Pigeon voyageur comprendre la sterilite au colombier et ses causes cachees
9 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : comprendre la stérilité au colombier et ses causes cachées

Pigeon voyageur comprendre la sterilite au colombier et ses causes cachees

La stérilité des pigeons correspond à l’incapacité de produire des descendants viables. Le problème est donc très vaste et dépasse largement le simple cas de la femelle qui ne pond pas ou du mâle qui coche clair.

Elle englobe non seulement ces deux situations, mais aussi la mortalité embryonnaire dans l’œuf, la mortalité à la naissance (à l’écaille ou dans les deux premiers jours), ainsi que la mortalité au nid, le plus souvent entre le 8ᵉ jour et le sevrage.

Pendant toute cette période — de la ponte au sevrage — le jeune dépend totalement de ses parents, tant sur le plan héréditaire que sur celui des maladies congénitales transmises à l’œuf ou au pigeonneau.

La stérilité vraie, ou fondamentale, correspond à l’absence d’œuf chez la femelle ou à l’absence de spermatozoïdes chez le mâle. Elle peut être d’origine héréditaire. Dans certaines lignées, on observe chaque année un petit pourcentage de femelles stériles, qui ne pondent jamais. Un de mes amis avait une telle lignée : le pigeon de base, un grand crack, avait une sœur — excellente voyageuse — qui était stérile.

Pendant près de vingt ans, cette lignée a présenté environ 5 % de femelles stériles. Cette infirmité, lorsqu’elle touche une femelle de valeur sportive, peut paradoxalement être un atout : ces femelles acceptent volontiers les œufs ou les pigeonneaux à nourrir, ce qui facilite leur mise en forme. En revanche, elles font généralement de mauvaises compagnes pour les veufs, car elles sont mal acceptées.

Certains mâles — plus rares — sont stériles de naissance. Il arrive même qu’ils ne présentent pas de caractères sexuels secondaires : les glandes génitales restent infantiles et non développées. J’en ai possédé un de ce type. Par curiosité, je l’ai gardé trois ans. C’est à l’autopsie que j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait bien d’un mâle : il ne s’était jamais accouplé et n’avait, bien sûr, jamais rien accompli en concours.

Avec l’âge, les glandes sexuelles dégénèrent progressivement. La stérilité sénile apparaît généralement vers douze ans, parfois plus tard chez les sujets robustes (jusqu’à 14 ou 15 ans, voire davantage). Elle est plus fréquente chez les mâles que chez les femelles.

Plus précoce, la stérilité peut aussi résulter d’une maladie microbienne des glandes génitales.

De manière plus large, la stérilité a souvent des causes indirectes : l’état général du colombier influence fortement le rendement à l’élevage. Dans ce cas, plusieurs reproducteurs peuvent être affectés. Chez les éleveurs de pigeons de fantaisie ou de chair, souvent moins rigoureux que les colombophiles sportifs, il n’est pas rare d’entendre : « Mes dix couples ne m’ont donné que cinq jeunes dans l’année. »

Pourquoi ?
Les parasitismes anémiants (vers capillaires, coccidioses graves, etc.) provoquent amaigrissement et diarrhée, entraînant peu à peu la mise en sommeil des glandes génitales : pontes espacées, œufs clairs, mortalité néonatale. À cela s’ajoute le manque de lait de jabot (pape) : les nouveaux-nés meurent de faim, le jabot vide.

À côté du parasitisme, on trouve les erreurs alimentaires. Aujourd’hui, les pigeons ont de plus en plus de mal à compenser naturellement les carences de leur alimentation. Les pigeons des champs ne sont guère mieux lotis que ceux des villes : les petits limaçons, les graines perdues ou les débris de batteuse ont quasiment disparu, éliminés par les traitements antiparasitaires, antifongiques et insecticides. Les désherbants sélectifs ont également supprimé les petites graines issues des plantes parasites des cultures (sauves, vescillons, etc.).

De nos jours, il est plus probable de rencontrer une intoxication — chronique ou aiguë — qu’un complément naturel à la ration. Les reproducteurs en volière, mal nourris, sont encore plus exposés à ces carences.

Les déficits en oligo-éléments, protéines, cellulose ou acides aminés essentiels interviennent de deux façons :

  • Directement, lorsqu’ils empêchent la formation d’un embryon ou d’un œuf normal.

  • Indirectement, lorsqu’ils favorisent les entérites, les troubles hépatiques ou rénaux, et par conséquent les infections opportunistes comme la colibacillose.

On estime que 90 % des œufs clairs contiennent des colibacilles, qu’on retrouve ensuite dans le foie, le cœur et les reins des pigeons du colombier.

L’habitat joue également un rôle crucial :

  • Directement, lorsque le colombier est humide, mal aéré, privé de soleil ou surpeuplé.

  • Indirectement, lorsque ces conditions déplorables, souvent aggravées par une hygiène insuffisante, favorisent les parasitoses intestinales et les colibacilloses, entraînant une mauvaise assimilation et donc des carences.

La stérilité peut aussi être due à une infection spécifique des glandes génitales, provoquant leur inflammation et leur dégénérescence. Le microbe infecte ces organes et entraîne deux conséquences :

  1. L’embryon peut être contaminé dès sa conception (au moment de l’accouplement), provoquant une mortalité embryonnaire précoce (colibacillose), plus tardive (salmonellose vers le 12ᵉ jour d’incubation), ou néonatale (staphylocoque).

  2. L’inflammation chronique conduit progressivement à une dégénérescence des tissus : pontes espacées, œufs clairs à répétition, puis stérilité complète.

Les rescapés de ces infections sont souvent des porteurs sains, véritables réservoirs de microbes, et donc dangereux pour la colonie.

La stérilité peut enfin être secondaire : la coquille de l’œuf étant poreuse, elle laisse passer les gaz (CO₂, méthane, ammoniac), la vapeur d’eau, voire des germes pathogènes, ce qui peut provoquer la mort rapide de l’embryon par intoxication ou infection. La contamination se fait souvent au moment de la ponte ou par contact avec des fientes infectées dans le nid.


Que faire contre la stérilité ?

Dans le cas isolé, sans importance, il suffit de supprimer le sujet concerné. Cela peut concerner un vieux reproducteur ou une bonne femelle qui ne pond plus. On peut alors récupérer quelques jeunes en lui confiant des œufs d’un autre couple.

Lorsque la stérilité résulte d’une déficience glandulaire (hypophyse, ovaires, testicules), un traitement hormonal à base de prolans — dix injections sur un mois — donne souvent de bons résultats, surtout si l’on agit dès les premiers signes.

Pour les stérilités d’origine microbienne, il faut d’abord identifier la cause, car elles sont souvent anciennes. Un traitement spécifique, prolongé et patient, est nécessaire. Ensuite, on procède à un tri rigoureux pour éliminer les sujets définitivement atteints.

Concernant l’alimentation, il faut veiller à l’équilibre de la ration : éviter les excès d’orge pendant la morte-saison, corriger le manque de légumineuses, et se méfier du mélange froment-maïs, trop pauvre en protéines et en minéraux. Les carences s’installent lentement… mais se corrigent aussi lentement.

Enfin, l’hygiène du colombier reste une priorité absolue. L’humidité, la mauvaise aération et le manque de propreté entraînent des troubles durables. Les efforts doivent être constants, car la négligence se paie cher et longtemps.


[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]

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