Pigeon voyageur : renforcer la résistance naturelle et préserver la vitalité du colombier

Débutant :
Dans notre précédent dialogue « Sur la mise au veuvage des pigeons », tu as attiré mon attention sur l’importance de l’aération du colombier des veufs pendant l’élevage. Cela m’a fait réfléchir. J’ai compris que la pureté de l’air est une condition indispensable pour la santé des pigeons. J’ai donc effectué quelques changements à mon colombier, mais j’ai maintenant l’impression que mes pigeons vont avoir froid cet hiver.
Victor :
Tant mieux ! L’air froid ne leur fera aucun tort, à condition que le colombier reste sec, sans courant d’air, et que l’on puisse, à la tombée de la nuit, réduire légèrement l’admission d’air froid. Il ne faut jamais oublier que la vitalité du pigeon dépend directement de sa résistance aux conditions extérieures.
Débutant :
On affaiblit donc le pigeon quand on le dorlote ?
Victor :
Exactement. Comment veux-tu qu’un pigeon résiste aux maladies si on détruit sa force de résistance vitale ? Cette force-là, aucun médicament ne peut la remplacer.
Débutant :
Mais il existe tout de même des médicaments pour toutes les maladies des pigeons…
Victor :
Oui, sauf contre la plus grave : la diminution de leur pouvoir de résistance. Si les médicaments guérissaient vraiment infailliblement, comment expliques-tu que certains pigeons guérissent, et d’autres non ?
Débutant :
Sans doute parce que le premier possède une meilleure résistance naturelle que l’autre !
Victor :
Voilà ! Il est donc logique de chercher avant tout à préserver cette résistance, autrement dit à maintenir intacte la vitalité de nos pigeons voyageurs.
Débutant :
Mais comment cela dépend-il de nous ?
Victor :
Avant tout, en n’utilisant les médicaments qu’en cas d’extrême nécessité, et uniquement après un diagnostic précis établi par un vétérinaire.
Débutant :
Et les cures préventives contre certaines maladies — comme la trichomonose, la coccidiose ou les vers capillaires — faut-il les abandonner ? Et qu’en est-il des vaccins contre la diphtérie et les poquettes ?
Victor :
Soyons clairs. On ne doit recourir aux traitements qu’en cas de besoin avéré, c’est-à-dire lorsque les pigeons sont réellement atteints d’une infection, confirmée par un examen vétérinaire. Si nos reproducteurs, ceux sur lesquels repose notre souche, ne peuvent résister par eux-mêmes, sans médicaments ni cures, alors mieux vaut sélectionner des pigeons plus résistants — issus d’amateurs qui n’ont jamais « chipoté » avec la nature.
Débutant :
Et pour les voyageurs, peut-on à la rigueur les soigner ?
Victor :
Oui, mais il faut se méfier des lignées dont les jeunes nécessitent constamment des soins. La vitalité est une qualité héréditaire. J’ose affirmer que les hauts et les bas observés dans tant de colombiers proviennent d’un même problème : le manque de résistance transmis au fil du temps. C’est un véritable « péché originel » du colombophile moderne.
J’ai un ami qui a décidé, il y a quelques années, de rompre avec ce cercle vicieux. Fatigué des cures à répétition et des résultats décevants, il a pris la décision de ne plus rien donner à ses pigeons. Il les a placés dans une grande volière ouverte sur le devant, protégée seulement par le mur de son jardin. Ses pigeons y sont restés de fin août à mars. Et cette année-là, il a connu les plus beaux succès de sa carrière.
Débutant :
Je connais cette histoire…
Victor :
Oui, et retiens bien ce qu’il m’a dit : « J’ai réappris à mes pigeons à vivre naturellement… et à souffrir ! »
Comme j’étais moi-même affaibli à cette époque, il m’a recommandé un livre du docteur R. Jackson intitulé « Ne plus jamais être malade ». En le lisant, j’ai compris combien la santé dépend du respect des lois naturelles.
Le docteur y écrit :
« Nous autres médecins reconnaissons parfois que la guérison est l’œuvre de la nature. Mais combien d’entre nous étudient réellement cette nature ? Nous recourons trop souvent à des moyens artificiels et oublions que les animaux, tout comme nous, obéissent à des lois de vie et de mort immuables. Les animaux domestiques choyés tombent plus souvent malades que ceux laissés à leur équilibre naturel. Une fois malades, ils refusent de se nourrir, se retirent dans la solitude et, sans intervention humaine, guérissent presque toujours naturellement. Si nous respections davantage la nature, nous serions nous-mêmes plus forts. »
Débutant :
Si un médecin parle ainsi, chapeau ! Mais il ne doit pas être très populaire…
Victor :
Peu importe la popularité. Ce qui compte, c’est la vérité.
Noël De Scheemaecker
🕊️ À retenir :
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Les médicaments ne remplacent pas la résistance naturelle du pigeon.
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On ne traite qu’en cas de maladie confirmée, jamais de manière systématique.
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Les reproducteurs doivent prouver leur robustesse sans aide artificielle.
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Un colombier sain, bien aéré et sec renforce la vitalité naturelle des pigeons voyageurs.
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Respecter la nature, c’est respecter l’équilibre vital de ses pigeons.
[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]
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