Le courrier des lecteurs n°10– pigeon voyageur
28 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°10– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°10– pigeon voyageur

Question :

Jacques Thys, de Walcourt, a déménagé en 1986 et a construit un colombier au-dessus de son garage.

Le pigeonnier est orienté vers l’ouest et divisé en quatre petits compartiments : largeur 2,18 m, longueur 2 m, hauteur de 1,6 à 2 m.
Chacun des quatre colombiers orientés à l’ouest possède 10 casiers, sauf le deuxième, réservé aux pigeonneaux, qui comprend 30 petits casiers de 25 x 30 cm.
Il existe également un cinquième colombier, plus petit (2 m x 1,5 m), comportant 8 casiers et orienté plein sud.

Devant les quatre colombiers tournés vers l’ouest, un spoutnik en plastique a été installé pour protéger de la pluie venant de cette direction.
Notre ami a joué avec une centaine de pigeons et a remporté une quarantaine de prix.

L’état général des pigeons étant assez étrange, un vétérinaire a été consulté et a diagnostiqué un coryza. L’aération a donc été revue : des ouvertures (50 x 50 cm) munies de plaques fines et réglables ont été aménagées sous les spoutniks.
Que faire de plus ?

Réponse :

Je suis persuadé que votre colombier est en cause, et ce pour plusieurs raisons :
— Vous êtes à la limite de la surpopulation (comptez 2 adultes par m³ et 3 pigeonneaux par m³ de colombier).
— Il reste à vérifier si votre aération est réellement suffisante. Je répète une fois encore le test « de la cigarette », dont j’ai souvent parlé dans notre journal : quelle que soit la force ou la direction du vent, la température ou l’humidité (pluie ou non), la fumée doit être immédiatement évacuée par le toit.

Les aménagements que vous avez effectués pour éviter l’inondation du colombier par temps de pluie ne doivent pas se faire au détriment de ce mouvement d’air permanent.
C’est une erreur de « fermer pour qu’ils n’aient pas froid » : un pigeon bien nourri résiste parfaitement à de très basses températures.

À l’approche de la saison sportive, vous devez viser une isothermie convenable, c’est-à-dire une variation de température jour/nuit ne dépassant pas 6 à 7 °C, sans compromettre l’aération.
Traitez ce coryza, effectuez des rappels d’antitrichomonose (tous les deux mois en hiver, puis toutes les 3 à 4 semaines pendant la saison), et après ces ajustements, vous serez tranquille et ferez des prix.
Sinon, les rechutes seront inévitables.


Question :

Christian Desir, de Châtelineau, a eu des pigeonneaux atteints de paramyxovirose (diarrhées et torticolis), car il avait oublié de les vacciner. Il vaccine habituellement ses pigeons avec du Colombovac.
Aujourd’hui, les symptômes ont disparu, mais la maladie a tout de même duré huit semaines.

  1. Les pigeonneaux atteints de diarrhée pourront-ils réaliser de bons résultats comme yearlings ?

  2. Un pigeonneau vacciné avec le vaccin vivant La Sota peut-il propager la maladie aux pigeons non vaccinés ?

Réponse :

— L’expérience montre que les anciens diarrhéiques guéris peuvent être rejoués avec succès.
En revanche, les pigeons ayant présenté des troubles nerveux restent, même après guérison, des sujets vite fatigués, donc diminués pour le vol.
Ils peuvent toutefois rester valables pour l’élevage.

La seule véritable méthode de prévention de la paramyxovirose est la suivante :
Seul un vaccin inactivé protège efficacement et durablement, à condition qu’il soit administré dans une colonie en parfaite santé.
Il faut respecter un délai d’au moins trois semaines sans aucun contact avec le virus de la maladie.

On vaccine :

  • les adultes et les précoces en février-mars,

  • les pigeonneaux au fur et à mesure des sevrages : ils passent se faire vacciner « à la cuisine » avant d’être placés dans le colombier des jeunes.

Tous les vaccins inactivés se conservent plusieurs mois, même en flacons entamés, à condition d’être placés au réfrigérateur.

L’usage du vaccin La Sota doit être réservé aux interventions d’urgence, dès l’apparition du premier cas, afin de protéger uniquement les pigeons non encore contaminés.
Pour ceux déjà infectés (même sans symptômes), il est déjà trop tard, malgré la prémunition rapide (12 à 24 h) procurée par La Sota.

Je ne crois pas au danger de dissémination du virus vivant La Sota. Ce virus, propre à la volaille, meurt en trois semaines maximum dans le pigeon, qui n’est pas son hôte naturel.
C’est d’ailleurs pourquoi la vaccination La Sota est fragile et de courte durée.


Question :

Henri Pruvost, d’Arleux, possédait une colonie de 72 pigeons.
Fin août, quelques-uns ont adopté un comportement étrange : ils restaient au sol, dans un coin, ne volaient plus, puis quelques heures plus tard se couchaient sur le dos et agonisaient.
Tous les 72 pigeons sont morts.

Henri a ensuite nettoyé et désinfecté à fond ses colombiers, au chalumeau et avec un désinfectant puissant.
Un ami colombophile lui a offert cinq couples pour redémarrer. Ces pigeons ont été placés dans une volière au fond du jardin, car Henri n’ose plus les mettre dans ses anciens colombiers.

Il voudrait savoir :

  1. Quelle a pu être la cause de la mort de ses 72 pigeons ?

  2. Peut-il replacer les nouveaux pigeons dans ses anciens colombiers ?

Réponse :

Qu’une colonie de 72 pigeons disparaisse ainsi est exceptionnel ! Deux explications sont possibles :
— S’ils n’étaient pas vaccinés contre la paramyxo, il pourrait s’agir d’un virus paramyxoviral particulièrement virulent (voir la réponse précédente sur cette maladie).
— Vous avez commis une erreur en ne cherchant pas à identifier la cause exacte. Il pourrait s’agir d’une intoxication : certains insecticides (organophosphorés) ou fongicides sont extrêmement toxiques pour les oiseaux, provoquant la mort en quelques minutes ou quelques heures selon la dose absorbée.

Quoi qu’il en soit, après une telle désinfection et avec le temps écoulé, vous ne risquez plus rien à réutiliser vos anciens colombiers.


Question :

Un amateur souhaitant garder l’anonymat sait que le chalumeau est le moyen le plus efficace pour désinfecter un colombier, mais il ne peut pas l’utiliser dans son installation en raison du risque d’incendie.
Il voudrait savoir s’il existe une autre méthode efficace, ou un désinfectant puissant à diluer dans l’eau et à pulvériser.
Il pose également une deuxième question concernant les vitamines :
Que signifient les unités internationales (U.I.) dans lesquelles certaines vitamines, comme les vitamines A et D, sont exprimées dans la formule d’un complexe multivitaminé ?

Réponse :

  1. Désinfection :
    On peut remplacer le chalumeau — certes dangereux (on peut éventuellement mouiller avant) — par un pistolet à air chaud (type décapeur thermique) qui souffle de l’air à 300–500 °C.
    Les ammoniums quaternaires sont également efficaces : ils se pulvérisent facilement, sont tensio-actifs donc pénétrants, inodores et non caustiques.
    Cependant, ils n’ont aucune action sur les œufs de vers ni sur les oocystes de coccidies.

  2. Vitamines :

  • Vitamine A : 1 g = 1 000 000 U.I.

  • Vitamine D : 1 mg = 40 000 U.I.
    Les autres vitamines sont généralement exprimées en microgrammes (µg) ou en millièmes de milligramme, notamment pour la vitamine B12.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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