Pigeon voyageur : tout savoir sur la mue, les causes de retard et la qualité du plumage

Nous voici à l’époque de l’année où la majorité des pigeons termine sa mue. Les rémiges dites « de combat » — c’est-à-dire les quatre dernières — ont repoussé dans de bonnes conditions climatiques. Nous avons connu un temps doux, ce qui a permis aux calories de la ration de se consacrer à la formation des plumes plutôt qu’à la lutte contre le froid.
Je pense en particulier aux matières grasses (acide linoléique et ses dérivés) contenues dans les graines de lin, de colza ou de tournesol, qui, associées à la vitamine A et aux acides aminés soufrés, déterminent la beauté du plumage.
Tant que ce temps doux se maintiendra, les pigeons retardataires pourront poursuivre leur mue sans dommage. Mais pourquoi certains pigeons sont-ils en retard ?
1. Les causes du retard de mue
Tout d’abord, il y a ceux qui ont beaucoup élevé en fin de saison. Comme chacun le sait, l’élevage bloque la mue et, à l’automne, cela provoque un retard considérable. Si le colombier est chaud et sec, il n’y a pas de temps réellement perdu, mais il est impératif d’interdire tout élevage précoce à ces pigeons.
Ensuite viennent les femelles des veufs : elles ont souvent été cloîtrées pendant plusieurs mois, dans des conditions sévères — en cases individuelles ou en volière commune — et soumises à un régime très léger pour éviter qu’elles s’accouplent ou pondent.
Enfin, il y a la santé. Nous avons déjà observé que non seulement la mue devient lente, mais aussi de qualité médiocre lorsque la santé est déficiente. En effet, une assimilation parfaite des éléments nutritifs suppose un intestin, un foie et des reins en bon état de fonctionnement.
Tout déséquilibre, dû à un parasitisme ou à une infection microbienne, provoque une acidose (chairs bleues) qui diminue l’assimilation des nutriments et intoxique le follicule où se forme la plume. Il en résulte une plume « maigre », décolorée, plus courte et plus étroite que la normale. Un tel état impose de rechercher rapidement la cause et d’y remédier, au besoin avec l’aide du vétérinaire.
2. Comment rétablir une mue normale ?
Le pigeon s’adapte assez bien à l’état de son aile : certains pigeonneaux volent très bien alors qu’une rémige de combat est encore en cours de remplacement en août ou septembre.
Cependant, l’amateur a tout intérêt à assurer une mue optimale, en particulier celle des grandes rémiges.
Quand la mue laisse à désirer, il faut :
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proscrire tout élevage : le pigeon doit rester tranquille dans sa case jusqu’à la fin complète de sa mue ;
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maintenir une ration spéciale « mue », riche et équilibrée, jusqu’à ce que la dernière plume soit sortie, sans passer prématurément à la ration hivernale allégée (souvent composée à 50 % d’orge).
Le temps doux finira par changer ; il est donc essentiel que le pigeon reçoive suffisamment de calories et tous les nutriments nécessaires à la formation de la plume.
L’élevage précoce ne doit être envisagé que pour les pigeons ayant terminé leur mue. Car si certains peuvent encore pousser leur dernière plume pendant le couvage, les bouleversements hormonaux et énergétiques liés à la reproduction nuisent toujours plus ou moins à la croissance de la dixième rémige.
3. Si toute la colonie est en retard
Si tous les pigeons muent lentement, il faut examiner l’ensemble des facteurs :
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cesser tout élevage ;
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vérifier la qualité et la composition du mélange alimentaire, et le remplacer si nécessaire ;
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contrôler les conditions du colombier : aération, humidité, isolation thermique.
Un colombier douteux s’accompagne souvent d’une santé précaire. Encore une fois, tout est lié.
4. La qualité du plumage
La présence de plumes anormales, sèches ou rabougries chez plusieurs pigeons doit faire penser à une atteinte directe de la glande du follicule plumifère ou de la jeune plume.
Parmi les causes les plus fréquentes :
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Les agents chimiques “antifoliques” : ils bloquent l’action de l’acide folique (vitamine Bc), indispensable à la formation de la plume et à la synthèse de la mélanine (pigment noir). Ces substances sont parfois utilisées dans les médicaments anticoccidiens, où elles permettent de réduire la quantité de sulfamides — et donc le coût — mais elles peuvent laisser sur les plumes une marque blanchâtre (mosaïque), avec une hampe rabougrie et des barbes rares et décolorées.
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Certains poux, appelés Menopon, à abdomen globuleux (contrairement aux Lipeures, plus allongés), s’installent dans le follicule puis sur la hampe, à la base des barbes, où ils se reproduisent en masse. Ils provoquent alors des inflammations et des anomalies de croissance : les plumes deviennent tordues, incomplètes ou déformées.
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Les infections microbiennes du follicule plumifère : lorsque plusieurs pigeons présentent des “pennes de sang” (plumes hémorragiques) en cours de repousse, l’origine microbienne est quasi certaine.
Les germes les plus souvent en cause sont :-
la salmonelle de la paratyphose, qui provoque inflammation et malnutrition des follicules,
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et le staphylocoque, sous diverses formes.
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Certaines souches atteignent tout l’organisme (voies respiratoires, muscles, organes génitaux), les pennes de sang résultant alors d’un mauvais état général.
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D’autres, comme le staphylocoque dermatitis spécifique de la peau, provoquent les fameuses « boules noires » localisées aux follicules, responsables elles aussi de pennes de sang, mais moins graves.
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Dans ces cas, le traitement doit impérativement être prescrit par un vétérinaire.
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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