Pigeon Voyageur et Colombophilie Moderne Experiences Selection Elevage et Oxygene au Colombier
12 novembre 2025 Par admin

Pigeon Voyageur et Colombophilie Moderne : Expériences, Sélection, Élevage et Oxygène au Colombier

Pigeon Voyageur et Colombophilie Moderne Experiences Selection Elevage et Oxygene au Colombier

Le vrai colombophile : un chercheur infatigable

Dans l’univers fascinant de la colombophilie, la plus grande erreur qu’un amateur puisse commettre est de croire qu’il sait tout sur le pigeon voyageur. Même après des décennies de pratique, le véritable passionné découvre encore, jour après jour, de nouvelles choses sur ses pigeons et leur comportement.

Le vrai colombophile n’est pas seulement un éleveur, c’est un chercheur. Il observe, note, compare, corrige et améliore sans relâche. Il lit les travaux des autres, écoute les conseils, mais surtout, il expérimente par lui-même. Cette attitude scientifique et curieuse lui permet d’élever le niveau de ses résultats, d’adapter ses méthodes d’élevage et de mieux comprendre la psychologie et la physiologie de ses oiseaux.

Les plus grands champions le savent : même au sommet, il faut rester humble et curieux. La colombophilie n’est pas une science figée, mais un art vivant, nourri d’essais et d’erreurs. En colombophilie comme dans la vie, l’adage « qui n’avance pas, recule » prend tout son sens. Le monde évolue, les conditions climatiques changent, les races se transforment, et les méthodes d’hier ne suffisent plus pour réussir demain.


Tous les coups ne font pas mouche

Il serait illusoire de croire que toutes les expériences se soldent par un succès. Certaines donnent des résultats spectaculaires, d’autres échouent malgré la rigueur de la préparation. L’essentiel est d’en tirer une leçon utile.

Mon ami Jef Van Riel, célèbre colombophile anversois, en est un parfait exemple. Dans les années trente, il fut l’un des premiers à expérimenter le jeu au veuvage, une pratique encore rare à l’époque. Après une phase d’essais laborieuse, il atteignit un niveau de performance extraordinaire, démontrant qu’en colombophilie, l’innovation paie toujours à long terme.

De mon côté, j’ai également tenté plusieurs expériences avec mes pigeons voyageurs. Certaines furent concluantes, d’autres non, mais toutes m’ont appris quelque chose. Par exemple, après plusieurs années d’accouplements début mars, j’ai voulu essayer une méthode différente : l’élevage hivernal, en accouplant dès le 15 février. Je pensais ainsi gagner du temps pour obtenir des pigeons mieux préparés pour les premiers concours de l’Union d’Anvers.

Le résultat fut contraire à mes attentes : aucun avantage notable, et même un rendement inférieur. Les observations faites à la fin de la saison m’ont clairement indiqué que ma méthode traditionnelle était plus efficace. J’ai donc décidé de revenir à mes habitudes et de reprendre mes accouplements début mars.

Cet échec n’est pas un revers, mais une leçon précieuse. Même les meilleurs tireurs d’élite ne font pas mouche à chaque coup. L’important est de comprendre pourquoi une méthode échoue et ce qu’elle nous apprend.

En revanche, j’ai tiré de cette expérience une conviction solide : les pigeonneaux précoces, issus d’un élevage hivernal, présentent souvent une meilleure endurance et remportent une majorité des prix de tête dans les concours pour jeunes. C’est pourquoi j’entreprends aujourd’hui une nouvelle expérience en collaboration avec un ami qui m’aide à élever ces jeunes. Cette approche m’allège le travail pendant l’hiver tout en me permettant d’obtenir des pigeons précoces, plus forts et mieux préparés pour la saison.

Je conseille donc à tous les amateurs ambitieux d’essayer l’élevage hivernal, surtout ceux qui visent les championnats où les résultats des jeunes comptent autant que ceux des vieux pigeons. C’est une stratégie payante à condition de bien gérer la santé, l’alimentation et la lumière naturelle du colombier.


Les pigeons sud-africains : une expérience unique

La curiosité et la recherche de perfection m’ont conduit à mener une expérience plus audacieuse : l’introduction de pigeons sud-africains dans ma colonie.

Lors d’un voyage en Afrique du Sud, j’ai eu la chance de rencontrer Monty van den Berg, un passionné qui possède des pigeons de la célèbre race Putterie, issue de souches anversoises exportées il y a plusieurs décennies. Ces lignées portent les noms prestigieux de Vermeyen, Hermans, Lambrechts, Ducheyne ou encore Fierens, des familles qui ont marqué l’histoire de la colombophilie belge.

Séduit par leur élégance, leur musculature fine et leurs yeux d’une vivacité exceptionnelle, j’ai ramené quatre jeunes pigeons à Schoten. Ces oiseaux, légèrement plus allongés que mes lignées habituelles, respirent la vitalité et l’intelligence.

L’objectif de cette expérience d’élevage est double :

  1. Observer comment ces pigeons, issus d’un environnement radicalement différent, s’adaptent au climat et aux conditions belges.

  2. Étudier le résultat des croisements entre ces sujets sud-africains et mes propres lignées locales.

Je procède donc à deux accouplements :

  • Les pigeons sud-africains sont croisés avec mes reproducteurs pour renforcer la vigueur hybride.

  • D’autres sont accouplés entre eux afin d’observer la stabilité de leurs qualités sur plusieurs générations.

Il ne s’agit pas de les envoyer en concours tout de suite — un seul échec pourrait compromettre l’expérience. Mon objectif est d’évaluer leur comportement, leur santé, leur endurance et surtout leur capacité d’adaptation. Si les résultats sont positifs, je poursuivrai le projet sur la deuxième et la troisième génération.

La sélection dans un élevage de pigeons voyageurs ne se fait pas en une saison. Elle demande de la patience, de la prudence et une observation constante. Les croisements entre lignées éloignées peuvent révéler des qualités insoupçonnées, mais aussi des incompatibilités qu’il faut savoir reconnaître à temps.


L’importance de l’oxygène au colombier

Un autre élément souvent sous-estimé par les amateurs est la qualité de l’air dans le colombier. Les pigeons, comme tous les athlètes, ont besoin d’un environnement sain, bien ventilé et riche en oxygène.

L’an passé, j’ai décidé d’expérimenter une transformation complète du colombier des jeunes. J’ai supprimé la cloison qui le séparait du grenier pour permettre à la masse d’air de circuler librement. Cette simple modification a nettement amélioré la vitalité et la santé des pigeons, réduisant les problèmes respiratoires et les signes de fatigue après les concours.

Mais je ne me suis pas arrêté là. J’ai ajouté des cloisons amovibles permettant d’ajuster l’espace en fonction du nombre de jeunes. Cela facilite leur apprentissage, réduit le stress et prévient la surpopulation, l’un des pires ennemis de la performance.

Un colombier trop fermé est un piège à microbes, tandis qu’un espace bien ventilé offre un climat stable et sain. L’oxygène est le premier médicament naturel des pigeons : il renforce les muscles, stimule la récupération et soutient les défenses immunitaires.

Il vaut donc mieux un colombier de taille moyenne, bien aéré, qu’un grand espace mal ventilé. Cette recherche d’équilibre entre aération, espace et confort thermique est un point clé de la réussite en colombophilie moderne.

Comme me le confia un vétérinaire : dans les expériences animales, on avance souvent « à l’aveuglette ». De la même façon, le colombophile doit oser essayer, ajuster, observer, et retenir ce qui donne des résultats mesurables. L’expérimentation est le moteur du progrès, et l’humilité en est le carburant.


Conclusion : apprendre, expérimenter, progresser

La colombophilie moderne est une école d’observation et de patience. Chaque expérience, qu’elle concerne la reproduction, la sélection, l’alimentation, le veuvage ou la conception du colombier, apporte sa part de connaissance.

Le pigeon voyageur est un athlète sensible à son environnement. Lui offrir un espace sain, un air pur, une alimentation équilibrée et des soins adaptés, c’est garantir des performances durables et un bien-être optimal.

En cherchant, en expérimentant et en observant, le colombophile d’aujourd’hui perpétue l’esprit des pionniers : passion, curiosité et amour du pigeon.
Et c’est bien là le secret des plus grands champions — ne jamais cesser d’apprendre.


[ Source: Article édité par M. Gust Ducheyne – Revue PIGEON RIT ] 

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