Le courrier des lecteurs n°19– pigeon voyageur

Question :
Un amateur qui désire garder l’anonymat dit posséder trois pigeonniers de jardin, bien aérés et peu peuplés ; par exemple : 19 sujets sur 4 m x 2,10 m. Malgré cela, ses pigeons présentent toujours une chair bleue et sont couverts de pellicules. Deux vétérinaires consultés ont diagnostiqué : ni coccidiose, ni trichomonose, ni vers, mais probablement un problème d’alimentation. Comment remédier à cette situation ?
Réponse :
À mon tour de vous poser une question : puisque vous êtes lecteur de Pigeon Rit, avez-vous réellement testé l’aération de vos colombiers ?
Tous mes interlocuteurs affirment d’emblée : « Mes colombiers sont bien aérés. » Mais il ne s’agit souvent que d’une conviction fondée sur l’habitude, et non sur une véritable vérification.
Je possède moi-même deux colombiers doubles, en bois isolé, avec plafond partiellement réglable, cheminées d’aération dans le toit, ouvertures sous la trappe et au ras du toit en façade, trappe ouverte. Il y a 7 ou 8 ans, j’ai pourtant connu plusieurs cas d’affections respiratoires aiguës chez des pigeonneaux d’environ deux mois, suivies de décès dans les 48 heures, malgré tous les soins prodigués.
Un jour, excédé, j’ai percé dans la porte une trentaine de trous de 2,5 cm de diamètre et remplacé les tôles de faîtage par un lanterneau laissant un espace vide de 10 cm entre les tôles et leurs bords, de chaque côté.
Depuis cette modification, je n’ai plus jamais eu d’affections pulmonaires, y compris le coryza, ni de pigeons à la chair bleue.
Essayez donc d’abord cela :
« Quelle que soit la température, la pression atmosphérique, la direction ou la force du vent, ou la pluviosité, une fumée (de cigarette, par exemple) doit être immédiatement évacuée par le toit. »
Deux mois après les changements nécessaires, tenez-nous au courant de l’évolution.
M. André Serin de Grand-Halleux raconte qu’après avoir “cassé la baraque” pendant de longues années, il ne remporte plus que des prix moyens ou de fin de classement. Les volées sont devenues “basses”. Les piqûres anti-coryza n’ont amélioré la situation que durant une quinzaine de jours. Il précise : « J’ai pincé les narines, mais cela n’a provoqué aucun éternuement. Que faire ? »
Réponse :
Première question : avez-vous apporté des modifications à votre colombier depuis vos belles saisons ? Ce que l’on croit être une amélioration est souvent « pire que mieux ». J’en veux pour preuve tout changement touchant à l’aération, qui devait être bonne puisque vos résultats étaient excellents.
Deuxième aspect : la trichomonose. Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, elle est presque toujours associée au coryza et doit être éliminée (par l’eau de boisson) en même temps que l’on administre les piqûres anti-coryza.
Ne croyez pas qu’un ou deux traitements par an suffisent : il faut traiter, selon la température, deux jours consécutifs toutes les 2 à 4 semaines. On remarque d’ailleurs que les volées diminuent souvent dès que le parasitisme réapparaît.
Troisième aspect : le traitement antimicrobien. Dans votre cas, il est indispensable de faire isoler les germes présents dans les fosses nasales et de vérifier la présence éventuelle de mycoplasmose ou d’ornithose (ou des deux).
Après un antibiogramme, vous pourrez appliquer un traitement ciblé, dont les résultats seront rapides et durables.
M. J.-Y. Robert de Carrières indique que deux ou trois de ses femelles n’ont pas pondu lors des accouplements d’hiver, que les autres pontes ont été irrégulières, et il demande s’il vaut mieux engager des femelles ou des mâles dans les concours de plus de 500 km. Il ajoute que ses tardifs de l’année précédente se sont mal comportés lors des premiers entraînements, avec de nombreuses pertes, et souhaite en connaître la cause. Il s’interroge enfin sur le vaccin contre la paramyxovirose et le moment idéal pour l’administrer.
Réponse :
Le froid hivernal a bloqué la ponte de nombreuses femelles, mais la situation a dû s’améliorer depuis février.
Si la croissance de vos jeunes laisse à désirer, il est essentiel de faire examiner vos pigeons avant le début de la saison sportive.
En général, on engage plutôt les femelles sur les distances supérieures à 500 km, car elles volent bien sur le nid, avec un jeune de 8 à 10 jours. Vous pouvez aussi engager de jeunes mâles, mais un coup dur atmosphérique peut compromettre leur avenir.
L’entraînement des tardifs est toujours délicat : évitez de les accoupler pour la première fois avant de les entraîner, et méfiez-vous des vents trop favorables qui désorientent. Il y a toujours quelques étourdis dans chaque bande !
Côté distances, un pigeonneau peut voler environ 2 000 km par saison, un yearling 2 500 km.
Concernant la vaccination contre la paramyxovirose :
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La Sota (instillation dans les yeux et narines) protège 1 à 3 mois ;
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Les vaccins huileux injectables : 5 à 9 mois ;
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Les vaccins aqueux injectables : environ 1 an.
Revaccinez idéalement courant mars, une dizaine de jours avant la reprise des concours, de préférence un lundi.
Claude Fécamp de Leernes écrit :
« Confronté à un problème de fientes liquides, j’ai consulté plusieurs vétérinaires. Chaque fois, un traitement contre la trichomonose m’a été prescrit. Pourtant, mes pigeons rejettent toujours des fientes très liquides, avec parfois un ou deux petits vermicelles. Mes pigeons ont été vaccinés contre la paramyxovirose il y a huit mois. Je nettoie mes colombiers deux fois par jour et brûle au chalumeau, sans résultat. Pouvez-vous m’aider ? »
Réponse :
Il est fréquent que la trichomonose s’accompagne d’autres microbismes provoquant des inflammations, notamment du jabot. Cela engendre une soif excessive : les pigeons boivent trop, et l’eau est rejetée en abondance, d’où ces flaques liquides avec parfois un ou deux “vermicelles”.
On peut aussi suspecter :
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une mycoplasmose (sensible à la spiramycine, la tylosine ou la terramycine),
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ou une candidose (sensible à la nystatine).
Il est inutile de prolonger les traitements au-delà de 8 jours si aucune amélioration n’apparaît, sauf avis contraire, car la plupart des produits efficaces agissent rapidement.
Dr J.-P. Stosskopf
Notices :
« Mieux vaut prévenir que guérir », dit le proverbe, et cela s’applique tout autant à l’aération des colombiers pendant la saison sportive.
Combien de colonies voient leur forme chuter simplement parce que l’aération n’a pas été adaptée à une période de grande chaleur !
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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