout à une paramyxovirose chez vos pigeonneaux issus de parents vaccinés.
Lorsque cela se produit, neuf fois sur dix, c’est à l’élevage, juste après une paramyxovirose des adultes. Cela se traduit alors par une hécatombe de pipants au plateau, au fur et à mesure qu’ils atteignent l’âge de 10 à 12 jours, c’est-à-dire au moment où la protection par le lait de jabot (immunité passive transmise par les parents guéris ou vaccinés) cesse, soit 3 à 5 jours après le début du gavage aux grains.
Personnellement, je penche plutôt pour une coccidiose. Vous ne précisez pas si un examen des fientes des éleveurs a été réalisé — cela serait pourtant très instructif.
Si vos pipants maigrissent, ont un plumage terne au moment de la diarrhée, je vous conseille vivement de mettre pendant trois jours un traitement combiné anti-trichomonose + anti-coccidiose dans l’eau de boisson, dès l’âge de 6-7 jours, avec un rappel de l’anti-coccidiose seul vers le 14ᵉ-15ᵉ jour.
Évitez toutefois les anti-coccidioses potentialisés, dont je parle en détail dans mon livre.
Ces mêmes traitements seront utilement renouvelés, notamment avant les premiers entraînements des pigeonneaux.
Tenez-moi informé des résultats et de la suite des événements.
Question :
Raymond Reynckens d’Ampsin est confronté, depuis plusieurs années, à une forte diarrhée en période d’élevage.
Voici son témoignage :
« Chaque fois que mes pigeons élèvent, ils souffrent de diarrhée. Tous sont vaccinés contre la paramyxovirose à l’aide du vaccin New Cavac et suivis régulièrement par le vétérinaire.
Les accouplements, pontes et naissances se passent bien. Mais dès que les jeunes prennent le grain, les parents n’arrêtent pas de boire, de dévorer les minéraux et finissent par ne plus picorer les graines. Certains sont tellement épuisés qu’ils ne parviennent plus à voler du plancher au casier.
Dès que les parents sont séparés des jeunes, la diarrhée s’arrête et ils récupèrent rapidement. Mais à chaque élevage — été, hiver, etc. — le phénomène réapparaît.
L’an dernier, j’ai changé de vétérinaire. Il m’a expliqué que cette maladie avait été découverte pour la première fois en 1983 à l’école vétérinaire de Gand. Il s’agirait d’un virus : on sait comment la soigner, mais on ne la connaît pas encore bien. Depuis, il m’a donné une poudre à diluer dans l’eau de boisson, ce qui améliore les fientes, mais dès que j’arrête le traitement pendant l’élevage, la diarrhée recommence.
Pourriez-vous me donner davantage d’informations à ce sujet ? Est-il possible de guérir définitivement les pigeons par un vaccin ou un autre moyen ? De nombreux colombophiles sont, paraît-il, dans le même cas. »
Réponse :
Je ne crois guère à ce supposé virus intermittent, qui ne se manifesterait que pendant l’élevage.
Certes, des causes favorisantes peuvent exister : un virus hypothétique, une candidose, ou encore des parasitismes intestinaux (que vous avez probablement déjà éliminés).
Cependant, en cas d’infection microbienne grave ou de parasitose, les fientes ne sont jamais parfaites, que les pigeons élèvent ou non, et l’on observe un amaigrissement rapide des pigeonneaux au nid.
Selon moi, il s’agit tout simplement d’une intoxication par excès de sel.
Au lieu de laisser les minéraux à volonté pendant l’élevage, donnez-en un peu un jour par semaine seulement, et laissez à volonté un grit non salé.
Tenez-nous informés après le prochain élevage.
Question :
Jean-François Folie, de La Hulpe, pose une question très intéressante concernant un problème de plumage, qu’il décrit de manière détaillée :
« Durant la fin de la saison 1991, j’ai constaté l’apparition de mauvaises plumes en fin d’aile chez certains sujets.
Les caractéristiques sont les suivantes :
Plumes trop étroites, mal épanouies et n’arrivant pas à hauteur.
Extrémités ébouriffées, semblant usées.
Hampe anormalement dure et épaisse, sauf en son extrémité.
Parfois, traces de sang sur les plumes de recouvrement internes, ainsi que dans les hampes des grandes plumes. Ces plumes semblent “mangées”.
Étranglement à la base de la hampe des plumes de vol atteintes, avec chute éventuelle (ou arrachement par le pigeon lui-même ?).
L’arrachage des plumes défectueuses ne sert à rien : celles qui repoussent présentent les mêmes défauts.
La saison fut pourtant excellente, tout comme l’élevage tardif. Un jeune très beau de corps présentait toutefois, de chaque côté, les quatre dernières rémiges abîmées ; il fut supprimé.
Un vétérinaire a évoqué une erreur : un rappel du vaccin La Sota fin août, à l’approche de la mue des grandes rémiges. Jusqu’ici, ce vaccin (goutte dans l’œil et la narine) n’avait jamais causé de problème, mais c’est la première année que nous procédons à des rappels contre la paramyxovirose.
Un frottis de plume n’a révélé aucun parasite, et une cure vitaminée d’un mois a été administrée. Malgré cela, quelques plumes repoussent encore mal.Autres éléments :
— Vaccinations et traitements annuels : Ovo-Peristerin (poquettes et diphtérie), anti-trichomonose (avec rappel en saison) et anti-coccidiose avant la saison.
— Les meilleurs voyageurs, étonnamment, ne présentent pas ce défaut.
— Les femelles, pourtant non voyageuses, sont aussi touchées.
— L’ensemble de la colonie semble en excellente santé.
— La mue est retardée par le veuvage prolongé. Cette année, nous pensons accoupler plus tôt et vacciner au Colombovac.Ma question : ces plumes mal formées sont-elles une manifestation atténuée de paramyxovirose, ou s’agit-il d’un autre problème ? Quel traitement recommandez-vous ? »
Réponse :
Ces mauvaises plumes sont, sans aucun doute, provoquées par une infection des follicules plumifères dans la région de la main chez certains de vos pigeons.
Pour en identifier la cause exacte, il faudrait effectuer des recherches bactériologiques depuis le picot d’une rémige, immédiatement après l’avoir arrachée.
Ces anomalies sont habituellement dues :
— soit à une gale, souvent difficile à diagnostiquer, nécessitant plusieurs examens avant de détecter le parasite ;
— soit à un microbisme (staphylocoque, salmonelle). Dans ce cas, des cultures doivent être réalisées à partir du picot de la plume et par écouvillonnage de la cavité plumifère.
Je recommande d’effectuer ces analyses, même si l’élimination des pigeons atteints peut sembler le moyen le plus simple. En effet, certains pigeons peuvent être porteurs sains et ne manifesteront la maladie que l’automne suivant.
Ces recherches permettraient d’envisager un traitement préventif ciblé pour ces derniers, tout en maintenant un triage sélectif de la colonie.
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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Le courrier des lecteurs n°16– pigeon voyageur
Le courrier des lecteurs n°15– pigeon voyageur


