Developpement du Pigeonneau Lait de Jabot Croissance et Thermoregulation pour Former un Pigeon Voyageur Champion
14 novembre 2025 Par admin

Développement du Pigeonneau : Lait de Jabot, Croissance et Thermorégulation pour Former un Pigeon Voyageur Champion

Developpement du Pigeonneau Lait de Jabot Croissance et Thermoregulation pour Former un Pigeon Voyageur Champion

Le pigeon voyageur est un athlète aérien hors norme, mais avant de devenir un champion, il traverse une phase de développement extraordinairement complexe. Comprendre cette phase est essentiel pour garantir la santé, la robustesse et la future performance du pigeon voyageur.

Ce guide complet explore en profondeur la thermorégulation, l’alimentation au lait de jabot, la croissance fulgurante, le métabolisme du pigeonneau, ainsi que les résultats scientifiques du Prof. Dr. Van Grembergen. Une ressource unique pour tout colombophile cherchant l’excellence.


1. Thermorégulation : Le premier défi vital du pigeonneau

Un pigeon voyageur ne naît pas robuste. Le pigeonneau fraîchement éclos n’est qu’une petite créature fragile, recouverte d’un duvet jaune, les yeux clos, incapable de réguler sa propre température. Comme tous les oiseaux nidicoles, il dépend entièrement du nid et de la chaleur fournie par les parents.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un pigeonneau supporte mieux le froid que l’adulte : son organisme n’active pas rapidement les mécanismes de défense contre le froid, ce qui évite l’épuisement. C’est pourquoi un pigeonneau trouvé « froid » peut souvent être réanimé si l’hypothermie n’a pas duré trop longtemps.

La thermorégulation se développe progressivement et suit l’emplumement : une étape clé pour préparer le futur pigeon voyageur à sa vie autonome.


2. Le lait de jabot : L’essence même de la croissance du pigeon voyageur

Le lait de jabot est un miracle biologique. Exclusif aux pigeons et colombidés, il permet au pigeon voyageur d’atteindre une croissance parmi les plus rapides du monde animal.

2.1. Le rôle essentiel de la prolactine

Avec la ponte, une hormone clé, la prolactine, commence à agir. Elle :

  • épaissit les lobes latéraux du jabot,

  • augmente la vascularisation,

  • stimule l’accumulation de graisses dans les cellules internes,

  • déclenche la production de lait.

Le jabot passe de 1,7 g à… 15 g après 24 h d’allaitement !

2.2. Nature du lait de jabot

Contrairement à un mythe persistant, le lait de jabot ne provient pas de glandes.
Il est constitué de cellules du jabot qui se détachent, formant une masse fromagée riche en éléments vitaux :

  • Graisses : 8–9 %

  • Protéines : ± 12 %

  • Minéraux : ± 1,4 %

  • Acides aminés libres

  • 0 % de sucres (point essentiel)

C’est ce lait unique qui permet au jeune pigeon voyageur de développer une musculature, un système immunitaire et une structure corporelle optimale.


3. Combien de temps le pigeonneau reçoit-il du lait de jabot ?

Les études basées sur de larges séries de pigeons voyageurs montrent :

  • 100 % des jeunes reçoivent du lait jusqu’au 12ᵉ jour

  • 83 % au 17ᵉ jour

  • 64 % au 22ᵉ jour

  • 16 % au 25ᵉ jour

Deux pigeonneaux étudiés recevaient encore du lait… à 28 et 35 jours !
Conclusion : il existe des bons et des moins bons producteurs.

➡️ Pour un futur pigeon voyageur performant, le sevrage optimal est 23–25 jours, jamais avant.


4. Passage du lait aux graines : Une transition déterminante

Voici le déroulement précis :

Jours 1 à 3

100 % lait de jabot.
Quelques graines peuvent être trouvées dans le jabot, mais uniquement par accident.

Jour 4

Arrivée des premières graines pré-macérées.
Le jabot du jeune pigeon voyageur commence à traiter des particules solides.

Jours 4 à 12

Mélange variable lait + graines.
Certains jeunes cessent de recevoir du lait au 12ᵉ jour, mais ce n’est pas la norme.

Jour 22 à 25

Basculement quasi total vers les graines.
Le jeune quitte le nid, perd un peu de poids, picore et apprend l’autonomie.


5. Quantités de lait absorbées : l’extraordinaire capacité du pigeonneau

Le pigeonneau absorbe chaque jour des quantités gigantesques par rapport à son poids :

  • 1er jour : 6,75 g

  • 2e jour : 14,4 g

  • 3e jour : 21,3 g

  • 4e jour : 30,6 g

Cela correspond à 50 à 70 % de son poids corporel !

Le jabot, pesant 15 g en pleine production, doit produire deux fois son poids par jour.


6. Croissance du pigeonneau : une vitesse record dans le monde animal

Le pigeon voyageur est l’un des oiseaux à la croissance la plus rapide de la planète.

  • Poids à la naissance : 14 g

  • Jour 1 : 21 g

  • Jour 2 : 34 g

  • Jour 3 : 46 g

  • Jour 4 : 63 g

➡️ Il double son poids en 34 heures.

Cette performance dépasse celle de la plupart des mammifères.

La croissance ralentit ensuite à mesure que le lait est remplacé par les graines.


7. Le vitellus : une réserve secondaire

Contrairement au poulet, le pigeonneau utilise très peu son jaune résiduel.

  • 2 g de jaune encore présents à la naissance.

  • Encore 1 g après 24 h d’alimentation… ou même après 24 h de jeûne.

Le jaune contient très peu d’hydrates de carbone (± 50 mg).
Le pigeonneau n’a donc pas besoin de sucres au début :
➡️ il utilise les graisses pour l’énergie et les protéines pour construire ses tissus.

C’est pour cette raison que donner du pain est inutile et peut déranger la digestion.


8. Élevage artificiel du pigeonneau : un défi presque impossible

De nombreux essais ont échoué.
Même les meilleures mixtures n’ont fonctionné que si le pigeonneau recevait au moins 3 jours de lait de jabot parental.

En 1987, Yang et Vohra sont les premiers à réussir l’élevage complet de pigeons de chair :

  • Naissance : 17 g

  • Jour 7 : 139 g

  • Jour 14 : 474 g

  • Jour 21 : 608 g

  • Jour 28 : 664 g

Un exploit, mais difficilement applicable au pigeon voyageur de concours.


Conclusion : Pourquoi ces données sont essentielles au colombophile moderne

Comprendre la croissance, la thermorégulation et l’alimentation du pigeonneau permet de :

  • sélectionner de meilleurs reproducteurs,

  • évaluer les bons producteurs de lait de jabot,

  • éviter un sevrage trop précoce,

  • mieux préparer un futur pigeon voyageur à la compétition,

  • optimiser la santé digestive et immunitaire dès le nid,

  • comprendre les besoins nutritionnels réels du pigeonneau.

Un pigeon voyageur performant vient toujours d’un développement optimal.


Résumé technique

  • Le lait de jabot représente 50 à 70 % du poids du pigeonneau les premiers jours.

  • Le pigeon voyageur double son poids en 34 h.

  • Le sevrage optimal se situe entre 23 et 25 jours.

  • Le vitellus est peu utilisé : les graisses sont la première source d’énergie.

  • Le pain est inutile et peut être néfaste.

  • Des différences individuelles existent entre producteurs de lait.


[ Source: Article édité par Prof. Dr. G. Van Grembergen – Revue PIGEON RIT ] 

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