Pigeon Voyageur Preparer et Preserver la Forme Sportive Grace a une Alimentation Naturelle
11 novembre 2025 Par admin

Pigeon Voyageur : Préparer et Préserver la Forme Sportive Grâce à une Alimentation Naturelle

Pigeon Voyageur Preparer et Preserver la Forme Sportive Grace a une Alimentation Naturelle

Débutant :
Tu m’as parlé, lors de notre dernière rencontre, de certaines erreurs qu’il ne fallait surtout pas commettre avant la saison sportive, afin de ne pas compromettre la venue de la forme au bon moment. Mais dis-moi : existe-t-il vraiment un “temps voulu” ? Et quand la forme enflamme enfin les pigeons, pourquoi est-elle souvent si brève ? Pourquoi disparaît-elle aussi vite ?

Victor :
L’arrivée de la forme “en temps voulu”, telle que le souhaite le colombophile, je n’y crois qu’à moitié. Car il n’est pas entièrement maître de toutes les circonstances qui influencent la forme, comme par exemple le temps.
Je me souviens qu’un jour, en rendant visite à Corneel Horemans de Schoten — qui habitait une dépendance du château d’Amerlo, dont il était le garde-chasse — il me dit :

“Ce matin, en venant au colombier, j’aurais pu pleurer. La forme de mes pigeons est tombée à zéro. Les deux journées humides que nous venons d’avoir, et le fait que mon colombier soit entouré d’arbres, ont suffi à éteindre complètement la forme.”

Les anciens colombophiles se souviennent sûrement des résultats extraordinaires du colombier Horemans, mais aussi de l’irrégularité de ces performances. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Corneel Horemans n’a jamais pu devancer, au championnat de l’Union d’Anvers, des colonies comme celles d’Havenith, de Vincent Mariën ou des frères De Scheemaecker.
La forme, chez Horemans, dépendait étroitement des conditions atmosphériques. Et il en est de même pour de nombreux colombiers où la forme s’envole sans que le colombophile n’y puisse rien.
Si un amateur ne peut pas bien isoler son colombier la nuit, ou s’il ne peut contrer l’humidité et le froid à l’aide d’une plaque chauffante, il reste totalement dépendant du climat.

Débutant :
J’y penserai…

Victor :
C’est mon rôle de te faire penser… et surtout de réfléchir à ce qu’il te reste à faire.
Mais revenons à la forme. Car il n’y a pas que la météo qui influence la condition des pigeons. La nourriture joue aussi un rôle essentiel. Et avant tout, il faut comprendre ce qu’est réellement “la forme” — cette fée capricieuse qui décide, en fin de compte, du sort sportif d’une colonie.
Nous le voyons bien : quand la température baisse et que l’humidité augmente, la forme décline. Pourquoi ? Parce que le pigeon dépense beaucoup d’énergie pour lutter contre ces conditions, épuisant ainsi ses réserves — celles-là mêmes dont il a besoin pour performer en concours.


Débutant :
Quel rapport cela a-t-il avec la façon de nourrir ?

Victor :
Observons nos pigeons : ce sont eux, nos véritables professeurs.
Dès que la température descend, ils paraissent affamés et réclament davantage de nourriture. Ils le sentent même avant que le froid n’arrive — car les pigeons prévoient le temps, ils devancent les baromètres ! Quand le froid approche, leur appétit augmente pour constituer des réserves de calories suffisantes afin d’y résister.

Débutant :
Si je comprends bien, le colombophile doit nourrir davantage quand les pigeons le demandent, tout en tenant compte des efforts qu’il va leur imposer. Autrement dit : plus la course sera dure, plus ils devront disposer de réserves, et donc plus il faut nourrir ?

Victor :
Tu as bien compris… mais attention ! C’est ici que beaucoup commettent une erreur.
Nous pensons qu’en donnant une alimentation plus riche en protéines (féverolles, pois, vesces), nous augmentons les réserves du pigeon. Or, c’est tout le contraire : ces graines apportent peu de calories et sont difficiles à assimiler. Leur digestion fatigue le pigeon et charge son organisme de toxines.
Il faut donc lui permettre de consommer davantage de maïs, de froment, de dari, qui fournissent une énergie directe et saine.
Et d’ailleurs, si tu observes bien, tu verras que le pigeon choisit instinctivement ces graines dans le mélange qu’on lui présente.


Débutant :
Vu sous cet angle, tout le problème de l’alimentation du pigeon peut donc être résolu par… le pigeon lui-même ?
Il suffirait, surtout les jours précédant l’enlogement, de lui laisser le libre choix, en mettant la mangeoire à disposition pour qu’il y prenne ce dont il a besoin, puisque, comme tu le dis toujours, l’instinct ne se trompe pas !

Victor :
Oui, mais là encore, prudence.
Nous demandons — contre nature — un effort exceptionnel au pigeon : l’enfermement dans un panier ou un wagon, suivi d’un long vol qu’il ne ferait jamais de lui-même.
Nous boulever-sons ainsi son équilibre naturel.
De ce fait, le pigeon rentre avec un organisme chargé de toxines qu’il doit éliminer rapidement pour retrouver la forme avant les prochains concours.
Puisque c’est nous qui l’avons soumis à ces efforts anormaux, nous devons en tenir compte après son retour.
Deux options s’offrent à nous :

  • soit une récupération lente, avec une ou deux semaines de repos,

  • soit une récupération rapide, celle que nous recherchons généralement.
    Dans ce cas, il faut reminéraliser l’organisme et éliminer les toxines à l’aide d’une nourriture très légère et pauvre en protéines.


Débutant :
Pendant combien de jours faut-il suivre ce régime léger ?

Victor :
Tout dépend de l’effort fourni et de la forme du pigeon au moment de l’enlogement.
On le remarque surtout à la consistance des fientes : dès qu’elles redeviennent normales, tu peux progressivement revenir à une alimentation équilibrée, en laissant au pigeon le soin de choisir ce dont il a besoin.

Débutant :
Tout cela me semble clair dans le principe, mais plus difficile à mettre en pratique…

Victor :
Ne t’en fais pas. Nous continuerons d’en parler.
Tu as au moins compris que, pour éviter que la forme ne s’envole, il faut tenir compte de plusieurs facteurs.
C’est tout un art d’apprivoiser cette “fée capricieuse” qu’est la forme, afin qu’elle devienne plus constante.
Et n’oublie jamais : tout l’art de la colombophilie consiste à mieux jouer que ses concurrents avec des pigeons d’égale valeur.

Noël De Scheemaecker


Notices complémentaires

Une bonne orientation du colombier, un environnement sec, une exposition suffisante au soleil : voilà autant d’éléments essentiels pour maintenir la forme des pigeons voyageurs.
Tous les colombophiles le savent : certains colombiers semblent “favoriser” naturellement la forme, tandis que d’autres rencontrent sans cesse des difficultés.
Mais il faut aussi se rappeler que le colombophile ne peut pas toujours maîtriser tous les facteurs extérieurs qui influencent la forme de ses pigeons.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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