Le courrier des lecteurs n°12– pigeon voyageur
Question :
Jacques Pennetier de Roux voudrait savoir combien de temps on peut conserver des œufs de pigeons avant de les mettre à couver, et quelle est la manière la plus sûre pour les conserver le plus longtemps possible ?
Réponse :
Reportez-vous à la nature : que font les passereaux qui pondent de six à dix-huit œufs selon les espèces (la mésange, par exemple, en pond jusqu’à dix-huit !) ? La femelle ne pond évidemment pas tous ses œufs le même jour. Ceux-ci sont laissés dans le nid, simplement protégés entre chaque ponte par quelques plumes, jusqu’au début du couvage.
La seule chose que craignent les œufs, c’est la déshydratation. Pour les conserver, il suffit donc de les placer dans un coin du colombier, enveloppés dans du coton hydrophile légèrement humecté tous les deux à trois jours.
Bien entendu, il s’agit d’œufs enlevés du nid dès la ponte (l’ovule en est alors à ses tout premiers stades de division cellulaire), et non d’œufs déjà couvés depuis plusieurs jours.
On peut ainsi les garder jusqu’à une quinzaine de jours maximum. Réfrigérateur et autres moyens artificiels sont totalement déconseillés.
Question :
Paul Simonet de Walhain a remarqué que ses pigeons mangent le blanc qu’il met sur le plancher après le nettoyage, et cela malgré la présence de grit et de Vitamineral. Il voudrait savoir ce qui leur manque.
Une deuxième question de notre ami : « Peut-on utiliser, à l’intérieur d’un pigeonnier neuf, du Xyladécor pour protéger le bois de la vermine avant de l’isoler ? »
Réponse :
Le « blanc », c’est du blanc d’Espagne, c’est-à-dire un carbonate de chaux très pur, comparable à celui des coquilles d’huîtres ou du Vitamineral. Le carbonate de chaux, associé à plus ou moins de phosphate de chaux, constitue la principale source de calcium.
Dans le blanc, il y a souvent un parfum et parfois un désinfectant (chlorure de chaux, quinoléine). C’est probablement cela qui attire les pigeons. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune crainte à avoir : aucun de ces composants n’est toxique.
Évitez toutefois les produits à forte odeur (le Xyladécor, par exemple, est à base de distillats de bois de conifères). Il existe aujourd’hui des produits de protection inodores ou à odeur très légère : préférez ceux-là.
Question :
Un lecteur de Hacquegnies a eu en 1989 des problèmes avec la mue de ses jeunes nés au printemps. Ils n’avaient toujours pas terminé leur mue au début du mois de décembre. Certains avaient encore une ou deux plumes à muer, et quelques-uns même trois ou quatre.
Ces jeunes n’avaient pourtant pas beaucoup voyagé, ils avaient seulement été entraînés. Cette année, les mêmes pigeons, âgés d’un an, ont mué normalement. Les analyses d’excréments effectuées à la clinique aviaire de Cureghem en novembre 1989 furent négatives. Quelle a pu être la cause de cette anomalie ?
Réponse :
Je suis persuadé qu’il existait une maladie chronique à la base de cette anomalie. À un an, les pigeons l’ont surmontée. Vous êtes probablement confronté à un microbisme d’élevage, qu’il faut identifier pour en venir à bout.
C’est une affaire pour un laboratoire compétent, car il s’agit souvent de situations subtiles, nécessitant parfois plusieurs analyses bactériologiques avant de trouver la cause exacte. Ces affections passagères et peu nettes sont souvent les plus difficiles à cerner. Une fois l’origine déterminée, le traitement est généralement simple à appliquer.
Question :
Frédéric Soufflet, très jeune colombophile âgé de 14 ans, souhaiterait quelques conseils concernant la manière de nourrir ses pigeons.
Réponse :
Les fabricants de mélanges pour pigeons proposent aujourd’hui des compositions bien équilibrées qui donnent entière satisfaction. Il ne sert à rien de les modifier ou de les compléter inutilement. En revanche, la distribution de la nourriture doit être faite très sérieusement.
Quelques règles de base :
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Les pigeons doivent manger en votre présence : c’est essentiel pour renforcer la familiarité.
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Si vous nourrissez au plancher, adaptez la quantité au nombre de pigeons, en comptant 15 g le matin et 20 g le soir par sujet. Pesez au moins une fois la ration pour visualiser le volume correspondant, car le poids spécifique varie selon la composition du mélange (les légumineuses étant plus denses).
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Pendant l’élevage, lorsque les jeunes ont atteint 7 jours, ajoutez une cuillère à soupe rase de mélange “élevage” par jeune et par plateau.
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Lors de la distribution, qui doit toujours se faire poignée par poignée, arrêtez dès qu’un pigeon va boire : c’est le signe qu’ils ont reçu la bonne quantité. Cela permet de garder la colonie « sur une pointe de faim », ce qui renforce aussi la familiarité.
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Si vous nourrissez uniquement à la case, notez qu’une cuillère à soupe rase de mélange “sport” correspond à environ 15 g, tassée à 20 g.
Question :
Léon Guestin de Buzet possède un colombier d’élevage avec des pigeons qui ne volent jamais. Il les garde enfermés par crainte d’empoisonnement dans les champs. Leur nourriture reste la même toute l’année et ils ont toujours du grit, du Vitamineral et de la pierre à picorer à disposition.
Chaque hiver, pendant les tournées d’élevage de décembre et janvier, il constate que beaucoup de coquilles d’œufs sont fragiles et se cassent sans bagarres dans les casiers. Ce problème disparaît au printemps. Les éleveurs sont au repos de fin juillet à début décembre. Quelle en est la cause ?
Réponse :
Je pense que vos pigeons restent trop longtemps au repos. L’organisme doit être maintenu « en état de marche ». Souvent, on accouple en hiver des pigeons obèses et peu actifs.
Hormis une maladie microbienne de l’appareil génital (salpingite) perturbant la glande coquillère — ce qui ne semble pas être votre cas —, la formation de la coquille dépend des réserves calciques de la femelle, elles-mêmes liées à la richesse de la ration en calcium, en vitamine D₃ et au bon fonctionnement de la glande parathyroïde.
Je vous conseille la méthode dite du “Flushing” :
Dix jours avant la réunion des sexes, donnez chaque jour à chaque pigeon :
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20 g de légumineuses
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5 g de graines oléagineuses
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du grit et de la verdure à volonté
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de l’eau de boisson additionnée d’un complexe polyvitaminé avec oligo-éléments (type Naturavit Plus).
Pendant cette période, maintenez les volées deux fois par jour : ils doivent perdre un peu de poids.
Ensuite, jusqu’à la ponte, donnez des vitamines deux fois par semaine et ajoutez 0,5 g de bicarbonate de soude par litre d’eau les jours où vous ne donnez pas de vitamines.
Dr Vét. J.-P. Stosskopf
Notice :
Conserver des œufs fraîchement pondus pendant une dizaine de jours avant de les mettre à couver est très simple : il suffit de les placer dans un coin du colombier, enveloppés dans du coton hydrophile légèrement humecté tous les deux ou trois jours.
[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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