Pigeon voyageur : l’importance d’une bonne aération du colombier pour la santé et la performance
Le Colombier, la Base de Tout
Je n’ai jamais été un partisan de posséder une grande quantité de pigeons au colombier. Il y a une dizaine d’années, lorsque je me contentais encore de jouer uniquement la vitesse, je ne gardais rarement plus de dix-huit pigeons sur ma liste d’hiver. Mais, au fil du temps, mon intérêt s’est accru pour le demi-fond et le petit fond, et ma colonie s’est progressivement agrandie. Cette évolution est inévitable : avec une poignée de pigeons, il est impossible de se lancer sérieusement dans la grande aventure du jeu régulier au-dessus de Paris.
En vitesse, on perd peu de pigeons, mais il en va tout autrement dans les concours de demi-fond et de fond. Par mesure de sécurité, on a tendance à élever davantage de pigeonneaux. On commence avec deux ou trois couples, et avant même de s’en rendre compte, on se retrouve avec une centaine de sujets. Aujourd’hui, mon colombier de veufs compte vingt-sept postes, dont vingt-trois sont occupés. Je n’ai jamais eu une aussi grande armada. Certes, plus on possède de pigeons, plus on a de chances de découvrir un bon. Mais, pour ma part, je préfère rapidement faire le tri : il est bien plus efficace de suivre individuellement une petite équipe de sujets de classe.
Un Nouveau Colombier
Tenir davantage de pigeons suppose aussi d’augmenter leur espace vital : il faut bien les loger quelque part. À la fin de la saison passée, j’ai construit une extension à mon colombier de veuvage. Entre l’ancienne partie et la nouvelle, j’ai installé une porte coulissante qui reste ouverte en permanence. Oui, c’est un grand colombier… avec ses vingt-sept casiers.
Dans la nouvelle section, j’ai tenté quelque chose d’expérimental. À environ trente centimètres du sol, j’ai installé un plancher en lattis sur lequel les pigeons et moi pouvons marcher aisément. Le plancher en treillis, que j’utilisais auparavant, ne me convenait plus : dans le colombier des jeunes, il causait trop de dégâts aux bouts des ailes et aux queues. Le lattis que j’utilise aujourd’hui est nettement meilleur, mais ce n’est pas encore la solution idéale. Le plancher parfait reste, à mon sens, le bon vieux plancher en bois, nettoyé et balayé deux fois par jour, ou recouvert d’un couvre-sol.
La lumière et l’air abondent dans ce nouveau colombier. Une bande plastique d’environ un mètre de large court sur toute la longueur de la toiture, de sorte qu’au moindre rayon de soleil, l’atmosphère se réchauffe rapidement. Je me demande parfois s’il n’y fera pas trop chaud en plein été… mais les « jours d’été » sont si rares en Belgique que le problème reste relatif.
L’Aération et le Reste
Je n’ai jamais vu quelqu’un bien jouer avec des pigeons logés dans un colombier mal aéré. Un bon colombier doit toujours être sec et bien ventilé : on ne doit pas sentir l’odeur des pigeons en y entrant. Fort de cette certitude, j’ai aménagé le mien pour avoir une aération assez forte — au point que, par grand vent, ça souffle franchement à l’intérieur. Lors des journées de bise hivernale, il y faisait presque froid, mais les pigeons restaient en parfaite santé. Cela ne m’a donc pas inquiété outre mesure.
Tout l’hiver, j’étais convaincu que cette aération convenait parfaitement et qu’aucun courant d’air ne nuirait à mes pigeons. Mais, à l’approche de la saison, le doute s’est installé. Pourtant, les pigeons étaient superbes, en pleine santé. Mon manque de confiance venait sans doute de la crainte de l’échec. En hiver, j’étais persuadé à 100 % que tout allait bien ; quelques mois plus tard, j’en étais presque convaincu du contraire. Je pensais alors : « Dans un tel colombier, il est impossible d’avoir un pigeon en forme et de remporter un prix. Ça chasse bien trop ! »
Je raconte cela pour montrer à quel point nos jugements peuvent varier, combien il est facile de se laisser influencer, dérouter, désorienter — et combien le doute s’installe vite dans l’esprit d’un colombophile. Mes incertitudes ont commencé après la visite de quelques amis : « Il y a trop de vent », « ça souffle fort ici », « tu as trop de courants d’air », m’ont-ils dit.
Pour ne rien arranger, un article du Pigeon Rit relatait la mésaventure de la colonie Roosens, qui avait connu des années de contre-performances à cause d’une aération excessive. De quoi enfoncer le clou ! Pris de panique, je me suis mis à chercher tous les moyens possibles pour éliminer le courant d’air. J’ai tout essayé, jusqu’à boucher presque tous les interstices du colombier. Résultat : une accumulation constante de poussière et de particules… c’était encore pire.
Finalement, quelques semaines avant la saison, j’ai décidé de réduire de moitié l’arrivée d’air. Le résultat fut concluant : l’aération restait suffisante, le courant d’air moins fort, même si, lors de rafales, un peu de vent pénétrait encore. Mes inquiétudes se sont dissipées après les premiers résultats, qui furent très satisfaisants. Je me demande encore aujourd’hui si toutes ces modifications étaient réellement nécessaires : peut-être les pigeons auraient-ils tout aussi bien volé sans que je touche à quoi que ce soit.
Une Question de Relativité
Si mes pigeons avaient mal volé, j’aurais sans doute accusé mon système d’aération. Comme quoi, la colombophilie est vraiment une question de relativité. Il existe de nombreuses règles générales, mais aucune ne souffre pas d’exception.
Je crois que bien jouer dépend avant tout de la qualité des pigeons, d’un bon colombier, et surtout… de la constance. Il faut éviter de sans cesse « chipoter ». Un mauvais dimanche ne veut pas dire que les pigeons sont malades, ou que l’aération n’est plus bonne.
Ceux qui raisonnent ainsi se trompent. Avant de traiter ou de modifier votre colombier, observez. Si vous avez des doutes sur la santé de vos pigeons, consultez un vétérinaire spécialisé plutôt que de pratiquer l’auto-médication, souvent intempestive. Et si quelque chose ne tourne pas rond, ne sortez pas tout de suite la hache ou le marteau !
Prenez le temps de vous asseoir dans le colombier, à différentes heures et sous tous les temps. Vous comprendrez alors réellement comment y circulent l’air, la lumière et la poussière. Vous en apprendrez plus qu’en bricolant inutilement.
Patience et persévérance : voilà deux qualités qui caractérisent les vrais champions… et qui finissent toujours par être récompensées.
[ Source: Article édité par M. André Roodhooft – Revue PIGEON RIT ]
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Un colombier modèle n’est pas une question d’argent
Le colombier de pigeons voyageurs


