Pigeon Voyageur et Chaleur Extreme Comprendre les Risques Prevenir les Malaises et Optimiser les Conditions de Transport
12 octobre 2025 Par admin

Pigeon Voyageur et Chaleur Extrême : Comprendre les Risques, Prévenir les Malaises et Optimiser les Conditions de Transport

Pigeon Voyageur et Chaleur Extreme Comprendre les Risques Prevenir les Malaises et Optimiser les Conditions de Transport

Introduction : pourquoi la chaleur met les pigeons en danger ?

Chaque été, les colombophiles sont confrontés à un défi majeur : la gestion de la chaleur et de ses effets sur le pigeon voyageur. Au-delà de 25 °C, l’organisme du pigeon est fortement sollicité. Son système respiratoire, son besoin en eau, sa capacité à récupérer, et même sa santé générale peuvent être impactés. Comprendre ces mécanismes est indispensable pour éviter les pertes, maintenir la forme et garantir des retours sûrs.


Le “zéro thermique” du pigeon voyageur : un seuil à ne jamais négliger

Le « zéro thermique » du pigeon — c’est-à-dire la température où il ne doit ni produire ni évacuer de chaleur — se situe autour de 25 °C.

  • En dessous : il doit produire de la chaleur pour maintenir ses 40 °C internes.

  • Au-dessus : il doit évacuer la chaleur, ce qui demande un effort physiologique important.

Lorsque la température monte à 30 °C ou plus, le pigeon augmente fortement sa ventilation respiratoire.
Cela entraîne :
✔️ un besoin massif d’oxygène
✔️ une évaporation rapide de l’eau corporelle
✔️ une déshydratation accélérée
✔️ une fatigue importante en cas de vol


Pourquoi l’aération du colombier devient vitale en été

En période chaude, même un colombier bien conçu peut devenir insuffisant. Sans un flux d’air adéquat, la chaleur stagne, l’humidité monte, et les pigeons respirent un air appauvri.

Les installations doivent donc offrir :

  • une aération dynamique,

  • une sécheresse constante,

  • une température intérieure plus stable,

  • un léger courant d’air permanent (sans courant d’air direct sur les pigeons).

Un simple excès de chaleur peut transformer un colombier sain en un environnement propice aux infections et à la chute de forme.


Transport : le grand danger silencieux des fortes chaleurs

Le transport des pigeons en camion est l’un des moments les plus critiques. L’aération y est souvent sous-estimée.

👉 4 000 pigeons nécessitent 93 m³ d’air frais par minute.
Pas par heure… par minute.

Dans un camion mal ventilé, après 30, 40 ou 50 heures de panier, les pigeons peuvent :

  • se déshydrater sévèrement

  • perdre de la masse musculaire

  • manquer d’oxygène

  • subir un stress thermique majeur

  • arriver affaiblis avant même le lâcher

C’est souvent là, et non au concours, que se jouent les catastrophes invisibles.


La déshydratation : un phénomène rapide et dangereux

Le système respiratoire d’un pigeon est immense : un oiseau de 400 g possède environ 1 600 cm² de surface respiratoire, soit l’équivalent de trois pages de journal.
Lorsque le pigeon respire 40 à 60 fois par minute pour évacuer la chaleur, il perd de l’eau à une vitesse impressionnante.

Signes typiques de déshydratation :

  • volées basses

  • yeux ternes

  • bâillements

  • respiration rapide

  • fatigue soudaine

  • arrêts pendant le trajet de retour

Au colombier, on observe un doublement voire triplement de la consommation d’eau lors des périodes chaudes. Imaginez alors la demande réelle pendant le vol…


Apprendre au pigeon à boire en panier : un enseignement indispensable

Beaucoup de pertes, surtout chez les jeunes, proviennent d’un problème simple : le pigeon ne sait pas boire en panier.
Au lâcher, assoiffé, il se disperse brusquement pour chercher de l’eau — et se perd.

Solution : l’enseignement.

Avant les entraînements :

  • laisser les pipants plusieurs jours au panier,

  • installer un abreuvoir extérieur sur le panier,

  • renouveler cette phase d’apprentissage.

Cet apprentissage est aussi essentiel que le travail en vol.


Pourquoi la chaleur déclenche des maladies ?

Un environnement trop chaud affaiblit les défenses immunitaires et réactive les microbes latents. On voit alors apparaître :

1. Trichomonose

Souvent la première maladie observée :

  • tristesse

  • volée réduite

  • apparition de mucus

  • signes buccaux caractéristiques

2. Coryza et infections respiratoires

Avec éternuements, bâillements, yeux humides.

3. Mycoplasmose des sacs aériens

Très dangereuse par temps chaud, parfois mortelle en quelques heures chez un jeune.

Ces maladies apparaissent même chez des pigeons qui étaient en parfaite forme précédemment : la chaleur est le déclencheur.


Traiter, c’est bien : adapter le milieu, c’est essentiel

Les traitements (antibiotiques, antitrichomonoses, produits naturels) peuvent donner de bons résultats.
Mais si l’environnement reste défavorable, les rechutes seront rapides.

Il faut donc intervenir sur :

  • l’aération

  • la température

  • la sécheresse

  • le confort respiratoire

  • la disponibilité en eau

  • le stress du colombier

Quelques actions simples peuvent sauver une saison :

  • un ventilateur bien placé

  • une ouverture supplémentaire

  • des planches surélevées

  • un courant d’air léger et constant

L’amateur reste le meilleur juge — mais à condition d’accepter d’adapter son installation lorsque la météo l’exige.


Notices essentielles pour la saison chaude

L’aération en camion est déterminante : 4 000 pigeons = 93 m³ d’air/minute.
Le zéro thermique du pigeon est de 25 °C.
Le colombier doit être adapté à la chaleur : ventilation douce mais continue.
Apprendre au pigeon à boire au panier est indispensable pour éviter les pertes.
Les désastres chez les jeunes par temps chaud proviennent souvent d’une recherche désespérée d’eau juste après le lâcher.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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